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À quand une route de contournement?

Par lpbw

SAINTE-SOPHIE. Dans le dossier de la route de contournement, le président de BauVal, Luc Lachapelle, s’inquiète: «Le projet de lien du chemin McGuire et de la rue Kirk est sur la table depuis 40 ans. On avait une super belle occasion d’acquérir une emprise à un prix intéressant avec le passage de la ligne d’Hydro-Québec et la municipalité de Sainte-Sophie aurait demandé à Hydro de passer la nouvelle ligne ailleurs. Qu’en est-il? Si c’est le cas, ça laisserait seulement la possibilité d’optimiser le réseau routier actuel».

«Les résidents n’en peuvent plus, nous devons agir. Plus de 1 000 camions passent en 24 heures sur un chemin qui autrefois pouvait avoir des six roues au maximum. Après des dix roues, nous avons maintenant des douze roues et des semi-remorques surchargées qui y circulent et brisent nos chemins. Les redevances ne couvrent même pas les réparations nécessaires», déplore de son côté Louise Gallant, la mairesse de Sainte-Sophie.

300 camions en moyenne, pas plus

Mais quelle est la part de BauVal dans le fait de régler le problème du passage des camions de la carrière? «On est un secteur très compétitif. On ne peut pas se sortir du marché. La carrière opère depuis 61 ans. Ils se payent des taxes de vente, des taxes de carburant, on verse des redevances, 56 sous chaque tonne, qui vont dans le réseau routier municipal depuis 6 ans. La MRC reçoit un chèque entre 400 et 500 mille dollars par année pour l’entretien du réseau. Avec toutes ces taxes-là, on se dit qu’on fait notre part depuis 50 ans.»

2015 a été une année record avec 300 camions par jour en moyenne, en haute saison. L’année 2016 risque de doubler, car la carrière a obtenu plusieurs gros contrats. Il était notamment question du Pont Champlain. «Ce n’est pas vrai que l’on fournit des matériaux au Pont Champlain (c’est marginal on n’a pas de contrat de quantité), mais on fournit beaucoup de matériaux sur plein de marchés à cause de la grande qualité de la pierre. On livre 50 % des matériaux au site de l’autoroute 640.»

«En ce qui concerne le nombre de passages de camions, la moyenne est de 300 camions. Pour atteindre 600 camions, il faudrait doubler le volume de la carrière et ce n’est pas dans l’air du temps. Il n’y aura pas d’augmentation semblable.» M. Lachapelle a été directeur chez Sables LG à Saint-Hippolyte. Personnellement, il suit ce dossier depuis 30 ans.

Qu’en est-il du tracé d’Hydro-Québec?

Interrogé sur le nouveau tracé d’une ligne d’Hydro-Québec, Matthieu Ledoux, directeur général, et Alexandre Larouche, directeur du Service d’urbanisme de Sainte-Sophie, présents lors d’une rencontre avec la société d’État il y a un mois, nous expliquent que Sainte-Sophie n’a jamais refusé ce projet. «Hydro-Québec nous a offert deux options. On a recommandé un scénario avec une demande de modifications. On a privilégié le tracé avec le moins d’impacts pour nos développements résidentiels, pour les besoins de notre population, pour éviter la pollution visuelle. L’un des tracés passait en plein cœur d’un quartier résidentiel.»

M. Larouche rappelle que «c’était une volonté de l’ancien conseil municipal de profiter d’un tracé d’Hydro pour sauver des frais. «Une ligne électrique qui longe une route, ce n’est pas beau, et, en plus, ça scindait un projet de développement en deux. On a demandé à Hydro-Québec si la municipalité allait sauver des coûts et ils nous ont répondu que ça ne serait pratiquement rien.»

«C’est un projet de 10 à 12 millions de $ et la coupe de bois, qui pourrait peut-être sauver quelques milliers de dollars, ce n’était pas significatif pour prendre en considération cet impact-là», ajoute Matthieu Ledoux qui spécifie que la route de contournement fait partie de tous les projets qui seront mis en place sur ces terrains-là.

Ce que l’on comprend, en parlant à Pierre Vanier, l’attaché politique de Nicolas Marceau (les rencontres entre tous les intervenants ont été initiées par M. Marceau) est qu’il s’agit d’un raccordement qui se fera à partir du nouveau poste qui va être construit à Saint-Hippolyte, juste au nord de la carrière, avec la ligne existante qui descend vers la rue Kirk.

Jean-François Gagné, le porte-parole d’Hydro-Québec dans les Laurentides nous explique que pour assurer l’alimentation en électricité des municipalités de Saint-Hippolyte, de Sainte-Sophie et de Saint-Calixte, la société d’État projette de construire un nouveau poste à 120-25 kV, le poste de l’Achigan, dans la municipalité de Saint-Hippolyte. Sa ligne d’alimentation d’environ 8 km se raccordera au réseau existant, à Sainte-Sophie. Deux tracés de ligne à 120 kV ont été développés en collaboration avec les municipalités de Sainte-Sophie et Saint-Hippolyte. Par ailleurs, des consultations publiques auront lieu vers la mi-mai où les tracés seront présentés aux résidents de la zone d’étude.

«Hydro-Québec est sensible au projet de route de contournement et pourra fournir les études réalisées dans la zone où la voie de contournement est prévue», ajoute-t-il.

Pour la sécurité et la qualité de vie

Louise Gallant, la mairesse de Sainte-Sophie, souligne «qu’à la suite du nombre grandissant de camions circulant sur le chemin de l’Achigan Ouest, le chemin Abercrombie et le chemin McGuire, un comité de citoyens a été créé au mois octobre dernier afin de trouver, de façon constructive, des solutions ou alternatives à cette problématique qui dure depuis déjà plus de 25 ans!»

Une manifestation a ailleurs été organisée par le comité F.R.A.I.N. (Front d’action pour un itinéraire négocié) le mercredi 4 mai. Ce regroupement souhaite sensibiliser et faire pression au niveau de la carrière des Sables LG/BauVal, des municipalités concernées et des organismes gouvernementaux pour amorcer des négociations.

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