(Photo: Norcycles)
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Ils traversent l’Amérique à vélo

Par Marie-Catherine Goudreau

 Je joins Katherine Simoneau et Félix St-Denis par Facetime, alors qu’ils viennent tout juste d’arriver à Whitehorse, au Yukon. C’est une des rares journées depuis leur départ le 13 juin dernier où ils ont accès au wifi. Il y a un mois, le couple est parti de Prudhoe Bay, en Alaska, la ville la plus au nord de l’Amérique. Leur objectif : se rendre au point le plus au sud du continent, en Argentine, à vélo. 

Les préparations

C’est un voyage que le jeune couple planifie plus sérieusement depuis deux ans. « On a commencé à monter nos vélos il y a un an. Ç’a été super long comme il manquait de pièces partout à cause de la COVID », explique Katherine, originaire de Prévost. Chaque item qu’ils transportent est essentiel à leur voyage et doit être utilisé. 

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« J’avais déjà voyagé à vélo avant l’université. J’avais fait Banff, en Alberta, jusqu’à Puerto Vallarta, au Mexique. C’est un voyage d’environ 6 000 km. Après ce voyage, je savais que je voulais faire les Amériques au complet après l’université. En rencontrant Katherine, on a réalisé qu’on avait ce rêve en commun », explique Félix, qui vient de Val-d’Or. Du côté de Katherine, elle n’avait jamais fait de long voyage à vélo comme son copain. 

Voyager lentement 

Voyager à vélo, c’est aussi voyager lentement et prendre le temps d’admirer les paysages, affirme le couple. « Pour une heure de voiture, c’est une journée de vélo pour nous. On n’avance pas vite ! », soutient Katherine. « Tu as vraiment le temps d’admirer toute la beauté autour de toi. Tu croises des animaux. Puis c’est un moyen facile de rencontrer des gens. »

Un des avantages de voyager à vélo, selon le couple, c’est le coût. « Ça ne coûte presque rien. Notre essence, c’est notre nourriture ! », explique Katherine. Ils transportent tout leur matériel de camping, et dorment à proximité de la route. 

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« Quand tu voyages à vélo, tu deviens accessible pour les gens. Ils ont même un peu pitié de toi et viennent te parler. On nous demande pourquoi on fait ça, si on a besoin d’aide », soutient Félix. 

D’ailleurs, le couple suit le principe du « bikepacking ». Contrairement au cyclotourisme, où les gens suivent les routes principales, le bikepacking vise à emprunter des routes secondaires, dans des sentiers de quatre roues ou de vélo de montagne, par exemple. « On n’a pas vraiment fait ça depuis le début, parce qu’il n’y a pas beaucoup d’options de routes. Mais pour le reste du voyage, on va essayer de suivre davantage des routes secondaires, en gravel, avec moins de trafic », explique Félix.  

L’itinéraire, au fil des rencontres et des saisons

Au cours du dernier mois, ils ont traversé l’Alaska pour se rendre jusqu’au Yukon. Les feux de forêt ont toutefois eu un impact sur leur itinéraire. Ils ont dû se rendre à Whitehorse plus rapidement que prévu. Durant l’été, ils vont descendre en Colombie-Britannique jusqu’à l’île de Vancouver. Ils souhaitent arriver en Californie avant que l’hiver ne commence au nord des États-Unis. « C’est un peu une course contre les saisons », dit Katherine. 

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L’itinéraire est en construction toutes les semaines, expliquent les deux comparses. Toutefois, dans les dernières semaines, ils ont dû planifier davantage, comme les villes sont très éloignées de la route. « On va faire l’épicerie cet après-midi, et on doit avoir pour 8 jours de nourriture, avant le prochain endroit où on pourra en acheter d’autres », souligne Katherine. Ils peuvent également se poster de la nourriture lorsqu’ils arrivent à une destination.  

C’est surtout à travers les rencontres avec les autres cyclistes qu’ils choisissent quelles routes ils souhaitent emprunter et quels endroits ils veulent visiter. « On suit beaucoup de personnes qui font le trajet des Amériques sur les réseaux sociaux », rapporte Katherine. 

Le couple prévoit trois ans pour leur voyage. L’itinéraire le plus rapide, en restant sur les routes principales, prend normalement un an et demi. 

« Mais on veut avoir le temps de faire tous les détours qu’on veut, arrêter dans les villes qui sont plus intéressantes et où l’on souhaite rester plus longtemps. C’est vraiment au jour le jour, au fil des recommandations aussi », explique Félix. 

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Une montagne russe à tous les jours

Quels sont les plus grands défis jusqu’à maintenant ? « On a extrêmement mal aux fesses ! », rit Katherine. « On a de nouvelles selles depuis le début du voyage, alors on est en train de voir si c’est le bon match », ajoute Félix. 

Mentalement, le couple affirme que tout se passe bien jusqu’à maintenant. Les moments les plus difficiles sont surtout dans les plaines, lorsque le dénivelé est plat. Dans ces moments, Katherine et Félix sont heureux d’avoir apporté un speaker pour écouter de la musique ou des podcasts. 

« Je ne pensais jamais dire ça avant, mais je préfère quand il y a des côtes ! Même si c’est plus dur physiquement, les côtes deviennent des petits objectifs, alors ça coupe la journée », explique la résidente de Prévost. 

« Parfois, ça va bien pendant une heure, puis tu dois faire une côte de 15 km, tu as mal aux fesses et il y a des moustiques… Là, je me demande pourquoi je suis là ! Mais quand tu redescends, tu comprends », raconte Katherine.

Pour suivre leurs aventures:

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