Les pharmacies des Laurentides en pénurie de main-d’œuvre
L’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) et ses partenaires soulignent l’importante pénurie de main-d’œuvre technique dans les pharmacies communautaires, les hôpitaux et les CHSLD des Laurentides.
En pharmacie communautaire, il y aurait environ 77 postes d’assistants techniques en pharmacie (ATP) et de techniciens en pharmacie (TP) qui seraient vacants. À ces chiffres s’ajoutent les besoins – non répertoriés, mais néanmoins importants – des techniciens dans les départements de pharmacie des établissements de santé.
Selon l’OPQ, les perspectives de carrière dans ces métiers sont considérables. En moyenne, on retrouve neuf postes techniques par pharmacie communautaire. Les établissements publics de santé, pour leur part, emploient plus de 2000 assistants techniques et en embauchent en moyenne 300 annuellement. À ceci s’ajoute la demande grandissante de techniciens.
« Une carrière en pharmacie, c’est l’occasion de travailler près des gens, d’avoir un effet réel sur leur santé et d’exercer un métier stimulant dans un milieu en constante évolution. Nous voulons que la relève voie le potentiel immense qui s’offre à eux : des emplois partout au Québec, un domaine innovant et un avenir professionnel prometteur », souligne Jean-François Desgagné, président de l’OPQ.
Du côté du CISSS des Laurentides
Juliette Lacasse, conseillère en communication pour le CISSS des Laurentides insiste sur l’importance des départements de pharmacie dans les installations régies par le CISSS. Elle souligne qu’il s’agit de piliers essentiels du système de soins, quel que soit le milieu. Que ce soit pour l’approvisionnement en médicaments, le remplissage des chariots de distribution, la préparation des traitements de chimiothérapie ou encore la saisie des ordonnances médicales, les équipes de pharmacies sont indispensables.
Elle poursuit sur les répercussions de cette pénurie de main-d’œuvre « Conséquemment, la pénurie de personnel technique en pharmacie, rassemblant les assistants techniques en pharmacie et les techniciens en pharmacie, est un enjeu qui affecte directement l’organisation des services pharmaceutiques et qui touche l’ensemble du territoire du CISSS des Laurentides, autant en milieu hospitalier qu’en CHSLD. »
Elle avance une hypothèse en affirmant que cette situation pourrait notamment s’expliquer par une baisse marquée des inscriptions dans les programmes de formation en assistance technique en pharmacie et, par conséquent, de diplômés qui arrivent chaque année sur le marché du travail.
Elle poursuit en élaborant à propos des techniciens. « Du côté des techniciens en pharmacie, ce titre d’emploi est relativement nouveau et nécessite l’obtention d’un diplôme d’études collégiales. Dans les Laurentides, aucun cégep n’offre ce programme en présentiel. De ce fait, malgré la disponibilité de plusieurs postes dans notre région, l’absence de formation locale ne favorise pas le recrutement de candidats. La pénurie au CISSS des Laurentides pour ces titres d’emploi est également accentuée par les employés qui choisissent de quitter le réseau public pour aller travailler en pharmacie communautaire. »
Elle affirme que pour le CISSS des Laurentides, cette pénurie a des répercussions concrètes et quotidiennes. Et qu’afin de maintenir des services de qualité à la population, les équipes en place doivent continuellement s’ajuster et optimiser leurs façons de faire. Une combinaison de facteurs qui exerce une pression constante sur les équipes en place.
« Afin de pallier cette rareté de travailleurs, plusieurs initiatives ont été mises en place. Une collaboration étroite a notamment été établie avec les établissements scolaires afin d’accueillir des stagiaires, dans l’objectif de les recruter une fois leur diplôme obtenu. Uniquement pour la période du 1ᵉʳ avril 2025 au 31 mars 2026, ce sont 18 stages qui sont confirmés dans les programmes d’assistance technique en pharmacie (ATP) et de techniques en pharmacie (TP). »
Elle rappelle que sans ce personnel spécialisé, les établissements de santé ne seraient pas en mesure d’offrir des soins sécuritaires et efficaces à la population.