Emile et Noah, deux étudiants qui travaillent en plus de leurs études. (Photo gracieuseté)

Étudier et travailler : deux mondes à concilier

Par Julien Tilmant

De plus en plus d’étudiants québécois doivent jongler entre leurs cours et un emploi rémunéré. Que ce soit par choix ou par obligation, la réalité de la conciliation travail-études, parfois difficile, est de plus en plus courante pendant et après le secondaire. Rencontre avec deux étudiants qui ont fait le choix de gagner leur vie tout en apprenant leur futur métier. 

Selon Statistique Canada, 47 % des 15 à 19 ans, 63 % des 20 à 24 ans et 71 % des 25 à 29 ans combinaient ces deux modes de vie en 2023-2024. Autres données intéressantes : au collégial, 6 étudiants sur 10 de 15 à 19 ans sont déjà actifs sur le marché du travail et 7 étudiants sur 10 pour les 20-24 ans. Concernant les 25-29 ans, ce chiffre stagne à 69 % au collégial, mais atteint les 75 % au niveau universitaire.

Nécessité ou envie?

Mais si pour beaucoup d’étudiants, travailler est une nécessité permettant de répondre au coût de la vie et aux frais exigés par les études, pour certains c’est aussi une question d’équilibre. C’est le cas de Noah, 18 ans, étudiant en sciences de la nature au Centre collégial de Mont-Tremblant (Cégep de Saint-Jérôme), qui consacre tous ses samedis à un emploi dans une boutique de Saint-Sauveur.

« Travailler chez PRFO me permet de côtoyer le sport et le plein air. Ça me libère des études qui sont parfois assez robotiques. Cela me permet aussi de payer mon essence pour aller au cégep, car j’habite à 40 km de l’établissement », explique-t-il. À ses yeux, le travail n’est pas une contrainte, mais un prolongement de ses passions. « Bien sûr, je sais que tous les étudiants ne sont pas dans mon cas et que beaucoup n’ont pas le choix », ajoute, avec lucidité, le jeune homme.

D’autres, comme Émile, 19 ans, étudiant en éducation spécialisée et très engagé dans la vie de son cégep (comité diversité entre autres), y voient avant tout un moyen de financer leurs études. Depuis trois ans, il occupe un poste de réceptionniste dans un hôtel de Mont-Laurier. « C’est aussi pour me créer une expérience », souligne-t-il.

Une organisation millimétrée

Si les motivations des deux étudiants ne sont pas forcément similaires, tous deux s’entendent sur un point : sans organisation, la conciliation travail-études devient vite difficile.

Noah doit en effet naviguer entre ses cours et son emploi, mais aussi avec dix heures d’entraînement hebdomadaire en triathlon. « Après une grosse journée de cours, aller s’entraîner, ça vide la tête », dit-il, conscient des sacrifices que cela implique parfois sur sa vie sociale.

Émile, de son côté, mise sur un agenda strict et s’accorde désormais une journée de repos par semaine pour éviter l’épuisement. « Lorsque tu as un agenda, tu écris toutes tes dates, tes rendez-vous, tes heures de travail… l’organisation est vraiment importante », insiste-t-il.

Les données confirment qu’une organisation bien ficelée est cruciale, car un travail trop important peut aussi nuire à l’obtention d’un diplôme. En effet, selon le Réseau québécois pour la réussite éducative, au-delà d’un certain seuil, les effets néfastes du travail surpasseraient les avantages. « Les études établissent qu’au-delà de 15 h par semaine, les risques augmentent et qu’après 20 h, le travail est généralement nuisible ». Cela concerne par exemple l’anxiété, la détresse psychologique, la fatigue et les comportements à risque.

Le sens du sacrifice

Si le travail aide à financer des études ou à faciliter le quotidien, il implique aussi des choix qui peuvent être difficiles. Noah, par exemple, admet que ce rythme l’oblige souvent à décliner des sorties avec ses amis. « Parfois, quand mes amis sortent le samedi soir, je préfère aller me coucher tôt pour m’entraîner le lendemain matin. Ce n’est pas toujours facile, mais je sais pourquoi je le fais », confie-t-il.

Émile, de son côté, reste optimiste. Si son travail l’occupe forcément la fin de semaine, l’étudiant garde le sourire. Sa solution : rester impliqué dans la vie du cégep pour conserver une vie sociale. « Donner ton temps au cégep, ça te permet de rencontrer des gens », explique-t-il enfin à l’occasion d’un rare moment de répit entre deux cours.

_______________________

Travail des mineurs : de nouvelles règles depuis 2023

Adoptée le 1er juin 2023, la Loi sur l’encadrement du travail des enfants encadre plus strictement l’emploi des mineurs. Voici ce qu’il faut savoir :

Âge minimal :  il est interdit d’employer des jeunes de moins de 14 ans, sauf exceptions (gardiennage, tutorat, livraison de journaux, entreprise familiale, organisme sportif ou communautaire). Dans ces cas, un formulaire écrit des parents est obligatoire.

Limite horaire : les élèves de moins de 16 ans ne peuvent pas dépasser 17 heures par semaine, dont 10 heures du lundi au vendredi. Cela ne s’applique pas en dehors des périodes scolaires, comme les vacances estivales ou les semaines de relâche.

Pour rappel, au Québec, l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans et les enfants ne peuvent pas travailler pendant les heures de classe. Enfin, les jeunes de moins de 16 ans doivent être à leur domicile entre 23 h et 6 h, ils ne peuvent donc pas travailler ni se déplacer pour le travail pendant ces heures.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *