Ugo Monticone franchit le cap des 100 000 spectateurs en Europe
L’artiste pluridisciplinaire québécois Ugo Monticone amorcera, en février et mars 2026, une vaste tournée de ciné-conférences en France et en Suisse. Ce retour sur les scènes européennes coïncide avec une étape marquante de sa carrière, alors qu’il atteindra le cap symbolique des 100 000 spectateurs en salle.
Une tournée européenne chargée de sens

Pour Monticone, cette tournée dépasse largement la simple diffusion de ses œuvres. « Revenir en Europe a toujours quelque chose de très fort pour moi, parce que ce sont des publics curieux, attentifs, qui prennent le temps de voyager autrement », confie-t-il. L’atteinte des 100 000 spectateurs en carrière ajoute une dimension symbolique à cette aventure. « Ce chiffre représente surtout des rencontres. Derrière chaque spectateur, il y a un échange, un regard, une émotion partagée. »
Deux films, deux territoires, un même regard
La tournée s’articule autour de deux ciné-conférences aux univers contrastés. La première, Bali, l’île des dieux, co-réalisée avec le cinéaste Richard-Olivier Jeanson, plonge le public au cœur de la culture balinaise, où l’art, la spiritualité et le quotidien s’entrelacent. Le film propose une immersion sensible dans une société où la création est omniprésente, des temples aux gestes les plus simples de la vie courante.
« Bali m’a profondément marqué par la place qu’occupe l’art dans la vie de tous les jours. Là-bas, créer n’est pas un luxe, c’est une façon d’exister », explique l’artiste.
En contrepoint, Monticone présentera également La Patagonie, son sixième film. Cette œuvre transporte les spectateurs dans les paysages grandioses et austères de l’extrême sud de l’Amérique, entre steppes infinies, glaciers monumentaux et lumières changeantes. « La Patagonie confronte à l’immensité et au silence. C’est un territoire qui oblige à ralentir et à se repositionner face au monde », souligne-t-il.
Un parcours reconnu et résolument innovant
Au fil des années, Ugo Monticone s’est imposé comme une figure singulière du récit de voyage immersif au Québec. Collaborateur de longue date de l’organisation Les Grands Explorateurs, il a exploré plus de cinquante pays et développé une œuvre transdisciplinaire qui dépasse le cadre de la conférence traditionnelle.
Son approche lui a valu d’être nommé Artiste de l’année dans les Laurentides en 2021 par le Conseil des arts et des lettres du Québec. Il est également l’auteur d’une douzaine de récits immersifs, dont le roman numérique Le vendeur de goyaves, qui s’est hissé en tête des ventes sur l’App Store Canada.
En 2020, il signait Tracés de voyage, premier récit au monde à intégrer des animations en réalité augmentée. « J’ai toujours eu envie que le récit sorte du livre et de l’écran, qu’il devienne une expérience », affirme-t-il. Ce projet a mené à une exposition immersive itinérante présentée dans plus de 30 lieux à travers le Canada, dont récemment à l’Assemblée nationale du Québec.
Un artiste d’ici, tourné vers le monde
Installé à Prévost, Ugo Monticone demeure profondément ancré dans sa région, où il multiplie les ateliers dans les écoles et les rencontres avec les jeunes. La tournée européenne de 2026 s’inscrit ainsi dans un équilibre entre rayonnement international et engagement local.
« Voyager m’a appris que raconter le monde, c’est aussi mieux comprendre d’où l’on vient », résume-t-il. En atteignant les 100 000 spectateurs, l’artiste confirme la portée d’un travail guidé par la curiosité, l’humanité et le désir constant de créer des ponts entre les cultures.