Conception JK : deux soeurs déterminées, une entreprise grandissante
À seulement 18 ans, les jumelles Julianne et Kéanne Cinq-Mars n’ont pas attendu la fin de leurs études pour se lancer en affaires. Originaires de Saint-Colomban, les deux jeunes femmes sont à la tête de Conception JK, une entreprise spécialisée dans la création de produits sensoriels et évolutifs pour bébés et jeunes enfants.
« J’étudie en technique de comptabilité et gestion au cégep de Saint-Jérôme. Je suis rendue à ma deuxième année », explique Julianne. Sa sœur, Kéanne, a d’abord exploré une autre technique avant de la rejoindre dans le même programme. Mais bien avant le cégep, les deux adolescentes avaient déjà un pied dans l’entrepreneuriat.
Conception JK a vu le jour alors qu’elles n’avaient que 16 ans, à la suite d’un premier événement destiné aux jeunes entrepreneurs. « On a commencé vraiment avec un petit événement, puis ça a évolué vers le développement sensoriel de l’enfant », raconte Julianne. Aujourd’hui, l’entreprise propose notamment des doudous étiquettes, des cubes sensoriels, des carnets de santé et divers accessoires en silicone, comme des attaches-jouets pour poussette.
Si leur site web est tout récent, la majorité de leurs revenus provient encore des événements éphémères auxquels elles participent partout au Québec : Chicoutimi, Gatineau, Sainte-Thérèse, Granby… « On essaie d’avoir nos jeudis et vendredis de congé au cégep pour faire les événements », précise Julianne. Un horaire chargé, mais assumé.
Un duo complémentaire
Travailler en duo représente déjà un défi ; le faire en tant que jumelles en ajoute un autre. Pourtant, les deux sœurs ont rapidement trouvé leur équilibre.
« On a chacune nos forces et nos faiblesses. Moi, je suis vraiment plus dans la comptabilité, la gestion et l’administration. Kéanne est plus créative », explique Julianne. Sa sœur conçoit la majorité des patrons, imagine les nouveaux modèles et s’occupe principalement de la couture.
Leur mère leur prête aussi main-forte, notamment pour la confection des vêtements évolutifs – pantalons, chandails, “rompers”, bavettes et bavoirs à manches longues – intégrés à l’offre à la suite d’un repreneuriat. « On complète nos produits, on fait un peu de tout, toujours dans l’évolutif et le fait au Québec », soulignent-elles.
Se démarquer par la variété
Dans un marché déjà bien rempli de produits pour enfants, Conception JK mise sur la diversité des modèles et la personnalisation.
« On essaie d’avoir le plus de variantes possibles. Une mère peut aimer un motif, mais pas la couleur à l’arrière ; on va avoir d’autres options. On veut vraiment qu’elle trouve son coup de cœur », explique Kéanne. Selon elles, cette flexibilité et cette attention aux détails font la différence lors des marchés.
Au-delà du produit, c’est aussi l’expérience humaine qui les motive. « Notre revenu n’est pas vraiment monétaire pour l’instant. C’est plus quand on voit un enfant prendre le cube et être émerveillé… Ce moment-là, pour nous, c’est rentable. Ça nous donne la force de continuer. »
Entre études et entreprise
Concilier études à temps plein et gestion d’une entreprise exige discipline et sacrifices. « On prend moins de temps pour la vie sociale. Ça fait partie du choix », admettent-elles. Chaque session demande un nouvel ajustement. « On réapprend à se réajuster à chaque fois. »
Les deux jeunes femmes reconnaissent aussi l’importance du soutien reçu au fil du parcours, notamment par du mentorat et par leur entourage. « On a eu des moments plus difficiles, mais on a beaucoup de soutien. »
Évoluer comme jeunes femmes en affaires
Évoluant surtout dans des événements liés à la maternité, elles côtoient majoritairement d’autres femmes entrepreneures. « Ça nous a donné de la force de voir qu’elles réussissent », affirment-elles. Si certaines réticences se sont fait sentir au début dans leur entourage, elles constatent aujourd’hui une ouverture et de nombreux encouragements.
À celles qui hésitent à se lancer, leur message est : « Foncez et vivez votre rêve. Même si on ne réussit pas ou qu’on se plante à un moment donné, ça vaut toutes les expériences qu’on vit. »
Et la suite ? Les sœurs souhaitent poursuivre leur croissance, continuer les événements et peut-être, un jour, ouvrir leur propre boutique. « C’est un grand rêve, mais on ne sait pas de quoi les prochaines années seront faites. C’est sûr qu’on veut garder l’entreprise et la faire évoluer », concluent-elles.