Trouve ta voie en pleine lumière
Porté par l’élan de Facteur A, l’organisme Trouve ta voie multiplie les projets et prépare un spectacle-bénéfice d’envergure à Sainte-Thérèse.
À Rosemère, l’Académie des arts Trouve ta voie poursuit sa croissance. Fondé il y a 12 ans, l’organisme propose des ateliers artistiques à des personnes vivant avec une déficience intellectuelle, physique ou un trouble du spectre de l’autisme, avec un objectif clair: mettre en valeur leurs talents et leur donner une place sur scène comme dans l’espace public.
« On est maintenant rendu à 165 membres », souligne la directrice artistique et philanthropique Joëlle Doré-Hébert. « Il y a une demande assez importante dans la région. C’est pour ça qu’on ouvre des ateliers satellites. »
Des ateliers sont désormais offerts chaque semaine à Sainte-Adèle et Saint-Jérôme, en plus du local principal. « On accueille tous ceux qui sont capables de se déplacer à nous », précise-t-elle.
Au cœur de la démarche, une volonté de changer le regard. « On ne leur donne souvent pas cette place-là. Souvent, on va démontrer les enjeux qu’ils vivent, puis pas les réussites. »
L’effet Facteur A
Cette volonté de mettre de l’avant les capacités, plutôt que les limites, trouve un écho direct dans Facteur A, l’émission diffusée à Radio-Canada, à laquelle participent des membres de l’organisme. Inspirée du concept français Les rencontres du Papotin, l’émission propose des entrevues menées par des personnes autistes avec des personnalités publiques. Les participants préparent leurs propres questions, qu’ils posent sans filtre, avec leur sensibilité et leur spontanéité. Le résultat donne des échanges souvent inattendus, à la fois touchants et authentiques. « Ce qu’ils veulent, c’est de l’authenticité. Ils veulent qu’ils soient eux-mêmes », résume Joëlle Doré-Hébert.

Pour elle, l’impact est réel. « Ça fait du bien de les voir enfin sur leur beau côté, leur capacité, leur réussite, ce qu’ils peuvent apporter à notre société de positif. » Elle insiste aussi sur une nuance importante. « L’autisme, c’est un spectre qui est vraiment large. Il faut éviter de catégoriser les personnes. Ils ont tous des particularités différentes. »
L’organisme accompagne ses participants tout au long du processus, de la rédaction des questions aux répétitions et aux tournages. Un des principaux défis reste toutefois la confidentialité. « Ils ont envie de le dire à tout le monde », dit-elle en riant, évoquant les mois d’attente entre les enregistrements et la diffusion.
La visibilité générée par l’émission a déjà des retombées concrètes. « On a beaucoup plus d’inscriptions. Ça nous fait connaître, puis ça attire aussi des partenaires. »
Un spectacle pour rassembler
Cet élan culminera le 12 avril prochain, à 19 h, avec la 9e édition du spectacle-bénéfice de l’organisme, présenté à la salle Jean-Michel-Bergot de l’Académie Sainte-Thérèse.
Plus de 50 participant·es monteront sur scène, accompagnés d’artistes invités, dont Mario Pelchat, Stéphanie Boulay, Jeanick Fournier et Emmanuel Auger. Chant et danse seront au programme dans une soirée pensée pour mettre en lumière les talents développés au fil des ateliers. Tous les profits seront réinvestis dans les activités de l’organisme.
Au-delà du financement, l’événement s’inscrit dans la même logique que le reste de la démarche. « On leur crée des événements semi-professionnels. Ça les met vraiment en valeur positivement », souligne Joëlle Doré-Hébert.
Dans un contexte où les enjeux liés à l’autisme sont souvent abordés sous l’angle des défis, elle voit dans ces initiatives une occasion de rééquilibrer le discours. « Ça fait du bien de voir cette vérité-là. Cette luminosité-là. »