(Photo : gracieuseté SPLL–CSN)
Les paramédics ont tenu un rassemblement à Mirabel, le 1er avril, dans le secteur Saint-Janvier.

Trois ans sans convention collective : les paramédics dévoilent des messages chocs

Par Luc Robert

Le Syndicat des paramédics de Laurentides–Lanaudière – CSN (SPLL-CSN) a dévoilé mercredi dernier des panneaux d’affichage accrocheurs, aux abords des autoroutes de la région, pour marquer le troisième anniversaire sans signature de nouvelle convention collective avec Québec.

Le syndicat régional estime que ce délai est devenu insupportable pour les quelque 3 300 paramédics de la province. 

« Chaque jour, chaque nuit, nous sommes ici quelque 280 paramédics prêts à intervenir à tout moment dans des situations d’urgence, pour sauver des vies ou donner des soins d’urgence aux citoyennes et citoyens. On le fait avec cœur et dévouement  », a rappelé le président du SPLL–CSN, Danny Leggo-Beaudoin. «  Nous percevons un énorme manque de respect dans l’attitude du gouvernement, qui laisse notre négociation traîner en longueur, malgré les pistes de solutions suggérées vers une entente satisfaisante », a-t-il plaidé.

Pourquoi avoir choisi des enseignes géantes aux abords des voies rapides ?

«  Pour sensibiliser les gens et les automobilistes en général. Ils sont souvent nos patients et nous voulons leur montrer que le gouvernement ne nous aide pas, pas plus qu’il ne le fait pour eux en bout de ligne. Notre dernière séance de négos remonte au 26 février. On s’est rencontré à l’interne (le syndicat) le 13 mars, mais ça ne semble pas une priorité pour eux de revenir faire progresser les choses à la table (des négos), a-t-il ajouté en entrevue téléphonique.

Quitter le métier

La dernière hausse de salaire remonte au 1er avril 2022, ce qui laisse un goût amer aux travailleurs, qui composent avec les fluctuations marquées du coût de la vie.

« Nos conditions de travail (dont les salaires) ne tiennent pas la comparaison avec les autres professions : ni dans la santé et les services sociaux, ni en sécurité publique. Nous voyons plusieurs paramédics quitter le secteur pour aller effectuer un autre travail », a-t-il poursuivi. « Chez-nous, 87 % des paramédics pensent à quitter dans les cinq prochaines années, notamment à cause des conditions de travail. Si le gouvernement continue de se fermer les yeux sur cette réalité, c’est toute la population qui finira par en faire les frais », a prédit M. Leggo-Beaudoin.

Les syndiqués évoquent «  que la région des Laurentides se trouve pourtant bien représentée au gouvernement de la CAQ, avec la ministre de la Santé (Mme Sonia Bélanger). Même la présidente du Conseil du trésor a été interpellée à plusieurs occasions, mais tous demeurent muets. Ce gouvernement nous tient pour acquis : il croit qu’il y aura toujours des paramédics prêts à intervenir, peu importe les conditions qu’on leur impose ».

Des nouvelle mesures et projets-pilotes inquiètent particulièrement les paramédics.

« Depuis 2015, les protocoles et médicaments ont été modifiés. Il y a des enjeux de tâches : il existe dans d’autres régions des projets pilotes (qui vont arriver ici) et qui résultent par un revirement de l’approche, comme l’administration de morphine et autres médicaments dans des cas précis. Or, on nous dit de prendre la formation pendant nos temps morts, nos congés, ou en-dehors de nos horaires. On veut éviter les risques et suivre ces formations à tête reposée. En plus, le CISSS nous surveille de près et se trouve très à cheval sur les principes », a-t-il fait remarquer.

Principales demandes

Parmi les revendications des paramédics, notons l’établissement d’un juste salaire pour la profession, reflétant pleinement la réalité du travail. Les paramédics souhaitent également que la surcharge de travail soit reconnue et ils estiment mériter les conditions de travail octroyées aux salarié-es de la santé et des services sociaux, lors de la dernière ronde de négociation du secteur public.

Les paramédics ont appris tout récemment que les quotas de vacances ont été réduits. Depuis plusieurs années, la possibilité de prendre des vacances l’été ou même d’avoir accès aux congés fériés se trouve limitée, à moins de cumuler plus de 10 ans de service. Cet été, encore moins de paramédics pourront s’en prévaloir, ont-ils constaté.

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