(Photo : gracieuseté Ville de Mirabel)
Le ministre des Transports Steven MacKinnon a reçu le mémoire des mains de la mairesse de Mirabel, Roxanne Therrien. 

TGV à Mirabel : la mairesse Therrien dépose un mémoire au ministre MacKinnon  

Par Luc Robert

La mairesse Roxanne Therrien a officiellement remis le mémoire de la Ville de Mirabel portant sur le projet de train à grande vitesse (TGV) reliant Québec à Toronto, actuellement à l’étude par le groupe Alto Trains.

Elle s’est rendue à Ottawa le 26 mars pour rencontrer le ministre fédéral des Transports du Canada, Steven MacKinnon.

« La mairesse Therrien a entrepris une démarche appuyée par une vision à long terme : celle d’une ville et d’une région dont la croissance démographique et économique, projetée sur les 100 prochaines années, commande des choix d’infrastructures responsables et durables », est-il spécifié dans une missive publiée depuis l’hôtel de ville du secteur Sainte-Monique.

@ST:Corridor existant

@R:Cette démarche s’appuie sur une coalition régionale : la mairesse Therrien a rallié plus d’une quarantaine d’élus municipaux, de dirigeants d’entreprises, de chambres de commerce et d’institutions d’enseignement des régions des Laurentides et de Lanaudière, qui ont signé une déclaration commune demandant au gouvernement du Canada d’étudier un corridor passant par le site aéroportuaire de Mirabel et en utilisant le maximum de terres appartenant déjà au gouvernement.

« J’ai l’appui de mes pairs dans cette coalition régionale. Ensemble, nous représentons près de 80 % de la population des Laurentides. Le TGV nous est imposé. Nous choisissons d’en faire une opportunité pour nos citoyens, tout en minimisant les impacts sur notre territoire », a détaillé Mme Roxanne Therrien.

Préoccupations majeures

Bien qu’il ne soit pas encore défini et qu’il s’étale sur environ 10 km de largeur, le corridor envisagé traverserait des terres agricoles et des secteurs habités de Mirabel. Il serait annoncé avant la fin de l’année. La Ville s’y oppose en raison des impacts qu’il pourrait engendrer : possibles nuisances sonores et vibrations, enjeux d’accessibilité, fragmentation du territoire, impacts urbains et paysagers, risques sanitaires, allongement des temps de réponse des services d’urgence et risques pour la sécurité des infrastructures. Chacun de ces arguments est détaillé dans le mémoire déposé par la Ville.

Une gare à YMX

Mirabel demande en priorité au Ministre d’étudier la possibilité d’un corridor légèrement déplacé vers le nord, de manière à ce qu’il emprunte les terres fédérales du site aéroportuaire de YMX Aérocité Internationale.

Si le corridor est amené sur les terres fédérales du site aéroportuaire, la Ville propose d’y implanter une gare à YMX Aérocité Internationale, « une infrastructure qui répond de façon exemplaire aux cinq critères d’Alto pour l’élaboration du tracé TGV : technique, environnemental, social, urbanistique et financier ».

Les experts de Mirabel ont d’ailleurs analysé diverses possibilités de tracés. Sur les quelque 29 km que compte le territoire mirabellois, il serait tout à fait possible d’utiliser entre 8 et 10 km de propriétés gouvernementales — provinciales, fédérales et municipales, ont-ils estimé.

Par ailleurs, une gare à Mirabel créerait un pôle intermodal majeur avec la ligne EXO (train de banlieue) Saint-Jérôme et le réseau autoroutier, desservant efficacement l’ensemble des Laurentides et de Lanaudière, un bassin de plus de 530 000 habitants, souvent dépendants de l’automobile pour les déplacements vers Montréal.

Vision futuriste

Cette approche s’inscrit dans une vision sur 100 ans des autorités locales: les projections démographiques indiquent que Mirabel et les Laurentides connaîtraient une croissance soutenue jusqu’en 2051 et au-delà. Les choix de corridors faits aujourd’hui structureront le territoire des générations futures. Mirabel croit qu’il est impératif de tenir compte de cette réalité.

« Priver ce pôle d’une gare TGV, ce ne serait pas simplement rater une occasion régionale, c’est se priver d’un levier stratégique national, au moment même où le Canada en a le plus besoin. Il est temps d’utiliser à son plein potentiel le site aéroportuaire, pour lequel des milliers de citoyens ont sacrifié leurs terres », a argué Roxanne Therrien, mairesse de Mirabel.

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