(Photo : William Choquette)

Résolutions du Nouvel An : entre rituel social et moteur économique

Par Alexane Taillon-Thiffeault

Chaque début d’année, le même scénario se répète. Les agendas se remplissent de bonnes intentions, les applications de mise en forme enregistrent des pics de téléchargements et les centres d’entraînement voient affluer une vague de nouveaux abonnés.

Les résolutions du Nouvel An, souvent tournées vers la santé, les finances ou le bien-être, s’imposent comme un rituel social bien ancré, mais aussi comme un moment clé pour plusieurs secteurs commerciaux.

Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Toronto et de l’Université d’Alberta, près de 60 % des Canadiens se fixent au moins une résolution en début d’année, la majorité étant liée à l’activité physique, à l’alimentation ou à la gestion du stress. Pourtant, la recherche montre aussi que moins du tiers des personnes maintiennent leurs résolutions au-delà de quelques mois.

Une pression sociale bien réelle

Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène. Défis sportifs, photos avant-après, listes d’objectifs partagées publiquement : la résolution devient parfois une performance sociale. Cette exposition peut être motivante pour certains, mais décourageante pour d’autres, notamment lorsque les attentes sont irréalistes.

Les chercheurs canadiens soulignent d’ailleurs que les résolutions les plus vagues, comme « me remettre en forme » ou « manger mieux », sont celles qui échouent le plus souvent. À l’inverse, des objectifs précis et progressifs auraient davantage de chances de s’inscrire dans la durée.

Un boom souvent temporaire

Si la motivation individuelle fluctue, les effets économiques, eux, sont bien mesurables. Les gyms, studios de yoga, cliniques de nutrition, magasins de vêtements de sport et applications de bien-être connaissent traditionnellement leur période la plus achalandée entre janvier et mars.

Cependant, cette affluence s’accompagne aussi d’un taux d’abandon élevé. Plusieurs commerces ajustent désormais leur approche : programmes d’accompagnement, abonnements plus flexibles, ou encore mises en garde réalistes sur la progression attendue.

Par exemple, le Gym Saint-Sauveur, situé à Sainte-Adèle, choisi d’inciter les gens à s’inscrire au gym pour des raisons qui vont bien au-delà des résolutions du Nouvel An, ce qui semble fonctionner selon le propriétaire. Sur les réseaux sociaux, on peut y avoir différentes publications avec des propos dans ce style :

« Arrête de scroll. On se dit la vérité. Un abonnement en spécial ne te mettra pas en forme. Le 2 janvier, les gyms sont pleins. En février ? Ils sont vides. Pourquoi ? Parce que le rabais motive… mais la constance, c’est autre chose. Si tu t’inscris juste pour le prix, tu vas lâcher pour la même raison. Au Gym Saint-Sauveur, on ne vend pas des résolutions. On accompagne des gens qui veulent vraiment changer. »

Vers un changement de discours ?

La recherche canadienne tend à encourager une transformation du discours autour des résolutions. Plutôt que de viser une « nouvelle version de soi » dès le 1er janvier, les spécialistes recommandent de parler de continuité, d’habitudes et de compassion envers soi-même.

Un message qui commence à se refléter dans les stratégies commerciales. Certaines entreprises misent désormais moins sur la promesse de transformation rapide que sur l’adoption de modes de vie durables, étalés sur l’année.

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