Saint-Hippolyte et Piedmont : 46,8 nouveaux hectares de terrain protégés
Par Luc Robert
Le Comité régional pour la protection des falaises (CRPF) a acquis un terrain de 46,8 hectares à Saint-Hippolyte. Cette nouvelle propriété s’ajoute aux 186 hectares que l’organisme a déjà protégés au cours des 20 dernières années.
Cette propriété, acquise grâce à un généreux don écologique, possède des caractéristiques écologiques exceptionnelles.
« Cette transaction permet d’avoir un impact massif sur un territoire protégé. Nous visons éventuellement à étendre ça à 16 km carrés. On parle d’un secteur du Parc-des-Falaises, situé aux limites de Piedmont, de Saint-Hippolyte et de la réserve O’Gilvy. L’entente est le fruit d’une collaboration soutenue et une entente de partenariat pour un financement municipal récurent. Nous les remercions, tout comme le gouvernement et les bailleurs de fonds, qui ont aidé à défrayer les coûts connexes de notariat et de transaction. Le fonds de gestion servira aussi à l’entretien des lieux », a précisé M. Samuel Richard, coordonnateur à la protection des milieux naturels, au CRPF.
Longue haleine
L’acquisition du terrain de 46,8 hectares (468 000 mètres carrés ou l’équivalent de 65 terrains de soccer) est le fruit d’une collaboration de longue date : les échanges préliminaires avec le propriétaire ont eu lieu en 2023, mais le projet s’est officiellement amorcé au début de l’hiver 2024. La signature de l’acte de don a eu lieu le 1er août 2025. Tout est maintenant bien ficelé et protégé.
« Cette propriété a été acquise grâce à un généreux don écologique de la part de M. Luc Paquet : elle possède des caractéristiques écologiques naturelles exceptionnelles. M. Paquet possède un chalet dans le coin et voulait protéger une partie du terrain, qu’il a cédé. Il a embarqué dans notre plan et nous lui en sommes reconnaissant », a-t-il ajouté.
Secteur prioritaire
Le terrain est situé à Saint-Hippolyte au cœur d’un des corridors écologiques prioritaires identifiés par Éco-corridors laurentiens.
Il possède une importante richesse écologique. Voici une partie de l’inventaire que le biologiste à l’emploi du CRPF y a fait. Environ 8 % de la superficie totale du lot est constituée de milieux humides, qui possèdent une diversité végétale importante. On y trouve aussi la présence d’une tourbière boisée. Au niveau de la flore, le terrain présente un ensemble floristique typique des Laurentides, avec très peu de plantes introduites. Pas moins de 129 espèces végétales ont été recensées sur le terrain, dont la présence de deux orchidées, peu communes dans la région. Au chapitre de la faune, cette propriété offre un habitat pour de nombreuses espèces de mammifères, reptiles et amphibiens, dont la grenouille des marais, une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable au Québec.
De plus, trente-sept espèces d’oiseaux y ont également été recensées : dont le pioui de l’Est et la paruline du Canada, deux espèces préoccupantes au pays. Un inventaire réalisé en 2022 a permis de confirmer la présence de six espèces de chauve-souris dans ce secteur du massif des falaises, dont cinq espèces en voie de disparition, selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).
Autre source
Des frais indirects liés à l’acquisition ont aussi pu être payés grâce à la contribution de la Fondation Christal de Roche.
«L’important reste de préserver les lieux. Éventuellement, un comité d’études évaluera le secteur et déterminera si un réseau de sentiers est possible à établir. Il n’est pas prévu pour l’instant d’y permettre le ski de fond ou la raquette. Tout dépendra des discussions et faisabilités : il y a des escarpements sur le terrain », a précisé M. Richard.
Ce don écologique au Comité régional pour la protection des falaises a par ailleurs été réalisé dans le cadre du Programme des dons écologiques du Gouvernement du Canada.
Le bénéficiaire, CRPF, veillera à ce que la biodiversité et le patrimoine naturel de la terre soient conservés à perpétuité.