(Photo : Médialo Luc Robert)
M. Philippe Archambault, vice-président aux communications et à l’image de marque chez Alto.

Une armée de communicateurs dépêchée pour recadrer le message

Par Luc Robert

La firme Alto entend réduire la zone d’étude du corridor de réserve, pour l’implantation d’un TGV circulant dans les Laurentides, de dix kilomètres à un seul de largeur, d’ici à la fin de l’année 2026.

C’est ce qui a été permis d’apprendre mardi dernier à Mirabel, alors que se tenait la séance d’information de la firme Alto au Centre culturel Jean-Laurin du secteur Saint-Augustin.

Pour l’occasion, une quarantaine d’experts, ingénieurs et agents d’informations se sont succédé à la rencontre des citoyens pour fournir des détails.

« Notre objectif est de présenter le projet aux citoyens et recadrer certaines informations diffusées. Nous avons reçu jusqu’à maintenant plus de 6 000 commentaires sur les diverses étapes et possibilités de l’érection du futur TGV. Une fois les premières données colligées et analysées, nous espérons tenir une deuxième série de séances d’informations (consultations) l’automne prochain », a souligné en entrevue, un porte-parole de train à grande vitesse.

Les Mirabellois étaient conviés à plusieurs kiosques déployés de façon circulaire, qui expliquaient le projet sur des écrans géants affichant des cartes, ainsi que via diverses brochures papiers, disponibles aux tables des stations.

« La zone d’étude comprend une emprise de 60 à 70 mètres : on ne fera pas passer le TGV au beau milieu d’un village, par exemple. Nous effectuons une analyse des lieux sensibles avec soin, en tenant compte de la population et de l’environnement. C’est certain qu’en parlant d’une zone d’évaluation plus large (10 km), cela a pu créer certaines inquiétudes. Les quelque 400 personnes venues en après-midi ont été renseignées, alors que les portes-ouvertes devraient se tenir jusqu’à 20h », a-t-il précisé.

Cependant, dès la fin de la conférence de presse de la mairesse de Mirabel, tenue dans une salle attenante, Le Nord a constaté que les lumières étaient fermées et qu’il n’y avait plus d’affluence, vers 15h, à la séance d’information d’Alto.

Un cas précis

Au cours de la visite d’agriculteurs aux stations d’informations, un intéressé a soumis un exemple typique de situation qu’il n’entend pas revivre avec l’arrivée d’un TGV.

« Lors de la première expropriation, lorsqu’ils nous ont coupé en deux le rang Saint-Simon vers Sainte-Scholastique, je devais aller faire un détour jusqu’à Saint-Canut et revenir pour aller disposer de mon purin sur mon autre partie de ma terre, avec l’épandeur à fumier. Allons-nous être confrontés la même situation de nos jours, ou si un chemin alternatif sera prévu, avec des viaducs, pour permettre aux cultivateurs de traverser ? », s’est-il enquis de la situation.

Ce à quoi un communicateur a répondu évasivement.

« Il va y avoir une voie de circulation de service, à usage priorisé pour Alto s’il y a une urgence. Je suppose qu’elle pourrait peut-être partagée dans certains cas, mais c’est à définir. Mais je ne peux pas dire avec certitude, à ce moment-ci, si les agriculteurs auront un droit de passage. »

Un des ingénieurs a par ailleurs spécifié qu’un tracé en ligne droite était favorable au comportement d’un TGV.

« Pour un TGV, on parle d’un autre type de tracé. Pour une autoroute, l’inclinaison de la chaussée pour une courbe nécessite un kilomètre de dénivellation graduelle. Dans le cas d’un TGV, cela prend jusqu’à 7 kilomètres pour répartir une courbe acceptable à 300 m/h. Il y a plusieurs facteurs à considérer avant d’établir un parcours final en tenant compte ces données. »

Tracés

Aux différentes stations, le message martelé consistait à véhiculer l’idée « que les utilisateurs pourront arriver à leur destination en deux fois moins de temps », ce qui représente la vision d’Alto. En regardant les différentes cartes affichées aux écrans géants, les visiteurs essayaient de figurer l’ampleur du corridor tampon à l’étude.

Certains agriculteurs ont constaté que la zone pourrait passer au nord de Saint-Eustache, jusqu’aux limites nord, situées sous les terrains d’ADM à l’aéroport de Mirabel. Sa portée Est se situerait quelque part entre Boisbriand et Sainte-Thérèse (au départ de Laval), alors qu’à l’ouest, le secteur compris entre le sud de Lachute et la limite de Saint-André-Est laisse une vaste panoplie d’options pour franchir la Rivière-des-Outaouais, que ce soit à Grenville-Hawkesbury, ou plus bas vers Pointe-Fortune-Rigaud-Carillon, en direction d’Ottawa.

D’autres résidents ont suggéré que le trajet passe le long du chemin fer actuel, pour ne pas devoir exproprier à nouveau des riches terres agricoles et forêts du secteur.

« Un projet de cette ampleur nécessite des années de planification et de construction. Au cours de la phase de développement et de pré-construction, Alto poursuivra des études de terrain, organisera des consultations publiques et commencera les travaux préliminaires à la construction. (…) La population aura l’occasion de partager son point de vue sur la conception, le tracé et les avantages du projet, à différentes étapes de son développement », est-il écrit dans une brochure d’Alto.

Et qui prendra la décision finale d’expropriation ou non après des négociations, alors que les élus fédéraux redirigent les médias vers Alto pour des questions sur la suite des démarches ?

« Le gouvernement du Canada prendra ensuite la décision d’approuver la construction en fonction du travail effectué au cours de la phase de développement et de pré-construction. La construction du réseau suivra une approche progressive », a-t-on assuré dans le même fascicule d’Alto.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *