(Photo : Photo Pexels)

Mieux chez soi, réalité ou mirage?

Par Patrice Francoeur

La ministre Sonia Bélanger dressait dernièrement les grandes lignes de sa Politique nationale de soutien à domicile (PSAD), intitulée Mieux chez soi. Comment le CISSS des Laurentides accueille-t-il cette nouvelle politique?

La politique a pour objectif d’offrir des soins et des services adaptés et mieux coordonnés, de réduire le nombre d’hospitalisations et de préserver l’autonomie des personnes afin qu’elles puissent demeurer dans la communauté de leur choix. Cette nouvelle politique est accompagnée des mesures suivantes, totalisant 107,2 millions $ d’investissements.

Les trois piliers

La politique s’articulera autour de trois piliers : l’accès aux services par les CLSC, un partenariat avec les entreprises d’économie sociale (EÉSAB) et une allocation d’aide à domicile.

La ministre précise que les enjeux pour les personnes qui utilisent le chèque emploi-service font face en ce moment, c’est d’arriver à trouver des gens pour leur offrir des services. « C’est d’ailleurs pour ça que nous augmentons le taux horaire qui est offert aux travailleurs du chèque d’emploi-service qui va passer de 20 $ à 21 $. De plus, dans certaines situations et après évaluation, les proches aidants pourront être reconnus comme prestataires de services à l’allocation d’autonomie à domicile au même titre que d’autres travailleurs. »

Du côté des Laurentides

Marlène Simard, directrice du soutien à domicile et des services gériatriques au CISSS des Laurentides accueille favorablement cette nouvelle politique. « Elle était attendue par plusieurs proches aidants. »

Elle souligne que ces mesures permettent l’ouverture d’un éventail de possibilités. « L’allocation qui est attribuée à l’usager va nous permettre de recourir aux services d’un membre de la famille ou d’un proche, pas nécessairement à quelqu’un de l’extérieur. »

Elle insiste sur la distinction qu’on doit faire entre allocation et rémunération. « Il faut faire la différence, on ne parle pas d’une rémunération, mais bien d’une allocation. Dès l’annonce de la nouvelle politique, beaucoup de proches aidants nous ont appelés parce qu’ils s’attendaient à recevoir une rémunération. »

Elle explique qu’un proche aidant qui vit 24/7 avec un usager ne doit pas s’attendre à être rémunéré. La politique prévoit plutôt une allocation pour couvrir des besoins spécifiques.

« On parle de venir compenser des incapacités comme celle de se nourrir, de s’habiller ou de se doucher. C’est pour cela qu’on doit procéder à une évaluation afin de cibler les zones d’incapacité. On compense l’activité en tant que telle, pas toutes les heures passées auprès de la personne. »

De l’importance de rester chez soi

Mme Simard soutient que l’écosystème du soutien à domicile a été bâti, au fil des ans, de sorte qu’il puisse favoriser l’autonomie à domicile le plus longtemps possible. « C’est ce que les gens souhaitent, ils veulent rester le plus longtemps possible chez eux. Afin qu’ils puissent conserver leur autonomie, dans les Laurentides, on a mis un modèle en place, qui même, lorsque l’usager a perdu de l’autonomie, qu’il puisse la récupérer. » Elle conclut en affirmant que la politique est accueillie avec bonheur. « Ça va dans le sens du partenariat et de la collaboration avec les organismes du milieu, soit de créer un écosystème de collaboration et de faire en sorte qu’on soit toute une communauté à soutenir l’autonomie. Avec le vieillissement de la population tel qu’on le connait, ici, dans les Laurentides, on se doit d’être novateur. Il faut se tenir en avant de la parade. »

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