(Photo : Gracieuseté Simon Martel)

Les Jardins collectifs de Cap : cultiver l’apprentissage autrement

Par Alexane Taillon-Thiffeault

À l’école secondaire Cap-Jeunesse de Saint-Jérôme, un nouveau projet vert prend racine avec l’ambition de transformer à la fois le terrain scolaire et l’expérience éducative des élèves.

Les Jardins collectifs de Cap, une initiative portée par l’enseignant Simon Martel et appuyée par la direction de l’établissement, visent à créer un espace d’apprentissage concret, interdisciplinaire et ouvert sur la communauté.

L’idée est née directement en classe. Enseignant en projet personnel d’orientation (PPO) et en Culture et citoyenneté québécoise (CCQ), Simon Martel cherchait une manière différente de rejoindre certains élèves moins attirés par l’apprentissage traditionnel.

« Beaucoup de jeunes trouvent l’école trop académique. Ce sont des élèves plus manuels, qui ont besoin que ça bouge », explique-t-il en entrevue. Le jardinage lui est alors apparu comme une solution permettant de rendre les apprentissages plus concrets tout en valorisant d’autres formes d’intelligence.

Le projet dépasse toutefois largement le simple potager scolaire. Dès sa présentation au personnel, l’initiative a suscité un enthousiasme inattendu. Des enseignants de plusieurs disciplines ont rapidement proposé d’y contribuer, notamment par la création d’affiches bilingues en anglais, des projets artistiques à partir de fleurs cultivées sur place ou encore la conception de systèmes d’irrigation en sciences.

« Toutes les matières peuvent s’intégrer à ce projet-là. C’est pour ça qu’on dit que c’est holistique », souligne M. Martel.

Un milieu de vie repensé

Pour la direction de l’école, ce qui distingue les Jardins collectifs de Cap d’autres initiatives semblables est son ambition d’aménagement global. L’objectif n’est pas uniquement de cultiver des légumes, mais de transformer l’environnement extérieur de l’école en un espace accueillant et durable.

Le directeur explique avoir été immédiatement séduit par la vision, un jardin demandant peu d’entretien, mais qui embellira d’année en année et contribuera à améliorer le milieu de vie des élèves.

« Nos jeunes passent une grande partie de leur temps éveillé à l’école. On veut que ce soit un endroit agréable, presque comme une deuxième maison », indique-t-il.

Une première phase prévoit l’aménagement d’un terrain d’environ 225 pieds carrés, combinant plantations ornementales et cultures potagères. Des légumes racines, comme les pommes de terre, seront notamment cultivés afin que les élèves puissent observer les récoltes dès l’automne.

Apprentissage et entrepreneuriat

Les élèves ont déjà commencé à participer au projet, notamment par des semis de tomates cerises. Une vente pourrait même être organisée pour la fête des Mères, ajoutant une dimension entrepreneuriale à l’initiative.

Selon M. Martel, la réaction des jeunes est encourageante. Une élève lui aurait même lancé : « On aurait la plus belle école au Québec. » Une remarque qui reflète bien l’esprit du projet : développer un sentiment d’appartenance et de fierté envers leur environnement scolaire.

Une vision tournée vers la communauté

À plus long terme, les responsables souhaitent élargir le projet au-delà de l’école secondaire. Une collaboration avec l’école primaire voisine est envisagée afin de créer un véritable jardin collectif intergénérationnel. L’espace pourrait également devenir un lieu de promenade accessible à la communauté.

Des liens commencent aussi à se tisser avec des organismes locaux et la Ville de Saint-Jérôme, dont l’ambition de devenir une « ville nourricière » rejoint directement la philosophie du projet.

Pour Simon Martel, la motivation demeure simple : « J’ai juste l’impression de faire une bonne chose. » Une initiative qui, à terme, pourrait bien faire fleurir autant l’engagement des élèves que le paysage scolaire lui-même.

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