Le campus de l’UdeM au cœur du pôle santé à Saint-Jérôme
L’Université de Montréal a dévoilé l’emplacement précis de son futur campus des Laurentides, soit au 325, rue du Docteur-Charles-Léonard, à Saint-Jérôme, dans la troisième phase du Complexe médical des Laurentides.
Situé à proximité immédiate de l’Hôpital de Saint-Jérôme et du GMF-U Dre Andrée-Gagnon, ce site accueillera dès l’automne 2026 la première cohorte en médecine, puis celle en pharmacie en 2027. La création d’un campus délocalisé dans les Laurentides était déjà connue, mais l’annonce de son emplacement marque une étape concrète dans la réalisation du projet, mené en collaboration avec le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides (CISSS).
D’une superficie d’environ 930 m², les locaux comprendront des salles de cours pouvant accueillir jusqu’à 50 personnes chacune, cinq salles dédiées à l’apprentissage par problèmes en médecine, une salle d’étude, des espaces administratifs et une salle de repos. Un laboratoire d’encadrement pour le programme de pharmacie pourrait éventuellement s’y ajouter.
Le choix d’un site à quelques pas des principales installations de soins vise à favoriser l’intégration rapide des étudiantes et étudiants dans les milieux cliniques.
Une réponse à la croissance régionale
La région des Laurentides connaît la plus forte croissance démographique au Québec, avec une hausse de 6,1 %, supérieure à la moyenne provinciale. Cette croissance, combinée au vieillissement de la population, accentue les besoins en professionnels de la santé.
« Étant donné que la population est en croissance et qu’elle vieillit, on demande par exemple aux pharmaciens en communauté d’être plus proactifs », explique Marie-Josée Lafontaine, directrice des services multidisciplinaires de santé et de services sociaux, de l’enseignement et de la recherche au CISSS des Laurentides.
Les pharmaciens sont appelés à soutenir davantage les médecins de famille, à poser certains diagnostics et à prescrire, ce qui augmente la charge de travail. Selon les estimations évoquées en entrevue, la région aurait besoin d’environ 95 pharmaciens supplémentaires, en plus d’un nombre important de médecins de famille.
Former en région pour retenir la relève
L’implantation physique du campus à Saint-Jérôme s’inscrit dans une stratégie de rétention bien documentée. « Les campus délocalisés sont parmi les meilleures stratégies pour augmenter les effectifs en région », affirme Mme Lafontaine.
En effectuant leurs stages et leur formation dans les Laurentides, les étudiantes et étudiants développent des liens avec les équipes et le milieu. « Après la diplomation, ces jeunes décident souvent de rester dans les régions où ils ont fait leurs cours », souligne-t-elle.
Le campus pourrait également attirer des médecins intéressés par l’enseignement universitaire. Évidemment, le campus permet aussi un accès facilité aux programmes d’études pour les jeunes des Laurentides.
Le projet comporte aussi des retombées économiques. « À terme, on parle de près de 400 étudiants. Ils vont consommer dans la région, participer aux activités sociales et culturelles », note Mme Lafontaine.
Une préparation déjà en marche
Même si l’ouverture officielle est prévue à l’automne 2026 pour la médecine, le CISSS accueille déjà des externes. Une première cohorte de six étudiantes et étudiants en stage est présente depuis l’automne dernier.
Un comité stratégique conjoint a été mis sur pied afin d’identifier rapidement les enjeux liés à l’implantation. Les équipes travaillent notamment à adapter certains espaces cliniques, parfois exigus, pour permettre aux étudiants de disposer d’endroits propices à l’apprentissage.
La Dre Jessica Perreault Bishop, déjà directrice de l’enseignement médical au CISSS et médecin de famille au GMF-U Dre Andrée-Gagnon, a été nommée directrice du campus des Laurentides pour la formation en médecine. À l’automne 2026, 24 étudiantes et étudiants en médecine sont attendus. La première cohorte en pharmacie, composée de 30 personnes, suivra en 2027. À terme, les cohortes pourraient atteindre 50 étudiantes et étudiants par programme.