(Photo : Alexane Taillon-Thiffeault)
Plusieurs ministres, maires, députés et différents acteurs de la région étaient présents lors de la conférence de presse à l'Hôpital régional de Saint-Jérôme.

Hôpital de Saint-Jérôme : 550 M$ pour la modernisation

Par Alexane Taillon-Thiffeault

Le gouvernement du Québec a officiellement lancé, ce lundi 23 mars, les travaux de modernisation de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, un chantier évalué à près de 550 millions de dollars visant notamment la construction d’un nouveau pavillon chirurgical et l’agrandissement majeur des installations actuelles.

Cette annonce marque donc une grande étape pour un projet jugé essentiel pour répondre aux besoins croissants de la population, dans une région où les infrastructures de santé sont depuis longtemps jugées désuètes et insuffisantes. La population attendait cette nouvelle depuis de nombreuses années.

Au cœur de cette première phase, il y a la transformation majeure du plateau chirurgical, incluant la construction, l’agrandissement et le réaménagement des salles d’opération. Le projet prévoit notamment un agrandissement de quatre étages totalisant environ 28 000 m² afin d’améliorer la circulation entre les services, la confidentialité des soins et les conditions de travail du personnel.

« Nous sommes conscients que les citoyennes, les citoyens et nos équipes soignantes attendent ce moment depuis longtemps », a déclaré la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, lors de l’annonce officielle, soulignant que cet investissement vise à corriger la vétusté des installations et à offrir un environnement de soins moderne et sécuritaire.

Plusieurs nouveautés

Le futur pavillon comprendra notamment 15 salles d’opération modernes, neuf salles d’endoscopie, une unité de chirurgie d’un jour de 40 civières ainsi qu’un secteur complet de retraitement et de stérilisation des instruments médicaux. Des espaces de préadmission, des laboratoires et un département de pharmacie modernisé sont également prévus.

Pour plusieurs acteurs de la région, il s’agit d’un tournant. Le député de Saint-Jérôme, Youri Chassin, parle d’« une avancée majeure », rappelant que ce dossier traîne depuis au moins 2017, alors qu’un plan clinique avait été déposé pour répondre à des enjeux déjà bien documentés : manque d’espace, équipements vieillissants et difficultés de recrutement du personnel.

Au-delà des infrastructures, le projet est aussi présenté comme une réponse à la pression démographique que connaît la région des Laurentides, où la croissance de la population et son vieillissement accentuent la demande pour des soins spécialisés accessibles localement.

Selon la PDG du CISSS des Laurentides, Julie Delaney, l’hôpital, construit en 1957, arrivait à un point critique après près de 70 ans d’utilisation, dans un contexte où les normes médicales et les besoins cliniques ont profondément évolué. La modernisation doit ainsi permettre d’augmenter la capacité chirurgicale tout en préparant les phases subséquentes du projet.

Un levier pour attirer la main-d’œuvre

Questionnée par Le Nord sur l’impact du projet sur la pénurie de personnel, la ministre Bélanger a affirmé que la modernisation des infrastructures constitue un facteur clé pour attirer et retenir les travailleurs de la santé.

Des installations modernes rendent les milieux plus attrayants pour les médecins, pharmaciens et professionnels, a-t-elle soutenu, ajoutant que l’intégration prévue d’activités d’enseignement et de stages contribuera également à favoriser le recrutement à long terme.

La présence future d’un campus délocalisé de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal fait d’ailleurs partie de cette stratégie, misant sur la formation locale pour encourager les diplômés à s’établir dans la région.

Une annonce bien accueillie à l’hôtel de ville

Pour le maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau, l’annonce représente autant une victoire régionale qu’un investissement structurant pour l’ensemble du Québec.

Selon lui, l’amélioration de la capacité hospitalière permettra de traiter davantage de patients localement, réduisant les déplacements vers Laval ou Montréal et allégeant la pression sur d’autres centres hospitaliers.

Le maire souligne également que la croissance rapide de la ville rendait l’investissement incontournable. « La région est en grande croissance et les besoins suivent cette réalité », a-t-il indiqué en entrevue, ajoutant que la Ville entend maintenir une collaboration étroite avec le CISSS et le gouvernement pour accompagner le développement du projet.

Le dossier d’affaires final doit être déposé au printemps, après quoi les appels d’offres pour les travaux préparatoires et la construction seront lancés. Le chantier devrait s’échelonner sur environ quatre à quatre ans et demi.

La première phase doit aussi préparer la suite du réaménagement de l’hôpital, qui sera effectuée progressivement afin de maintenir les services durant les travaux.

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