Grand rassemblement : des élus réclament une gare du TGV à Mirabel
Par Luc Robert
La nouvelle mairesse de Mirabel, Roxanne Therrien, qu’ainsi qu’une quarantaine d’élus municipaux, de dirigeants d’entreprises et d’institutions d’enseignement des régions des Laurentides et de Lanaudière ont demandé le mardi 24 février dernier au gouvernement du Canada d’inclure le site aéroportuaire de Mirabel dans le tracé du train à grande vitesse (TGV) Québec-Toronto, pour y établir une gare.
Dans une déclaration commune signée, même des préfets hors de la circonscription de Mirabel ont vanté les infrastructures aéroportuaires locales.

« J’ai l’appui de mes pairs dans cette coalition régionale. Ensemble, nous représentons près de 80 % de la population des Laurentides et Lanaudière, soit près de 700 000 personnes. Si le TGV passe à Mirabel, nous réclamons l’implantation d’une gare TGV sur le site de YMX Aérocité internationale de Mirabel, le 3ᵉ pôle aéronautique en importance au monde », a soutenu la mairesse Roxanne Therrien, qui a vu les premiers croquis potentiels passés plus bas que les infrastructures de YMX.
Mme Therrien a rappelé que « des entreprises de calibre mondial ont choisi Mirabel pour s’établir : Airbus, Pratt & Whitney, Safran, Bell Flight, Avianor, L3-Harris. Les Laurentides abritent aussi de nombreuses entreprises manufacturières, logistiques et de transport, dont les employés utiliseraient le TGV pour se déplacer. Ces entreprises font circuler quotidiennement des talents, des gestionnaires et des experts entre Québec, Montréal et Toronto — sans infrastructure ferroviaire à leur mesure. Une gare TGV changerait cela du tout au tout », a-t-elle prédit.
Priorités fédérales
Le moment semble d’autant plus approprié que le gouvernement fédéral vient de dévoiler sa stratégie industrielle de défense : 82 milliards de dollars y seront investis sur cinq ans. Cette stratégie place l’intelligence artificielle, les systèmes sans pilote et l’aérospatiale au cœur d’un effort visant à assurer la souveraineté technologique et industrielle du Canada. Les leaders mondiaux qui obtiendront ces contrats — Bell Flight, Safran, Mecachrome, Volatus Aerospace — sont déjà à Mirabel, ou en voie de s’y établir.
« Priver ce pôle d’une gare TGV, ce n’est pas simplement rater une occasion régionale, c’est se priver d’un levier stratégique national, au moment même où le Canada en a le plus besoin. (…) Il est temps d’utiliser le plein potentiel du site aéroportuaire pour lequel des milliers de citoyens ont sacrifié leurs terres », a argué la mairesse Therrien.
Utiliser les terres déjà acquises
Les signataires de la Déclaration d’appui à la résolution de la Ville de Mirabel concernant le tracé du TGV Québec-Toronto demandent au gouvernement du Canada : 1) De présenter un corridor d’étude comprenant le site aéroportuaire de Mirabel, réduisant au minimum l’impact sur les zones résidentielles et agricoles et prévoir d’utiliser en priorité les terres fédérales acquises dans le cadre de la construction de l’aéroport de Mirabel, lors de la première expropriation; 2) D’implanter une gare sur le site aéroportuaire de Mirabel qui répond déjà à l’ensemble des facteurs clés, guidant l’élaboration du corridor du TGV selon le bureau de projet Alto, et qui desservirait efficacement l’ensemble des communautés des régions des Laurentides et de Lanaudière.
Une réponse aux critères
Le site aéroportuaire de Mirabel répond de manière exemplaire aux cinq critères établis par Alto pour l’élaboration du tracé du TGV : 1) Critère technique : l’emprise des routes numérotées et les terres fédérales du site aéroportuaire offrent l’option d’un tracé droit optimal, sans passages à niveau, garantissant la performance et la sécurité du train à grande vitesse.2) Critère environnemental : un arrêt à Mirabel desservirait directement un grand bassin de population des Laurentides et de Lanaudière, réduisant les émissions de GES en évitant les déplacements vers Montréal. 3) Critère social : l’utilisation des terres fédérales existantes éviterait de nouvelles expropriations traumatisantes et constituerait un geste réparateur envers les 1 700 familles mirabelloises expropriées en 1969. 4) Critère urbanistique : suivant le modèle européen éprouvé (Paris-CDG, Frankfurt, Amsterdam), YMX est une infrastructure existante disposant de l’espace nécessaire pour accueillir une gare moderne, avec facilité d’accès et vastes stationnements. 5) Critère financier : l’utilisation des terres fédérales réduit considérablement les coûts d’acquisition, tout en desservant une population en forte croissance sur la Rive-Nord.
Une connectivité essentielle
La région des Laurentides, quatrième en importance démographique au Québec, bénéficierait considérablement d’un accès direct au TGV. Une gare à Mirabel : desservirait efficacement Mirabel et l’ensemble des Laurentides et de Lanaudière, créerait un pôle intermodal avec la ligne EXO Saint-Jérôme et les autoroutes 15, 50, 640 et 13. Faciliterait les déplacements professionnels et l’accès aux services pour toutes les communautés régionales et enfin réduirait les inégalités d’accès aux infrastructures de transport structurantes, a planifié la mairesse et son groupe de travail interne.
L’implantation d’une gare TGV à Mirabel ne se limite pas à un enjeu de mobilité régionale : c’est un investissement structurant à portée nationale. Le site de YMX Aérocité Internationale regroupe déjà plus de 45 entreprises et 10 000 employés dans les secteurs de l’aérospatiale, de la logistique, de la défense et de l’innovation technologique. À l’échelle de son territoire, Mirabel compte plus de 2 400 entreprises, dont des chefs de file de renommée internationale.
Avec 289 hectares de terrains fédéraux vacants, déjà viabilisés, Mirabel offre une capacité d’accueil sans équivalent pour ancrer les investissements annoncés par Ottawa en défense et en innovation. Un arrêt TGV accélérerait l’attraction de talents, d’investisseurs et de partenaires internationaux, tout en consolidant le positionnement stratégique du Canada dans les chaînes de valeur mondiales de l’aérospatiale et de la défense.