7e féminicide en deux mois : la CSN des Laurentides appelle à agir
Un nouveau féminicide est survenu à Saint-Jérôme, portant à sept le nombre de femmes tuées dans un contexte de violence en seulement deux mois au Québec. Devant cette situation, le Conseil central des Laurentides de la CSN (CCSNL-CSN) presse le gouvernement d’agir davantage pour soutenir les organismes qui viennent en aide aux femmes.
Pour Judith Trudeau, vice-présidente du CCSNL-CSN, chaque féminicide représente un échec collectif. « À chaque féminicide, c’est la société qui échoue. On n’a pas été capables de repérer, de voir ou d’agir à temps », affirme-t-elle en entrevue avec Le Nord.
Elle précise toutefois qu’il ne s’agit pas de blâmer les organismes qui travaillent auprès des femmes victimes de violence. Selon elle, ceux-ci font déjà beaucoup avec des ressources limitées. « Ce n’est vraiment pas un blâme envers eux. C’est plutôt un manque de financement et de soutien pour les organismes qui œuvrent auprès des femmes », explique-t-elle.
Des ressources jugées insuffisantes
Dans un communiqué diffusé le 6 mars, l’organisation syndicale rappelle que les groupes communautaires peinent toujours à obtenir un financement adéquat, alors que les besoins demeurent importants.
La présidente du conseil central, Chantal Maillé, souligne également que la violence envers les femmes s’inscrit dans un contexte plus large d’inégalités et de discours antiféministes qui circulent notamment sur les réseaux sociaux. Elle croit que ces discours peuvent contribuer à banaliser la violence et à fragiliser les acquis des femmes.
Pour Judith Trudeau, la solution passe entre autres par un renforcement du filet social et par davantage d’éducation. Elle évoque l’importance de la sensibilisation dans les écoles et dans la société en général, notamment par rapport aux relations égalitaires et de consentement.
Un climat social préoccupant
La vice-présidente dit aussi s’inquiéter de la montée de certains discours masculinistes, qui seraient de plus en plus visibles chez les jeunes. Selon elle, plusieurs enseignants et intervenants observent une réception plus difficile des discours féministes dans certains milieux éducatifs.
« Il y a vraiment quelque chose dans le climat social qui est très malsain », soutient-elle. Dans ce contexte, le conseil central estime qu’il est essentiel de maintenir la vigilance afin de protéger les droits des femmes.
« Générations deboutte »
C’est dans cet esprit que des militantes et militants des Laurentides se sont réunis le 5 mars à Saint-Jérôme dans le cadre d’une rencontre organisée autour du thème du 8 mars, « Générations deboutte ». L’événement visait à rappeler l’importance de la mobilisation et de la solidarité face aux reculs possibles en matière de droits des femmes.
Selon Judith Trudeau, ces rencontres permettent de rassembler des acteurs de différents milieux afin de réfléchir aux moyens de faire avancer les choses. Elle souhaite que les futurs gouvernements adoptent une approche plus attentive aux réalités vécues par les femmes, notamment lors de l’élaboration de nouvelles politiques publiques.
« Les droits sont fragiles. Il faut constamment être vigilants et solidaires », conclut-elle.