Tracé du TGV : Alto tiendra une séance d’information à Mirabel le 24 février
Par Luc Robert
Devant le tollé populaire et les pressions politiques, l’organisme Alto viendra finalement rencontrer les citoyens de Mirabel avant la fin du mois, pour tenter de calmer les inquiétudes de plusieurs anciens expropriés et leurs descendants, quant au futur trajet du train à grande vitesse dans le secteur.
Des élus se sont déplacés à Saint-Eustache, jeudi dernier, afin de sensibiliser les autorités à leur réalité.
« Le jeudi soir 5 février dernier, j’étais présente aux portes ouvertes d’Alto à Saint-Eustache, afin d’appuyer les agriculteurs, citoyennes et citoyens de la région, et pour observer la façon dont l’information est partagée. Oui, c’est maintenant annoncé: nous aurons notre séance d’informations à Mirabel : elle aura lieu le mardi 24 février, de 10 h à 14 h 30 et de 16 h à 20 h, au Centre culturel Jean-Laurin, dans le secteur Saint-Augustin », a détaillé la mairesse de Mirabel, Mme Roxanne Therrien.
La première citoyenne a réitéré que les séances d’Alto rouvrent des vieilles plaies chez les concitoyens de son territoire.
« Il est clair qu’il existe des sensibilités à Mirabel et c’est pourquoi j’ai demandé à Alto de tenir une porte ouverte adaptée à notre communauté, avec des tables de discussions. Ceci a été entendu. Depuis l’annonce publique de ce projet, je trouve important que les citoyennes et citoyens puissent avoir accès à de l’information chez nous, à Mirabel, pendant que le travail et les discussions dans ce dossier se poursuivent », a-t-elle ajouté.
Soulignons que de l’autre côté de l’aéroport de Mirabel, plusieurs citoyens du secteur Saint-Benoît se questionnent également sur le futur tracé et déplorent que les informations sortent au compte-gouttes.
Consternation
En plus des agriculteurs, le débat entourant le parcours du TGV possède aussi des impacts régionaux, car plusieurs employés d’Airbus, L3 Mas (entretien d’aéronefs) et autres entreprises localisées dans le secteur de l’aéroport de Mirabel résident dans les villes de Saint-Jérôme et de Prévost.
« Le gouvernement fédéral revient (encore à la charge) en autorisant Alto à annoncer que son TGV nécessite la réserve d’un corridor de +/-1000 km de longueur (Québec-Toronto), sur +/-10 km de largeur. La ville de Mirabel est évidemment située à l’intérieur de ce corridor, comme plusieurs autres villes des Basses-Laurentides. Essayez donc de revendre un bungalow ou une ferme située dans ce couloir, ou de contracter une hypothèque. Et oubliez les protections habituelles prévues à nos lois (entre autres la Loi sur l’expropriation) : le fédéral s’est assuré de faire adopter les projets de lois C-5 et C-15, qui permettent de passer outre à tous ces processus de consultation et de détermination de l’indemnisation. Et v’lan ! Si le passé est garant de l’avenir… », a prévenu tout-haut M. Rhéal Fortin, député de Rivière-du-Nord.
Encore trop large ?
L’élu à la chambre des communes se demande si trop de territoire sera encore sacrifié.
« En 35 ans (1969 à 2004), le gouvernement fédéral a sauvagement jeté à la rue 3000 familles de Mirabel, construit un aéroport sur leurs terres, fait le constat que 85% de ces terres avaient été expropriées inutilement, revendu ce surplus, fait le constat que l’aéroport n’était pas vraiment nécessaire, transféré les vols à Dorval, et finalement fermé et démoli le même aéroport (ndlr : l’aérogare). Tout ça en 35 ans et avec des milliards de nos dollars. Et pour s’assurer d’être bien clair, a renommé l’aéroport de Dorval : « Aéroport Pierre-Elliot-Trudeau », a-t-il décrié.