Défi Joue Don : quand le jeu rassemble pour sauver des vies
Le 22 mars prochain, des milliers de Québécois sont invités à s’asseoir autour d’une table de jeu pour le Défi Joue Don.
Pour sa 4e édition, le défi revient avec la mission de briser l’isolement et soutenir la prévention du suicide, tout en misant sur le pouvoir rassembleur des jeux de société.
Événement caritatif unique au Québec, le Défi Joue Don a déjà permis de remettre plus de 200 000 $ à l’Association québécoise de la prévention du suicide (AQPS) et à plusieurs centres locaux. Cette année, l’initiative franchit une nouvelle étape avec l’arrivée d’un porte-parole bien connu du public : l’animateur et créateur de jeux de société Jean-François Baril.
Derrière le projet, on retrouve aussi une équipe de passionnés du jeu. L’idée originale vient du fondateur Olivier Charbonneau, un grand amateur de jeux de société qui rêvait depuis longtemps de créer un marathon ludique. « On croit vraiment que le jeu aide à briser l’isolement, à apprendre à communiquer, à gagner… et à perdre », explique la co-organisatrice Sylvie Robidoux.
Le choix de soutenir la prévention du suicide n’est pas non plus anodin. Olivier Charbonneau a déjà été grand frère pour un jeune vivant avec des idées suicidaires et s’était senti démuni face aux ressources disponibles. Cette réalité a contribué à orienter la mission de l’événement vers la sensibilisation et le soutien à cette cause.
Un porte-parole en parfaite cohérence
Jean-François Baril a accepté de prêter sa voix au Défi Joue Don, et ce n’est pas par hasard. Habitué à s’impliquer seulement lorsque le lien est naturel, il voit dans cet événement un alignement évident entre ses valeurs personnelles, sa passion pour le jeu et l’importance de redonner à la société.
« Quand je dis oui à une cause, c’est parce qu’il y a un fit naturel », explique-t-il. Créateur de plusieurs jeux de société et joueur assumé, il croit profondément au potentiel du jeu comme outil de connexion humaine. Selon lui, derrière le plaisir et les fous rires se cache quelque chose de beaucoup plus profond, et c’est la possibilité de créer des liens, d’ouvrir le dialogue et de prendre réellement des nouvelles des gens qui nous entourent.
Dans un contexte où le télétravail et les réseaux sociaux accentuent l’isolement, Jean-François Baril estime que se retrouver « en vrai » est devenu un besoin essentiel. « On pense voir des gens tous les jours, mais ce n’est pas vrai. Quand on joue à un jeu autour d’une table, on peut sentir si quelqu’un ne va pas bien. »
Le jeu comme antidote à l’isolement
C’est précisément cette dimension humaine qui est au cœur du Défi Joue Don. Plus qu’une collecte de fonds, l’événement mise sur l’expérience partagée. Inviter un ami à jouer, passer quelques heures à rire et à collaborer, c’est parfois ce qui permet de briser le silence et de détecter une détresse qui serait autrement passée inaperçue.
Pour Jean-François Baril, les jeux de société touchent toutes les générations : enfants, adultes, aînés, couples, familles et groupes d’amis. Ils stimulent les fonctions cognitives, favorisent la communication et offrent un rare moment où l’on décroche des obligations quotidiennes.
Les organisateurs tiennent d’ailleurs à intégrer la sensibilisation de façon délicate tout au long de la journée. Même si l’ambiance se veut festive, de l’information sur les ressources d’aide sera visible sur place et certaines activités, comme des quiz sur la santé mentale, ont déjà fait partie de la programmation dans les éditions précédentes. « On veut briser les tabous, tout en gardant une approche positive et accessible », souligne Sylvie Robidoux.
Une journée ludique à l’échelle du Québec
Le Défi Joue Don se déroulera simultanément dans six établissements ludiques : les pubs ludiques Randolph de Saint-Jérôme, Centropolis-Laval, du DIX30, de Québec, et de Trois-Rivières, ainsi qu’au Pärlé – Bistro ludique à Gatineau. Pendant 12 heures, les participants pourront prendre part à des tournois, relever des défis, découvrir de nouveaux jeux, profiter de prix de présence et échanger avec des animateurs passionnés.
L’événement reprend la formule conviviale des pubs ludiques, où des animateurs proposent des jeux adaptés aux goûts et au niveau d’expérience des participants, mais y ajoute une touche spéciale. « C’est vraiment une journée pour remercier les gens qui se mobilisent et qui font une levée de fonds. On ajoute des tournois, des tirages et plusieurs surprises », explique Sylvie Robidoux.
Que l’on soit joueur aguerri ou simple curieux, l’événement se veut accessible à tous. L’objectif : que chacun reparte avec de nouvelles découvertes… et l’envie de rejouer.
Une mobilisation qui ne s’essouffle pas
Si le Défi Joue Don réussit à mobiliser autant de gens année après année, c’est parce qu’il réunit à la fois l’amour du jeu et la volonté de soutenir une cause qui touche de près ou de loin presque tout le monde. « On sous-estime le nombre de joueurs de jeux de société au Québec, mais aussi le nombre de personnes impactées par le suicide », souligne Jean-François Baril.
Les inscriptions sont déjà en cours, et les places sont limitées dans certains établissements. Les participants sont invités à amasser des dons à l’avance, ce qui leur permet notamment de débloquer des prix de présence le jour de l’événement.
100 % des dons recueillis sont remis à la prévention du suicide.