Tricentris aménage un futur centre d’achat de réemploi à Saint-Jérôme
Tricentris a officialisé l’acquisition, le 19 décembre dernier, d’un bâtiment de 80 000 pieds carrés à Saint-Jérôme, où sera aménagé ce qui deviendra le premier centre d’achat entièrement consacré à la seconde main en Amérique du Nord.
Dévoilé en mai dernier lors du Sommet de l’économie sociale, le projet prend ainsi un ancrage concret. « Là, il y a vraiment un lieu. Il y a une adresse, une position », résume le directeur général, Dany Dumont, en entrevue. Selon lui, cette acquisition donne enfin un point d’ancrage officiel à une initiative qui, jusqu’ici, existait surtout sur papier.
Un emplacement stratégique
Le choix de Saint-Jérôme n’est pas un hasard. Tricentris, dont les racines sont ancrées dans les Laurentides, souhaitait faire le projet dans la région. La proximité de l’autoroute 15 a également pesé dans la balance. « En termes de localisation et de positionnement, c’est très positif », affirme M. Dumont, qui voit dans cet emplacement un potentiel d’attractivité important.
L’organisation s’est inspirée du modèle ReTuna, en Suède, considéré comme un pionnier du centre commercial de réemploi. À l’image de cette initiative suèdoise, Tricentris veut créer un lieu d’attrait qui rayonnera au-delà de ses murs et profitera aux autres acteurs du réemploi de la région.
Fidèle à sa mission, la coopérative a choisi de réutiliser un bâtiment existant plutôt que d’en construire un nouveau. Le site sera réaménagé pour accueillir un espace commercial fonctionnel. Les travaux d’aménagement devraient débuter à l’automne 2026, en vue d’une ouverture prévue à la fin du premier trimestre 2027.
Un écosystème du réemploi
Le futur centre regroupera entre 15 et 20 boutiques indépendantes spécialisées dans divers secteurs de la seconde main : vêtements, meubles, électroménagers, articles de sport, jouets, quincaillerie et électronique, entre autres. Des espaces éphémères permettront aussi de tester de nouveaux concepts.
« Ce ne sont pas des boutiques Tricentris. Notre rôle est de fournir l’infrastructure et l’emplacement », précise Dany Dumont. Les commerces devront être des organisations d’économie sociale, un critère central pour la coopérative. « Si on veut mettre en œuvre une véritable économie circulaire, on pense que ça passe en grande partie par l’économie sociale », soutient-il, évoquant l’importance de la circularité non seulement des matières, mais aussi du capital.
Au-delà des commerces, le centre comprendra un espace de restauration, une épicerie anti-gaspillage, un Fab-Lab et des ateliers d’entretien et de réparation. Une zone permanente inspirée des « repair cafés » (café de réparation), ainsi qu’un espace d’échange et d’entraide communautaire, viendront compléter l’offre.
Le Fab-Lab vise notamment à répondre aux réalités urbaines. « Quand tu habites dans un condo et que tu veux retaper une table, tu n’as pas nécessairement d’endroit pour le faire », illustre le directeur général. L’objectif est donc de démocratiser l’accès au réemploi.
Faire autrement
Pour attirer une clientèle habituée aux centres commerciaux traditionnels, Tricentris mise sur une expérience comparable, mais adaptée à la seconde main. L’organisation lance prochainement une application mobile, Circuit, qui permettra aux citoyens d’identifier la bonne filière de tri et d’accumuler des points de fidélité liés aux « bons gestes » environnementaux.
Ces points pourront être utilisés dans les boutiques du futur centre et auprès de partenaires, créant ainsi un réseau d’avantages inspiré des programmes de fidélisation traditionnels, mais appliqué à leur modèle.
Mais pour l’instant, d’ici l’ouverture, il reste plusieurs étapes à franchir, notamment des ajustements de zonage, des démarches d’urbanisme, ainsi que la conception architecturale et l’aménagement intérieur. Tricentris souhaite impliquer les organisations participantes dès cette phase afin de concevoir un espace qui maximise l’expérience client.
L’adresse exacte du bâtiment devrait être dévoilée au cours des prochaines semaines.