(Photo : Archives)

7e féminicide au Québec : une femme retrouvée morte à Saint-Jérôme

Par Alexane Taillon-Thiffeault

Une femme a été retrouvée sans vie dans une résidence de Saint-Jérôme, dans ce qui pourrait être un nouveau féminicide au Québec. L’enquête est en cours, mais déjà, le frère de la victime réclame des réponses et des changements.

Selon les informations rapportées par Noovo, les services d’urgence ont été appelés vendredi en fin d’après-midi dans un secteur résidentiel de la ville. À leur arrivée, les policiers ont découvert le corps inanimé d’une femme à l’intérieur d’une résidence. Son décès a été constaté sur place.

Un homme qui se trouvait également sur les lieux a été transporté à l’hôpital pour des blessures. Les enquêteurs de la Sûreté du Québec ont pris en charge le dossier et attendent de pouvoir rencontrer cet homme afin de faire la lumière sur les circonstances exactes du drame. Aucune accusation n’avait été déposée au moment d’écrire ces lignes.

La victime est Danielle Lascelles, âgée de 67 ans.

Le plaidoyer du frère

Peu après la diffusion de la nouvelle, Benoît Lascelles, frère de la victime identifiée comme Danielle Lascelles, a publié un message sur Facebook.

Il y parle de sa sœur comme d’une femme aimante, travaillante, qui méritait mieux. Mais son message ne se limite pas au deuil, il appelle à une prise de conscience collective face à la violence conjugale.

« Vos mots ont été une grande source de réconfort pour moi et ma famille dans cette épreuve difficile. Je partage votre émotion et votre détermination à agir pour que de telles tragédies ne se reproduisent plus. C’est pourquoi je souhaite que nous puissions créer ici un espace de discussion et de partage d’idées peu importe qu’elles soient farfelues ou pas ,pour trouver des moyens concrets qui auront pour but de protéger les femmes qui sont essentielles à notre société québécoise. Nos mères, nos grands-mères, nos amoureuses, nos filles, toutes ces femmes qui ont contribué à bâtir le Québec que nous aimons méritent notre respect », peut-on lire sous sa publication Facebook.

Dans les commentaires, des dizaines de personnes ont exprimé leur soutien à la famille. Plusieurs dénoncent une répétition troublante des drames conjugaux au Québec et questionnent les mécanismes de protection en place.

Un autre féminicide ?

Les autorités n’ont pas encore officiellement confirmé qu’il s’agit d’un féminicide. Toutefois, le contexte rapporté et les propos de proches laissent peu de place au doute.

Si le caractère conjugal est confirmé, il s’agirait d’un nouveau cas venant alourdir un bilan déjà préoccupant cette année au Québec, puisque ce serait le septième féminicide en seulement deux mois.

Rappelons qu’en septembre dernier, Gabie Renaud, a elle aussi été victime d’un féminicide à Saint‑Jérôme. Sa mort avait choqué et mobilisé des centaines de personnes lors d’une marche en hommage aux femmes tuées dans des contextes similaires, organisée pour réclamer des changements concrets dans la prévention de la violence faite aux femmes. Les proches et alliés de Gabie ont réclamé notamment la mise en place d’une « Loi Gabie Renaud » afin d’accroître la transparence autour des antécédents violents des partenaires et d’éviter que d’autres femmes ne subissent le même sort. La loi a été présentée par Ruba Ghazal lors de l’assemblée nationale et l’ensemble des partis se sont engagés pour l’adopter.

Pour Mme Lascelles, l’enquête se poursuit à l’heure actuelle.

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