Vivre en pleine turbulence

Par Diane Baignée
Vivre en pleine turbulence

D’où vient le vent pour les proches aidants?

Chronique défi, bien vieillir

par Diane Baignée, Collaboration spéciale
La Semaine nationale des proches aidants se déroulait du 5 au 11 novembre 2017. Peut-être que les proches aidants d’aînés, trop occupés à prendre soin de leurs parents en perte d’autonomie, ont vu filer cette information. Ils n’ont tout simplement pas le temps.

Naturel d’être aidant?

On parle des « aidants naturels » pour signifier une personne qui porte assistance, offre son temps à un membre de sa famille dans le besoin. Est-ce naturel d’aider? Je crois que non. Avez-vous remarqué, chez nos familles d’aujourd’hui, qui aide? Des individus à la fibre altruiste. Celles et ceux qui trouvent du temps, de l’intérêt pour cette population vieillissante. Aider, pour le bien-être des aînés? Si autres raisons… je passe. Bravo et courage à ces aidants authentiques. Ils sont retraités ou, parfois même, ils cessent de travailler. C’est leur réalité.

On savait d’où venait le vent

Que dire du temps passé au téléphone pour obtenir de l’aide? Cette organisation de services intégrés offre, au fait, qu’une seule porte d’entrée. Pas facile de s’y introduire. Ces aidants se débattent pour se faire aider. Cul-de-sac, une boîte vocale. Comment découvrir le filon pour, en finalité, y réclamer des services? Et puis, cette demande terminera sa courte course sur une « pile d’attente ». C’est la faute du personnel? J’en doute. Je serais bien tentée d’attribuer cette congestion de système aux budgets d’embauche compressés, au manque de relève, au personnel trop épuisé qui bascule vers un congé d’invalidité.
Prenons Rolland, 81 ans, veuf. Homme assez réservé. Il habitait à Montréal dans une résidence pour personnes autonomes. Sa situation de santé s’est détériorée. Il souffre d’une maladie dégénérative comme bien des aînés du cinquième âge. Il décide de déménager dans un endroit plus approprié à ses besoins et près de son fils, proche aidant. Mais il n’habite plus dans la même région administrative qu’auparavant. Il devra attendre au moins six mois avant qu’une personne puisse néanmoins évaluer ses besoins. Et après, l’attente? Six mois, un an… Impossible de savoir à quel moment il recevra des services à domicile.
Comme Rolland occupait une profession libérale dans le secteur public, ses revenus globaux lui permettent, pour le moment, de payer des services privés d’aide au quotidien. Deux heures chaque jour.
Ce système de santé est-il adapté à l’évolution et la réalité démographique actuelles? L’État coupe chez les moins « productifs ». Depuis des décennies, on savait d’où venait le vent. Oui, on savait, je le savais. Bref, en ces temps d’austérité, être proche aidant devient une forme de vocation. Rien de naturel là-dedans.
Qu’arrive-t-il, ma foi, aux personnes âgées, dans la même situation, qui n’ont que leurs faibles pensions du gouvernement et aucune économie? Appel aux aidants!

Souffler

Des proches aidants ont des enfants et des parents à superviser, à assister. La majorité des aidants sont des femmes. Plusieurs d’entre elles travaillent encore. Essoufflées.
Sous un autre angle, des aînés sont rébarbatifs à recevoir de l’aide. Ils clament l’autonomie à tout prix malgré, qu’en réalité, leur fonctionnement général traduit une dégénérescence de leurs capacités. Du déni face au deuil des capacités. C’est normal. Ont lieu plus tard des interventions en urgence. Pas facile pour les proches aidants.
Et qui donc aident les aînés qui n’ont pas d’enfants? Ou ceux dont les enfants sont absents et sans intérêt ou habitent trop loin? Et que dire des bris relationnels, car des différends familiaux sont omniprésents. Qui peut aider alors? D’autres aînés, des bénévoles, neveux, nièces ou voisins?

Aidons les aidants qui aideront

Avec cette plus longue espérance de vie de la population, il ne sera pas rare de voir des proches aidants aînés aider leurs parents de plus de 90 ans.
Dans ce contexte, je m’adresse surtout aux boomers, qui ont encore toutes leurs facultés. Préparez vos papiers dans le but de faciliter la tâche à vos futurs proches aidants. N’hésitez pas à rédiger, dès maintenant, une procuration générale ou bancaire, votre mandat en prévision d’inaptitude et votre testament. De cette façon, vous pourrez choisir les personnes en qui vous avez confiance, déterminer vos volontés et faciliter la tâche des futurs proches aidants. Ça donnera un bon coup de main à ceux qui prendront en charge votre personne et vos biens, le cas échéant.
Besoin de soutien, Info-aidant : 1 855 852-7784
À découvrir… L’Appui pour les proches aidants d’aînés : www.lappui.org/L-Appui-national/Qui-sommes-nous
Diane Baignée est travailleuse sociale en pratique privée.
Pour commentaires ou questions, vous pouvez la joindre à diane.baignee@gmail.com

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'abonner  
Notifier de