Virginie Fortin au Théâtre Gilles-Vigneault

par Ève Ménard
Virginie Fortin au Théâtre Gilles-Vigneault

Une humoriste pétillante se confie sur son spectacle, son avenir et ses passions

« On m’avait dit que c’était 15 minutes. Mais ça peut être 20 si jamais je m’étire, moi je parle longtemps. Je n’ai pas de stress. »

 

En effet, l’entrevue a duré 20 minutes et 15 secondes. Virginie Fortin, y paraissait détendue, enjouée et naturelle.

Par moment drôle, d’autres plus sérieuse ou encore engagée, elle est à l’image de son spectacle Du Bruit dans le cosmos qu’elle décrit comme étant « un commentaire social, une critique existentialiste pis des jokes. »

Découvrez cette artiste surprenante qui trace un lien étonnant, bien que réfléchi, entre le métier d’humoriste et les combats extrêmes.

Une quête existentialiste

Le 14 novembre prochain, Virginie Fortin se produira au Théâtre Gilles-Vigneault pour la seconde fois. Elle me raconte qu’à sa première visite, elle a oublié son roll up. Une affiche d’elle traîne donc quelque part dans l’endroit. « J’y retourne parce que j’ai adoré ça, mais j’y retourne aussi pour le récupérer. », raconte-t-elle en riant.

Son premier one woman show découle d’une quête existentialiste, d’une réflexion large qui a débuté quand elle était toute petite à propos de l’espace et de la vie.

« Voyons donc qu’on s’est organisé une vie aussi sérieuse et structuré alors qu’on flotte dans l’espace. Y’a personne qui capote là-dessus? »

Ce spectacle, elle le fait depuis presque deux ans et le poursuivra jusqu’à l’été 2020.

Elle qui vient d’un milieu très éphémère, celui de l’impro, croyait finir par en avoir assez de répéter toujours les mêmes blagues. Pourtant, elle continue d’aborder le spectacle avec le même enthousiasme. Elle-même en est agréablement surprise: « Le spectacle est toujours le même, mais il est toujours différent aussi. Il y a des impondérables, les publics changent, il y a une énergie différente. »

Une passionnée

Un fait étonnant sur cette humoriste originale, elle est une fan de combats ultimes.

« J’ai une profonde admiration pour les gens qui se battent. C’est plus fort que moi. Je vis tellement d’émotions en regardant ça. Je perds toute contenance. Je cris des mots inventés, je suis debout pis je marche de long en large, j’ai les mains dans face. »

Lorsque je la questionne à ce sujet, elle rit et débute une longue et divertissante tentative d’explication raisonnée sur cet amour inconditionnel d’un sport encore un peu macho pour une féministe comme elle.

La conclusion prend une tournure surprenante: « Ils sont un contre un devant 20 000 personnes et ils s’exposent à soit la plus grande fierté ou la plus grande vulnérabilité. On dirait que des fois, je m’identifie un petit peu à ça avec mon métier d’humoriste. Je ne reçois pas un coup de poing dans face, mais quand une blague rit pas, ça blesse l’orgueil quand même. »

Virginie Fortin est une artiste très polyvalente, elle qui touche à l’humour, la télévision, l’animation ou encore le chant. Elle souhaite continuer à jongler avec divers projets afin de ne jamais se fatiguer d’aucun d’entre eux.

« Je ne veux pas en prendre trop sur mon plateau, mais je veux que le plateau soit bien équilibré. » Elle commence tranquillement à penser à son prochain spectacle en débutant l’écriture pour le pur plaisir.

« Je vais te dire une affaire: Ça fait un an je fais mon spectacle et à chaque fois qu’on me dit parle-moi de ton spectacle, je suis comme oh mon dieu je sais trop pas quoi dire. C’est vraiment pas vendeur selon mon producteur » Une chose est certaine, bien qu’elle puisse

avoir de la difficulté à le formuler, c’est à travers sa personnalité pétillante que Virginie Fortin réussit à vendre non seulement son spectacle, mais aussi sa personne.

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