Vers un retour des surveillants-brigadiers?

Par Luc Robert
Vers un retour des  surveillants-brigadiers?
Pascal Mondion apprécie l'initiative d’échanges de l’école du Grand-Rocher, le 6 décembre prochain. (Photo : Luc Robert)

Devant les relations souvent difficiles rencontrées sur divers circuits d’autobus du CSSRDN, un chauffeur expérimenté sort de l’ombre en demandant que ses confrères et lui obtiennent de l’aide à l’intérieur de l’habitacle de leurs mastodontes jaunes.

Ancien conducteur d’autobus de ville, Pascal Mondion est à même de constater les différences entre les diverses clientèles, lui qui déplace quotidiennement autant des élèves du primaire que du secondaire.

« Dans mon jeune temps, dans les années 1970, quand tu menais du train en arrière, le chauffeur trouvait le premier banc de neige pour te débarquer (j’exagère à peine). Les parents, alertés au téléphone, savonnaient les jeunes récalcitrants à leur retour à la maison. Aujourd’hui, le fardeau de la preuve est inversé. Dès que ça bardasse entre les jeunes, c’est le chauffeur qui doit
se justifier »
, a-t-il déploré.

Sans vouloir entrer dans des cas précis, M. Mondion espère que du soutien sera offert.

« Jusqu’aux années 1990, il y avait pour les plus jeunes des surveillants-brigadiers à bord. Ça va prendre leur retour. Comme conducteur, tu as plusieurs responsabilités : la sécurité des jeunes, le déplacement du gros autobus, l’arrivée à l’heure prévue pour les tracés. En plus, tu dois toujours avoir l’œil sur ton grand miroir, pour suivre ce qui se passe dans l’autobus. Tu veux être efficace, mais c’est difficile. »

« Aujourd’hui, le fardeau de la preuve est inversé. Dès que ça bardasse entre les jeunes, c’est le chauffeur qui doit se justifier » – Pascal Mondion

La semaine dernière, M. Mondion a dû faire appel à une aide extérieure pour les grands.

« Quand tu fais l’arbitre, les jeunes n’écoutent pas. Tu vois dans leurs yeux que tu n’es rien pour eux. Tu es juste le chauffeur du taxi qui les amène du point A au point B. La semaine passée, j’ai dû demander l’aide d’un professeur pour venir faire de la discipline avant de partir de l’école. Ça prend une TES ou un prof pour gérer
certaines situations. On a pas tous des diplômes en psychologie. Dans les autobus de ville, il y a un bouton-panique ou un radio-émetteur pour les urgences. Ils te retrouvent vite grâce au GPS installé. Au scolaire, ça prend des caméras au minimum dans tous les autobus pour nous appuyer »
, a-t-il suggéré.

Pascal Mondion se débrouille bien dans le contexte, car il était propriétaire d’une maison d’hébergement pour personnes avec des conditions psychologiques particulières, à Sainte-Sophie.

« Ça aiguise ta patience. Des fois, les jeunes ne se rendent pas compte du danger. Un étudiant avait oublié une bouteille d’eau en plastique dur dans l’autobus. Il voulait la lancer très anondinenent par la vitre à son ami dehors, pour qu’il la récupère. Je l’ai incité à venir lui donner par la porte d’en-avant. En lançant la bouteille par la fenêtre, n’importe quel autre élève aurait pu être blessé au visage. Généralement, les jeunes écoutent. Mais il y a des exceptions qui entraînent les autres…»

Événement cordial

Les autorités scolaires tentent des rapprochements avec les conducteurs d’autobus.

« Le lundi 6 décembre prochain, les 7 chauffeurs du matin et les 7 de l’après-midi (plusieurs font les deux circuits) seront reçus par l’école du Grand-Rocher. Ça sera un genre de rencontre avec beignes et café, pour échanger sur le fonctionnement de nos divers circuits et les idées pour améliorer la situation. C’est une très bonne initiative, car il ne faut pas perdre les conducteurs d’autobus qui restent. On aurait aussi besoin du support des parents. On se côtoie deux fois par jour aux arrêts », a achevé celui qui transporte aussi des étudiants de l’école secondaire des Haut-Sommets.

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