Un compromis se dessine entre la fabrique et les concessionnaires de lots

Par Luc Robert
Un compromis se dessine entre la fabrique et les concessionnaires de lots
Emmanuel Monette est certain qu'un compromis interviendra avec la Fabrique Saint-Francois Xavier. (Photo : Pierre-Luc Therriault)

Une dizaine de noms de bénévoles ont été soumis à la Fabrique de la paroisse Saint-François Xavier de Prévost, afin de pouvoir entretenir les terrains entourant les monuments du cimetière du même nom.

Au moment d’aller sous presse, vendredi dernier, la Fabrique n’avait pas encore diffusé sa position finale, à savoir si elle cessait pour de bon les opérations de nettoyage de l’endroit bordant la route 117.

« De ce qui a transpiré de la réunion du 31 août, il se pourrait bien qu’ils continuent à tolérer les cèdres, mais possiblement que les plantations et fleurs n’auront plus leur place. Je dis ça sous toutes réserves. Ça serait un demi-mal, s’ils cessent toutes les opérations. C’est créer deux classes de paroissiens, quand tu en as la moitié aux terrains rasés et où d’autres ont encore leurs ornements. On me dit de cesser de pousser le dossier, mais ça me touche vraiment. Ma mère est là », a souligné Emmanuel Monette.

Pas prévu au départ

Le cimetière Saint-François Xavier a été créé au début des années 1980.

« Mon père René et ma mère Jeanine Proulx- Genest ont fait partie de ceux qui ont procédé à l’acquisition du terrain devenu le cimetière. C’est ma fille, horticultrice, qui s’occupait des plantes du monument familial. C’est compréhensible que pour les concessionnaires, ce soit très émotif. C’est un dossier très délicat, auquel je ne me mêlerai pas », a souligné le préfet de la MRC voisine, celle des Pays-d’en-Haut, M. André Genest, dont les parents y sont enterrés.

Celui-ci estime que chaque lieu de repos des défunts possède ses règles particulières. « C’est un beau cimetière et la décision n’est pas facile. Tout dépend de l’entente locale. Ailleurs, j’ai vu des mini-plaques enfoncées à la surface du sol, avec le nom des défunts. Ça permet de passer la tondeuse à gazon sans toucher un monument. Mais à Prévost, le cimetière a été conçu de manière traditionnelle, avec de grands monuments. Il s’agit de normer ça. Il y a moyen d’être respectueux des défunts et de faire attention aux végétaux. Par exemple, au cimetière de Monfort, c’est un champ de thym qui remplace le gazon. C’est beau et ça a le mérite de ne pas nécessiter un grand entretien », a-t-il décrit.

Menaces

De son côté, l’entrepreneur des travaux déplore les nombreuses menaces qu’il a reçues lorsqu’il s’est exécuté au cimetière avec sa mini-pelle hydraulique.

« J’ai arrêté les travaux au retour du dîner. Je recevais des menaces directes : ça n’avait plus d’allure, les gens étaient tous enragés. D’ailleurs, je comprends que ça n’a pas été drôle pour les familles. Mais quand quelqu’un arrive avec son bâton de baseball et me dit qu’il va tout saccager chez-moi et qu’il va me réduire en miettes, ça dépasse l’entendement », a souligné l’opérateur de la pelle mécanique, qui préfère taire son nom.

Ce dernier assure qu’il n’a pas pris la décision d’envoyer des arbustes dans un ravin. « J’ai fait attention aux monuments et j’ai suivi les consignes de M. Raymond Saint-Aubin, de la Fabrique. Je lui ai expliqué que ce serait plus cher, si je transportais les arbustes ailleurs. Il m’a dit de les laisser en bas, derrière la pancarte d’entrée. Si les travaux reprennent, ils auront lieu sans moi. Je l’ai dit à Mme Boivin-Boiverst : avoir su que ça causerait autant d’inconfort aux gens, je n’aurais pas accepté ce travail », a achevé l’opérateur.

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