Traitement des déchets biomédicaux : Une première en Amérique du Nord

Par Simon Cordeau
Traitement des déchets biomédicaux : Une première en Amérique du Nord
Les déchets biomédicaux sont broyés puis exposés à des micro-ondes pour être stérilisés. (Photo : Courtoisie)

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides sera le premier en Amérique du Nord à traiter ses déchets biomédicaux par micro-ondes.

Cette nouvelle technologie permet de réduire de 70 % l’espace occupé par ces déchets dans les sites d’enfouissement, est plus écologique et protège mieux les employés, en plus d’une foule d’autres avantages pour le CISSS.

La fin des autoclaves

Jusqu’à maintenant, au CISSS des Laurentides comme ailleurs au Québec, les déchets biomédicaux étaient stérilisés par vapeur dans des autoclaves. Les matières fondent pour former un amalgame stérile, qui peut ensuite être enfoui. Toutefois, la température doit être très élevée, pour atteindre le milieu de l’amalgame, ce qui nécessite beaucoup d’énergie.

À l’initiative d’Adam Gélinas-Proulx, chef de service hygiène & salubrité, le CISSS des Laurentides a adopté une nouvelle technologie, plus efficace. D’abord, les déchets sont broyés. « Juste ça, ça réduit grandement la taille de la matière », explique M. Gélinas-Proulx. Ensuite, ils sont exposés à des micro-ondes pour être stérilisés.

Adam Gélinas-Proulx, chef de service hygiène & salubrité au CISSS des Laurentides, a piloté ce projet novateur. Photo : Courtoisie

Avantages multiples

Cette technique apporte plusieurs avantages. D’abord, la température a besoin d’être moins élevée, comme les morceaux déchiquetés sont petits. En plus d’économiser de l’énergie, le plastique, qui compose 95 % des déchets biomédicaux, ne fond pas. Il sera donc possible, dans l’avenir, de recycler ces granules de plastique stériles plutôt que de les enfouir. Cela réduira les coûts, l’empreinte écologique du CISSS, et contribuera à l’économie circulaire.

La nouvelle technologique permettra aussi de centraliser le traitement de ces déchets à un seul endroit : à l’hôpital régional de Saint-Jérôme. « À lui seul, il produit 60 % des déchets biomédicaux des Laurentides », illustre M. Gélinas-Proulx. Avant, ils étaient traités dans chacun des 6 hôpitaux du CISSS. « Avec un camion, on va faire la tournée des sites. »

Mais le plus important avantage est peut-être l’automatisation. Le nouveau système nécessite beaucoup moins de manipulation des déchets par le personnel. « Juste d’avoir mécanisé l’action, c’est un gros gain pour la santé et la sécurité des employés », se réjouit le chef de service.

L’agrandissement nécessaire pour les nouvelles installations a aussi libéré de l’espace pour d’autres projets de développement durable.

Un précurseur

Cette technique assez récente est déjà utilisée ailleurs dans le monde, comme en Europe, en Colombie et au Madagascar, mais nulle part ailleurs en Amérique du Nord. « On veut être des précurseurs, et inciter d’autres installations », indique M. Gélinas-Proulx.

En tout, le projet a pris un peu moins de deux ans à mettre sur pied. « Ça compte monter le projet, convaincre la direction, obtenir les certificats d’autorisation du ministère de l’Environnement, faire les devis de construction, réaliser les constructions… Ç’a été très rapide », illustre M. Gélinas-Proulx, qui a piloté le projet. Il souligne que le ministère était très emballé et a même appuyé l’initiative avec une subvention.

Tout ce qui a été en contact avec du sang humain est un déchet biomédical, comme les seringues, les scalpels, les tubulures lors des transfusions, etc.

Il existe différentes gammes de déchets biomédicaux, qui nécessitent un traitement différent. Par exemple, les déchets pharmaceutiques doivent être incinérés, pour s’assurer que les molécules ne sont plus actives.

Une fois traités, les déchets ne sont plus considérés comme biomédicaux et peuvent être enfouis en toute sécurité. « Une fois par semaine, on fait des tests, avec des indicateurs biologiques, pour s’assurer que la désinfection est bien réalisée », indique M. Gélinas-Proulx.

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