Sur les traces de nos origines

Par Ève Ménard
Sur les traces de nos origines
Flavie Ménard et Jean-Baptiste Dufresne, vers 1848 (Photo : Journal Ski-se-dit 2009 (Société d’histoire et du patrimoine de Val-David))

Il y a quelques semaines, nous avons publié un texte au sujet d’Athanase David et de sa famille. Dans un commentaire écrit sous l’article, Claude Proulx, qui a été historien du Village de Val-David pendant des années, a laissé entendre que je pourrais être une descendante des premiers colonisateurs de notre territoire, Olivier et Narcisse Ménard. Bien que nos noms de famille soient les mêmes, leur histoire m’était totalement inconnue. Je m’y suis donc intéressée.

Dans les années 1847 et 1848, des arpenteurs se sont rendus pour la première fois sur le territoire de Val-David, sans toutefois s’y installer. C’est à l’été 1849 que les trois premiers colons sont réellement arrivés : il s’agissait des frères Olivier et Narcisse Ménard, ainsi que Jean-Baptiste Dufresne, fiancé à Flavie Ménard, la soeur d’Olivier et de Narcisse. Les trois jeunes hommes arrivaient en provenance du « Grand-Brûlé », qui est aujourd’hui Saint-Benoît, un comté dans Deux-Montagnes.

Paul Carle, président de la Société d’histoire et du patrimoine de Val-David, explique qu’à l’époque, il n’était pas surprenant que des membres de la famille cherchent à s’installer ailleurs. « Quand on avait cinq ou six garçons, on ne pouvait pas diviser la terre pour tous. » Certains devaient donc chercher du travail ailleurs ou développer d’autres terres. C’est ce qui explique que plusieurs milliers de Québécois ont migré vers les États-Unis au 19e siècle, à la recherche d’une vie meilleure.

Ceux qui ont choisi de venir ici, dans les Laurentides, l’ont souvent regretté. « Les arpenteurs l’avaient dit : ce n’étaient pas des terres très fertiles et elles s’épuisaient rapidement », souligne l’historien. On vivait beaucoup plus dans la misère et la subsistance que dans une agriculture prospère.

La Mère Ménard

Et pourtant, les Ménard et les Dufresne se sont établis sur le territoire. Le premier été de leur arrivée, en 1849, ils en ont profité pour ériger des « cabanes temporaires ». L’année suivante, ils se sont installés avec leurs épouses et la « Mère Ménard ». De son vrai nom Marie-Josephe Ménard, cette dernière était la grand-mère de tous les Ménard et les Dufresne de cette époque. On raconte qu’on lui donnait plusieurs surnoms, comme la Mère Ménard, le Vieille Ménard ou encore la veuve Ménard. La légende raconte aussi qu’elle était une femme de grand coeur, mais qui savait imposer le respect. Elle aurait d’ailleurs été d’une stature imposante. Bien que peu d’informations puissent être confirmées sur ce personnage, Paul Carle mentionne qu’elle a agi à titre de sage-femme à plusieurs reprises. Elle aurait participé à mettre au monde un grand nombre des premiers citoyens de Val-David. Même qu’un lac situé tout près de Vallée Bleue tient son nom : Le Lac de la Vieille-Ménard.

La Mère Ménard

Y’avait-il des autochtones sur le territoire?

À Val-David, avant même l’arrivée des Ménard ou le passage des arpenteurs, des peuples autochtones avaient-ils habité les terres? Il semblerait que non. On présume que le territoire a pu servir de lieu de chasse ou de pêche, mais les autochtones ne s’y seraient jamais installés. En effet, Paul Carle souligne qu’il y a aucune trace d’installation ou d’habitation sur le territoire.

À quelques kilomètres de Val-David, sur le territoire de la municipalité de Sainte- Lucie, on retrouve la réserve de Doncaster. Celle-ci avait été créée en 1851 par la couronne britannique. Paul Carle indique que son but consistait à éloigner les Iroquois de Montréal, puisqu’ils étaient « trop près des populations blanches ». Or, les Iroquois n’ont jamais voulu y déménager. Les Blancs se sont finalement installés à certains endroits dans la réserve, ce qui a poussé le gouvernement fédéral à racheter certaines terres. Aujourd’hui, il semblerait que le territoire est utilisé par certains pour la chasse, sans plus. « Il n’y a pas d’aménagements, de construction ou de vie communautaire particulière sur cette réserve-là », affirme Paul Carle.

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