Sophie Desmarais

Photo de Redaction Journal
Par Redaction Journal
Sophie Desmarais
(Photo : Courtoisie )

Coordonatrice de l’organisme l’Ami-e du Quartier

1 – Avez-vous un souvenir précis de l’évènement du 6 décembre 1989, ou en avez-vous entendu parler? Décrivez la situation.  

La journée de ce drame j’étais au Cégep de Ste-Thérèse. J’avais 17 ans et je me souviens d’avoir entendu, à mon retour, l’histoire de cette tragédie à la radio. En arrivant à la maison, j’ai tout de suite allumé ma télévision pour en savoir plus.

2- Qu’est-ce que l’évènement a déclenché chez vous? Quelles sont les émotions ressenties?  

J’ai eu très peur, je me disais que ça pouvait arriver n’importe où. Est-ce que j’étais en sécurité dans des lieux publics? J’ai eu beaucoup de peine pour ces femmes tuées et blessées. Je pensais aux familles, elles devaient être inquiètes et anéanties par ce drame. J’étais jeune mais j’étais très fâchée de cette situation. Comment étais ce possible, ici au Québec, une telle violence envers des femmes?

3- Quel est l’impact qu’un tel évènement a-t-il eu sur votre choix de carrière ou comment cela a-t-il influencé votre vie en général? 

Mon choix de carrière n’a pas nécessairement été influencé par cette tragédie mais plutôt par mon expérience de vie.

4- En lien avec l’évènement, comment votre vision de l’éducation des enfants a-t-elle été influencée?  

Pour ma part il est très important d’éduquer nos garçons de façon moins rigide. Cet à dire dans des rôles moins stéréotypés et pour les filles la même chose. Fini le temps où les garçons travail dehors et que les filles font la vaisselle. Un garçon doit passer l’aspirateur, faire le lavage et s’occuper de l’entretient de la maison comme une fille et vice versa, une fille peut aller tondre le gazon. Il faut défaire ces carcans. Fini aussi le temps de dire t’ai un homme pleur pas, t’ai un homme t’as pas mal. Nous devons encourager nos petites filles à aller vers des métiers non traditionnels. Dernière chose très importante, arrêter de montrer des images de femme poupée, les cils, les seins, les lèvres refaites, tout doit être parfait. Ce n’est pas ça une femme, éduquer nos petites filles pour qu’elles soient bien dans leur corps.

5- 30 ans plus tard, quelle est votre perception de la place de la femme dans la société actuelle?  

Pour moi la femme a la même place que l’homme. Le sexe à aucun rapport avec la place que nous avons dans la société. Une femme peut être policière, pompière, en construction, peu importe. L’important c’est que chaque être humain soit épanoui et bien dans sa vie.

6- Avez-vous été témoin d’une évolution dans la société ou chez l’ouverture d’esprit des hommes? Si oui, la décrire.  

Un peu, si je pense aux papas par exemple. Je ne voyais jamais ou très rarement des pères monoparentaux. Aujourd’hui c’est de plus en plus fréquent. Un papa qui a la garde partagée ou carrément la garde complète de leur enfant. Aussi, jamais un père changeait une couche maintenant les responsabilités sont divisées en deux. Mais notre société est malheureusement encore très sexiste. Les salaire homme/femme ne sont toujours pas à travail égal salaire égal. Encore beaucoup de femme vive de l’intimidation au travail parce qu’elles sont dans des métiers dit non conventionnels. Il reste beaucoup de travaille à faire.

7- Comment s’exprime le féminisme d’aujourd’hui à vos yeux? Quelle est sa place?  

Tant qu’il y aura des injustices hommes/femmes, le féministe aura sa place. Dans les faits le féministe c’est de pouvoir jouir de la même liberté et des mêmes droits que les hommes. Beaucoup de portes se sont ouvertes grâce au femme féministe. Maintenant c’est moins radical que dans le temps, nous avons moins de batailles à menées même s’il en reste beaucoup à faire. Aujourd’hui les femmes n’ont plus à se poser de question face à leur choix de carrière, elles peuvent aller dans le domaine qu’elles veulent et peuvent aussi avoir des enfants.

8- Quelle est votre perception des nouvelles expressions du féminisme à travers les mouvements sociaux récents ou actuels (exemple: les mouvements #MeToo et #MoiAussi)? 

Il faut parfois être plus radical dans nos gestes et crier haut et fort que nous voulons l’égalité. Je ne peux pas être contre un mouvement qui combat les violences faites aux femmes. MeToo en est un bel exemple. Ce mouvement à permis à de nombreuses femmes de se libérer en dénonçant les agressions et le harcèlement qu’elles subissent au quotidien.

9- Avez-vous vécu des réticences ou des traitements différents au cours de votre parcours professionnel parce que vous êtes une femme?  

Lorsque j’étais dans la vingtaine je travaillais dans le magasin de vélo de mes parents, situé à Montréal. Je répondais aux gens au comptoir, pour des pièces, des ventes et réparations. Très souvent on me demandait est ce que tu connais ça? « Bin non je suis ici par parure ». D’autres personnes moins gênées me demandaient carrément de parler avec un homme. Je me sentais toujours obligé de prouver que j’étais capable, je me surpassais pour montrer que j’étais aussi bonne que les gars qui travaillaient avec moi. Dès que j’ai commencé a travailler dans le communautaire, j’ai senti la pression baissée, beaucoup moins de préjugées, je suis dans un milieu de femme. Par contre, ça en dit long, le social c’est pour les femmes. C’est encore du sexiste.

10- Dans un monde idéal, quelle serait votre souhait de société pour les générations futures?  

Ne plus avoir de sexe attribué à une personne, c’est un être humain point à la ligne. Nous sommes tous égal, hommes et femmes. Tout le monde à droit de vivre les mêmes expériences ou de choisir son métier ou de faire une chose ou une autre, indépendamment de son sexe.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'abonner  
Notifier de