Sophie Bourgeois a construit son nid de ses propres mains

Sophie Bourgeois a construit son nid de ses propres mains
Sophie Bourgeois en compagnie de sa fille Charlie. PHOTO: courtoisie

La comédienne Sophie Bourgeois a choisi les Pays-d’en-Haut comme milieu de vie et, pendant trois ans, elle y a bâti son nid, du défrichage de son terrain jusqu’à la finition intérieure de cette maison vitrée, dans le bois, qui lui donne l’impression, de l’intérieur, d’être à l’extérieur.

« J’ai déjà rénové quatre maisons et je ne voulais pas passer du temps sur quelque chose qui était déjà construit et vieux. J’ai donc acheté deux modules de maison Bonneville, j’ai dessiné le plan du premier étage et j’ai fait affaire avec un entrepreneur en mettant moi aussi la main à la pâte. »

Suite à sa séparation d’avec le père de ses enfants, Charlie 10 ans et Tomi 6 ans, Sophie a décidé de repartir à neuf. Désirant avoir accès au lac dont elle rêvait depuis 20 ans, elle a acheté un terrain et une tronçonneuse et a défriché son nouveau lieu de vie avec l’aide d’un bûcheron qui lui a enseigné comment abattre des arbres. Puis, ce fut le défilé des soumissions pour le dynamitage, l’excavation, le forage du puits, la fondation, un enfant d’un an et demi sur la hanche et l’autre de cinq ans et demi à l’école.

« J’avais besoin, après ma séparation, alors que mon monde s’écroulait et que ma famille se dissociait, d’être dans une création physique. Je désirais me bâtir un nid duquel je n’aurais plus à bouger si je n’en avais pas envie. Ça a été une période intense, mais salvatrice qui m’a permis de traverser cette étape difficile. »

Avec Tomi qui vient d’entrer à la maternelle et la maison terminée… quoique, ce genre de projet ne se termine jamais vraiment tout à fait…, Sophie trouve que sa vie dans le Nord commence à ressembler à ce qu’elle avait imaginé. Fondeuse invétérée, elle adore les sentiers du centre de ski Gai-Luron.

« J’ai une vie très active physiquement. Je fais du ski de fond presque tous les jours de l’hiver! Je suis une mordue! C’est mon héroïne! L’été, c’est la baignade quotidienne dans mon lac. Je cours aussi dans les sentiers près de chez moi. J’ai besoin d’être dans la forêt, de respirer du bon air. Le contact avec la nature est important pour moi. »

Comme Sophie a deux vies, une avec ses enfants et l’autre seule, elle fait plutôt du ski alpin et du patin avec eux l’hiver, du tennis et de la natation l’été.

Dans son  mode de vie, Sophie Bourgeois tente le plus possible de faire ses propres choses. « Je fais mon pain, ma mayonnaise. Le printemps dernier, on a ramassé l’eau d’érable et j’ai fait notre sirop. Cet été, j’aimerais me construire une serre pour pouvoir faire pousser mes légumes. Tout est dans la satisfaction de savoir ce qu’il y a dans ce qu’on mange et de connaître d’où viennent nos aliments et comment ça a poussé. Je coupe mes bouleaux qui sont en train de mourir pour faire mon bois de chauffage que je corde. J’adore ça. C’est très exigeant question temps, mais ça me fait grand bien de savoir que j’ai une certaine autonomie. Je me dirige de plus en plus vers ça. Je manque de temps pour faire tout ce que je voudrais parce que j’ai deux enfants à nourrir et que j’ai un métier, mais j’aimerais vraiment faire pousser mes légumes et faire toute ma nourriture… Ça me rend très heureuse de parler de ça! »

Et dans la maison, seule, qu’aimez-vous faire?

« Dans les dernières années, le moindre temps de libre me servait à finir l’intérieur de ma maison. J’ai fait la céramique, les planchers, j’ai vraiment travaillé fort. Aussitôt que j’ai eu fini, j’ai eu envie d’aller m’entraîner dans la nature.

Parfois, le soir, j’aime bien m’écraser avec une couverture devant mon feu de foyer et regarder une série. J’en ai tellement à voir et à rattraper. Mais récemment, j’ai une forte envie de me remettre à écrire et ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Il faut dire que, pour moi, avoir des enfants et m’occuper d’eux a tellement été grand et prenant dans ma vie que je n’avais plus envie d’écrire ou d’avoir de gros projets comme ça. J’ai eu mes enfants tard et j’ai une conscience aiguë du temps qui file. Mon désir est donc de maximiser mon temps auprès d’eux durant leur petite enfance. »