Sébastien René : L’art de jouer des rôles jeunes et atypiques

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Par Martine Laval
Sébastien René : L’art de jouer des rôles jeunes et atypiques

À cause de sa taille et de son visage plutôt« junior », Sébastien René est souvent sélectionné pour jouer un enfant ou un jeune atypique. Il démontrera son talent dans une pièce à l’affiche du Théâtre Gilles-Vigneault tout l’été, « Le bizarre incident du chien pendant la nuit ».

 

De par sa taille menue et son visage aux yeux encore emplis d’émerveillement enfantin malgré ses 37 ans, Sébastien René est souvent choisi pour jouer des rôles qui l’amènent à faire remonter à la surface son enfant intérieur. Lui qui adore se transformer et explorer des zones inconnues, il se fond dans le rôle qu’on lui offre et acquiert les comportements physiques et mentaux pour trouver la vérité du personnage à incarner. « Il faut retrouver cette naïveté perdue avec le temps, ce désir et cette soif d’apprendre qu’ont les enfants », indique l’acteur.

Quant à savoir comment il se prépare à ces rôles atypiques qu’on lui fait jouer, c’est avec le metteur en scène que ça se passe. « J’ai beaucoup de caractère. Je ne suis pas grand mais j’en ai dedans, réplique-t-il en riant. Comme les enfants que j’interprète sont souvent prompts à répondre, je teste avec celui qui me dirige jusqu’où je peux aller dans mon jeu et quel angle on prend. J’arrive ensuite avec une proposition franche et on travaille à partir de ça. »

Un rôle exigeant

Le personnage de Christopher, 15 ans, atteint du syndrome d’Asperger, qu’il jouera dans « Le bizarre incident du chien pendant la nuit », lui a certes demandé une préparation, mais son expérience antérieure lui a grandement servie. « Ce rôle demande un travail considérable, car c’est une pièce de deux heures durant lesquelles, à part le moment de l’entracte, je ne quitte pas la scène. Ce sont les autres acteurs qui viennent de scène en scène se greffer à l’histoire. C’est la première fois que je vis une telle expérience de théâtre qui demande un travail physique aussi important pour une présence scénique constante, même si c’est l’autre qui parle. »

S’entraînant donc physiquement en courant et en marchant, Sébastien René avoue toutefois que l’attitude de l’enfant qu’il doit adopter lui est facilitée par son expérience de vie. « J’ai grandi avec six enfants autistes que ma tante gardait dans sa maison. Je réanime donc ce que j’ai vu quand j’étais jeune et j’imite entre autres Stéphane ou Raymond dans leurs moments de crises et leur façon de parler. C’est à partir de ça que le metteur en scène et moi avons créé le personnage de Christopher, en s’ajustant au fil du scénario. »

Quant aux écarts de comportement que demande le jeu du rôle de cet enfant, le comédien raconte : « Il y a des ruptures drastiques entre dire une phrase naturellement et l’autre avec colère, ne jamais regarder quiconque dans les yeux et ne pas supporter d’être touché. Je suis donc dans ma bulle et je « jazze » dans cette bulle tout au long de la pièce. Le rôle demande de prendre conscience de la différence et de l’interpréter sans jugement. »

Alors qu’une fois de plus l’art confirme sa portée sur la réaction des gens, il semble que « Le bizarre incident du chien pendant la nuit » soit une pièce qui fait réagir, confronte, conforte et fait réfléchir. Une pièce profonde, sensible et instructive.

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