Rue Lamontagne : Pourquoi Saint-Jérôme permet du développement résidentiel sur une artère ?

Françoise Le Guen
Rue Lamontagne : Pourquoi Saint-Jérôme permet du développement résidentiel sur une artère ?
Les résidents de Mirabel-en-Haut et Saint-Colomban doivent maintenant passer par la côte Saint-Nicholas, notamment devant un centre d’études professionnelles et une écolesecondaire. (Photo : Françoise Le Guen)

Un litige oppose les villes de Saint-Colomban et Saint-Jérôme depuis que cette dernière a installé une signalisation qui interdit aux citoyens en provenance de la rue Saint-Nicholas d’emprunter la rue Lamontagne, une artère qui permet d’accéder directement à l’autoroute 15.

 

Dernièrement, on apprenait que c’est la Cour municipale du Québec (CMQ) qui sera finalement amenée à trancher. Mais d’où est parti ce conflit ?

Il apparait que la rue Lamontagne est une artère et que Saint-Jérôme y permet de construire des maisons unifamiliales.

C’est ce que révèle le maire de Saint-Colomban, Xavier-Antoine Lalande, rappelant l’historique.

Tout a commencé lorsque Saint-Jérôme a décidé de vendre la Terre à Pilon où se trouve maintenant un grand nombre de commerces (Buffet des Continents, Costco, Walmart, etc.). « Dans les années 1990, la Ville avait eu l’appui de la Chambre de commerce de Saint-Jérôme, dans l’audition du BAPE, pour développer une activité commerciale qui permettait aux secteurs de Bellefeuille, Mirabel-en-Haut et Saint-Colomban d’avoir accès à un quartier commercial ». Pour cette raison aussi, explique-t-il, Saint-Jérôme demandait au Ministère des Transports (MTQ) de construire un échangeur au-dessus de l’autoroute 15. Et la rue Lamontagne était prévue pour être une unité collectrice artérielle pour accéder à la 15 et permettre aux résidents des quartiers Bellefeuille, Mirabel-en-Haut et Saint-Colomban d’avoir accès à ce secteur commercial ».

Équilibre bouleversé

« Saint-Jérôme a fait faire la rue au début des années 2000 avec une orientation d’être une artère, qui par définition amène à une autoroute. La rue a été faite pour accueillir entre 8 000 et 30 000 voitures par jour, continue-t-il. Au cours des années, Saint-Jérôme a permis des constructions de maisons unifamiliales. Et, au fil du temps, les gens ont oublié qu’ils étaient situés sur une artère. Les citoyens ont commencé à se plaindre de la circulation. Le maire de Saint-Jérôme a décidé d’agir, de transformer l’artère en rue locale avec tout l’impact que cela a. »

Selon lui, l’élément essentiel est que ça a concentré un gros pourcentage de circulation sur la côte Saint-Nicholas, « ce qui force une division de la circulation vers l’échangeur de Martigny et l’entrée 41 de l’autoroute 15. Or, quand on lit le rapport du BAPE dans les années 1995, l’échangeur de Martigny était déjà saturé. »

Pour Xavier-Antoine Lalande, cette décision de Saint-Jérôme fait fit de toutes les données et vient bouleverser tout l’équilibre de la circulation de ce secteur-là. « Et force les populations des deux villes (Mirabel-en-Haut et Saint-Colomban) à passer sur Saint-Nicholas, en face d’une école professionnelle et d’une école secondaire, au lieu d’avoir un parcours beaucoup plus efficace qui était sur Lamontagne. Actuellement, la solution de Saint-Jérôme c’est de mettre 100 % de la circulation sur Saint-Nicholas, nous, c’était d’aller dans toutes les directions afin qu’il y ait un pouvoir de dilution. L’intersection séparait le flux de circulation ».

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