Pour le meilleur et pour le pire

Par France Poirier
Pour le meilleur et pour le pire
Charles Desjardins-Langlois

Le 23 septembre, il a appris que sa conjointe ne survivrait probablement pas à la leucémie. Le jour même, entre deux sanglots, il lui a demandé : « Et si on se mariait? »

Vincent Labelle-Baril, 33 ans, et Caroline Vaudry, 32 ans, de Saint-Jérôme se sont dit oui le 2 octobre, un peu plus d’une semaine après le diagnostic. Le mariage a eu lieu devant parents et amis, dans une partie de la cafétéria de l’hôpital aménagée pour l’occasion. Mère de deux fillettes, Caroline vivait une rupture en 2017 quand le couple devient amoureux. « C’est la soeur d’un de mes bons amis depuis une vingtaine d’années. Lorsqu’elle a vécu sa séparation, je suis allé l’aider à déménager et c’est là que ç’a cliqué entre nous », confie Vincent.

Un tsunami en pleine pandémie

En mars 2020, il n’y a pas juste la pandémie qui a chamboulé la vie du jeune couple. « En mars ou avril de cette année-là (il n’est plus certain), Caroline s’est retrouvée à l’urgence parce que de gros bleus apparaissaient sur son corps et elle avait une grande fatigue. Après quelques heures, un diagnostic de leucémie est tombé. Elle a reçu cette nouvelle seule et ç’a tout pris pour que je vienne la voir et la serrer dans mes bras. L’infirmièrecheffe a accepté ma visite, considérant que c’était une visite humanitaire pour le bien psychologique de sa patiente. On a beaucoup pleuré ensemble. Ce n’était pas drôle à vivre. » À ce jour, il apprécie grandement le jugement dont a fait preuve cette infirmière, alors que tout était fermé dans le début de la pandémie.

Vincent et Caroline tiennent à remercier l’entreprise L’Art ma passion de l’Assomption qui a organisé la salle. La propriétaire Mélanie a été touchée par son histoire et a offert ses services. La boutique Aiguille et Bouton d’or de Drummondville où la robe a été achetée a fourni beaucoup d’articles pour l’événement. La plaque signature a été offerte par Léa Pépin de La Paperasserie de Saint-Sauveur. Une amie, Cindy Gagnon-Carey, a réalisé le gâteau et Valérie Juteau a ajusté la robe de la mariée. La Bijouterie BFM de Saint-Jérôme a offert un bon rabais pour permettre à Vincent de se procurer des alliances. Finalement, José Weightman, un ami, a agi comme célébrant et le photographe Charles Desjardins- Langlois est aussi un ami. Des membres du personnel de l’hôpital ont facilité la réalisation de ce projet.

Son corps est réfractaires aux traitements

Elle est hospitalisée la première fois plus de 40 jours pour recevoir des traitements de chimiothérapie et pour reprendre des forces. Rapidement, on réalise que le traitement ne fonctionne pas. On fait l’essai d’un deuxième traitement et passe un autre mois à l’hôpital. Ça ne fonctionne pas non plus. Elle se retrouve aux soins intensifs. À plusieurs reprises, les médecins ont peur de la perdre.

Accrochés à l’espoir

Du jour au lendemain, la famille a dû s’organiser, alors que Caroline a perdu ses revenus. Son conjoint a aussi manqué beaucoup de travail pour l’aider. « Nous avons reçu beaucoup d’aide de nos familles, de nos amis », tient-il à spécifier.

« Malgré cette maladie, cette épreuve difficile, les difficultés financières, Caroline est la femme que j’aime et je souhaite rester à ses côtés, lui offrir le meilleur, la supporter, être présent pour elle. Se marier dans ces circonstances est une façon de lui dire que je l’aime énormément et que j’espère vivre mes vieux jours avec elle. C’est un message d’amour et d’espoir. »

À l’hôpital depuis le 20 août

Hospitalisée depuis le 20 août, parce qu’elle faisait beaucoup de fièvre, Caroline a développé plusieurs complications. Le 23 septembre, le médecin les rencontre et leur dit qu’il n’y a plus de traitement possible. « On a pleuré ensemble et je lui ai demandé :  » Qu’est-ce tu penses si on se mariait? ‘’Je lui ai fait réaliser que si on se mariait, ça devait se faire à l’hôpital. Elle était contente avec l’idée, ça la rendait heureuse. C’est un souhait qu’on avait depuis longtemps, mais qu’on repoussait toujours pour toutes sortes de raisons. »

Il avait peu de temps. Il a parlé avec une infirmière et au personnel. Finalement, c’est une portion de la cafétéria qui a servi de lieu pour la cérémonie. La chapelle de l’hôpital ne permettait d’accueillir que six personnes, alors qu’ils ont pu être 25.

Il raconte que jusqu’au mercredi avant le mariage, il craignait qu’elle ne puisse assister au mariage et même qu’elle décède avant. Puis, contre toute attente, Caroline a eu un surplus d’énergie et de bonheur qui ont permis que le mariage ait lieu.

Caroline et Vincent ont uni leur destinée à l’Hôpital
de Saint-Jérôme.

« Même si les chances qu’elle s’en sorte sont très minces, je me permets de croire au miracle. Ça me permet de garder espoir. Actuellement, il ne me reste que l’espoir et la foi. Je m’y accroche. »

Organiser un mariage en 7 jours

Il a raconté son histoire sur les réseaux sociaux et plusieurs personnes ont levé la main pour l’aider. Des entreprises d’un peu partout ont offert leurs services gratuitement ou à moindre coût. « J’ai eu de l’aide de partout, je suis vraiment chanceux d’avoir eu tout cet amour et ce soutien pour réaliser un mariage en 7 jours. Seul, je n’y serais pas arrivé. Mais ensemble, avec l’aide de tous, Caroline et moi avons eu une très belle journée de mariage », conclut Vincent.

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France Robidoux
France Robidoux
14 days ago

Très touchant.

Anny
Anny
12 days ago

Wow! Une superbe et belle histoire très touchante, je vous souhaite beaucoup de bonheur!!!