Mères de 4 enfants issus de la DPJ : « C’est comme tomber en amour »

Par France Poirier
Mères de 4 enfants issus de la DPJ : « C’est comme tomber en amour »
Céline Gascon et Chantal Lapointe ont adopté 4 enfants de la DPJ: Sébastien, Gabriel, Liliane et Rosie. (Photo : Josée Pilotte)

En couple depuis près de 20 ans, Céline Gascon et Chantal Lapointe ont décidé de former une famille en adoptant quatre enfants de la DPJ. En plus les enfants sont tous issus de la même fratrie. Ils ont tous la même maman biologique.

« Pour ceux qui craignent devoir se détacher d’un enfant qu’ils accueillent, je leur dirais que c’est comme tomber en amour. Quand ça arrive, tu ne sais pas combien de temps l’autre sera à tes côtés. Pour moi, c’est pareil. Je pense que si on a ça dans le cœur, il faut regarder ça un jour à la fois. Quand je l’ai fait, j’étais plus vieille que la moyenne : j’avais 52 ans. Je me suis dit qu’à la fin de ma vie, je ne voudrais pas avoir de regret.  C’est un don de soi être famille d’accueil! », souligne Céline.

Pourquoi ne pas vous être tournées vers d’autres options comme l’insémination ou l’adoption internationale ? « Il y a dix ans, Chantal est tombée enceinte. À 37 semaines, le coeur du petit garçon a arrêté de battre et elle a dû accoucher de notre fils. C’est encore difficile d’en parler. À partir de ce moment, on savait que les enfants feraient partie de notre vie. On ne voulait pas aller vers l’adoption internationale. On s’est dit qu’il y a tellement d’enfants ici qui ont de grands besoins, alors c’est pour ça que l’on s’est tournées vers la DPJ », explique Céline.

Pourquoi devient-on famille d’accueil ? « Mes grands-mères ont été un exemple. Même en ayant leurs propres enfants, elles ont été famille d’accueil. On a toujours été très accueillants envers les autres. C’est l’une des choses que j’ai apprises dans la vie. On me disait que j’étais la mère Teresa de la famille. Il est clair que je n’aurais pas eu d’enfant personnellement, mais j’ai toujours voulu adopter », ajoute Céline.

« De mon côté, j’ai deux demi-frères qui ont grandi dans des centres jeunesse, il y a une trentaine d’années. Ce n’était pas évident pour eux. J’ai connu le milieu comme ça. On voulait des enfants pour nous, mais en plus, on voulait aider. C’était une belle option », explique Chantal.

Elles ont quatre enfants : Sébastien 4 ans, Gabriel 7 ans, Liliane 8 et Rosie 9. « Ils ont tous la même mère, ils le savent et connaissent leur histoire. On parle de la mère biologique et on répond à leurs questions », poursuit Chantal. Elles désirent aider d’autres enfants, mais de façon temporaire. « Pour les jeunes enfants, je crois que c’est terminé pour nous. Nos enfants ont tous de grands défis et de grands besoins et c’est exigeant. Par ailleurs, on aimerait aider des adolescentes. Beaucoup ont besoin d’une famille. »

De grands défis à surmonter

« Nous avons eu la chance toutes les deux d’avoir de beaux exemples dans nos familles respectives, ce qui n’est pas le cas de tous les parents. Les défis de nos enfants sont liés à la consommation de la mère. Elle consommait des drogues, de l’alcool pendant ses grossesses. Alors les enfants naissent avec de grands défis : trouble de comportement,  d’apprentissage et trouble attachement. On vit dans une société qui normalise beaucoup et c’est triste pour ceux qui ont des différences », explique Céline.

« Les quatre ont des difficultés différentes. Les enfants sont très attachés, surtout les deux plus jeunes qui sont arrivés à 3 et 5 jours. Ils ne connaissent rien d’autre que nous. La plus vieille se rappelle avoir été ailleurs, mais les trois autres n’ont aucune connaissance. On est leur famille. »

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