La mémoire des Laurentides pourrait disparaître

La mémoire des Laurentides pourrait disparaître

Linda Rivest, directrice générale et archiviste.

Crédit photo : PHOTO: Cyndie Chouinard

Manque de financement

La Société d’histoire de la Rivière-du-Nord (SHRN) s’inquiète de son avenir en raison d’un manque de financement. Cette situation est répandue parmi plusieurs autres membres du Regroupement des services d’archives privées agréés du Québec (RSAPAQ).

Depuis quelques mois, le RSAPAQ dénonce particulièrement le manque de soutien dont sont victimes les 39 organismes qu’il représente. La SHRN, qui a pignon sur rue à Saint-Jérôme, est l’un des deux seuls centres agréés des Laurentides.

Pour garder cette mémoire collective bien vivante, il faut des archives, des archivistes et des centres d’archives dans les régions!

Partenaire privilégié de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), la SHRN est reconnue pour son expertise, pour la qualité de ses mesures de protection et de préservation des archives, ainsi que pour la diffusion de ses trésors auprès de la population.

Sa mission est de conserver, protéger et mettre en valeur le patrimoine archivistique provenant principalement du territoire de la MRC de la Rivière-du-Nord. En préservant des archives privées, en permettant aux citoyens d’y avoir accès, et en faisant découvrir l’histoire par l’entremise de diverses activités, la SHRN contribue à l’enrichissement de la mémoire collective et au rayonnement des Laurentides.

Groupe lors d’une fête hivernale.

Le nerf de la guerre : l’argent

Pour maintenir ces archives dans les Laurentides et les rendre accessibles à la population, il faut des moyens. Le nouveau programme d’agrément de BAnQ prévoit soutenir seulement 25 services d’archives à travers le Québec. Le principal critère pour l’octroi de ce soutien financier sera la performance et non le territoire desservi.

Pour la directrice générale et archiviste de la SHRN, Linda Rivest, il s’agit d’un non-sens. « On nous demande de nous autofinancer en offrant des services en archivistique à la population et aux organismes. Mais pendant que nous développons ces activités secondaires pour survivre, nous ne nous concentrons pas sur notre mission première qui est l’acquisition, le traitement et la diffusion de fonds d’archives », déplore-t-elle.

Selon le RSAPAQ, plusieurs services d’archives agréés pourraient fermer dans les prochains mois et les prochaines années. « Des archives accumulées en région depuis plusieurs décennies seront alors transférées dans les grands centres urbains et des histoires d’individus, de familles et d’organismes pourraient disparaître à jamais », craint Linda Rivest.

Groupe de skieurs près des chutes Wilson.

Un désastre en vue?

Malgré l’inquiétude qui pèse sur l’avenir de la SHRN, sa directrice tente de rester optimiste. C’est en effet le seul organisme culturel professionnel à offrir ici des services dans son créneau.

De plus, depuis quelques années, l’expertise de son personnel est sollicitée par des administrations municipales, des entreprises, des organismes et d’autres sociétés d’histoire des Basses et Moyennes Laurentides.

Il n’en demeure pas moins que la disparition de l’organisme constituerait un désastre sur le plan patrimonial, en plus de mener à l’abolition de deux emplois spécialisés en archives historiques en région.