Matières résiduelles : La renaissance du compost

Par Simon Cordeau
Matières résiduelles : La renaissance du compost
Les retourneurs mécaniques brassent périodiquement les andains pour les oxygéner. La chaude humidité à l’intérieur est libérée et se condense en fumée blanche. (Photo : Courtoisie)

Que ce soit vos restants de table, votre gazon coupé l’été ou vos feuilles mortes d’automne, toutes les matières organiques finissent par pourrir. Mais où et comment elles sont décomposées peut faire toute la différence quant à leur impact environnemental. Visite d’un centre de compostage avec Daniel Miron, président de Mironor.

Lorsque les matières organiques arrivent au centre de compostage, un tri est fait pour enlever les corps étrangers (comme le verre et autres matières non-compostables) et pour retirer les feuilles et le gazon des sacs de plastique. On vous recommande d’ailleurs de laisser votre compost en vrac dans votre bac, ou dans des sacs de papier, pour faciliter le travail du centre de compostage.

Les différents types de matières organiques sont ensuite combinés selon une recette pour maximiser leur décomposition et la qualité du compost qui en résultera. Les branches sont retirées pour être broyées, avant d’être intégrées au mélange. Mironor traite aussi les boues de fosses septiques. Elles sont d’abord déshydratées, puis compostées à part.

Enfin, le mélange est disposé en andains. Les andains sont des monticules triangulaires d’environ 3 mètres de haut et de 4 à 5 mètres de large, qui forment des rangées de plusieurs dizaines de mètres. Ils sont aménagés à l’extérieur, à l’air libre, bien que quelques andains soient couverts.

Dans ces andains, les microorganismes déjà présents dans la matière organique s’attellent à la tâche. Pour faire leur travail de décomposition, ils ont besoin d’oxygène et d’humidité. Cette activité génère aussi de la chaleur, et l’intérieur des andains peut monter jusqu’à 60ºC.

Le saviez-vous?

Si la décomposition est faite en présence d’oxygène, elle produit du gaz carbonique (CO2). Si l’oxygène est absent (lorsque la matière est enfouie par exemple), la décomposition produit alors du méthane (CH4). Les deux sont des gaz à effet de serre (GES), mais 1 kg de méthane dans l’atmosphère équivaut à 25 kg de gaz carbonique!

C’est pourquoi il est préférable de composter les matières organiques plutôt que de les enfouir.

Avec le temps, les andains s’affaissent et se compactent, ce qui réduit leur température et la circulation d’air, et ralentit la décomposition. Des retourneurs mécaniques brassent donc les andains à fréquence régulière, aux 7 à 10 jours, pour s’assurer que la décomposition continue efficacement.

Le taux d’humidité peut aussi ralentir la décomposition, si elle est trop basse ou élevée. Au besoin, les andains sont soit arrosés, soit retournés plus souvent pour favoriser l’évaporation.

Enfin, la température ambiante affecte le processus. L’été, par exemple, le gazon prend de 3 à 4 mois à se décomposer, alors que les feuilles mortes, qui arrivent à l’automne, prennent jusqu’à 6 mois. « L’hiver, le processus est au ralenti. Plus la température est basse, plus c’est long », explique M. Miron. Les différentes matières ne prennent pas toutes le même temps à se décomposer non plus.

Économie circulaire

Une fois la décomposition terminée, le compost est tamisé pour enlever les contaminants, comme des morceaux de verre, de plastique ou de métal. Le compost est ensuite vendu en vrac. Les particuliers, les entreprises et les municipalités l’utilisent pour le jardinage, l’aménagement paysager, l’agriculture ou comme engrais.

En plus de réduire l’émission de gaz à effet de serre (GES), le compostage contribue à l’économie circulaire. « Ce sont toutes des matières qui peuvent être réutilisées », souligne M. Miron. Dans ce nouveau compost pousseront des produits agricoles, des fleurs et du gazon qui termineront leur vie dans le bac brun, avant de recommencer le cycle et de nourrir la terre à nouveau.

Mironor, à Brownsburg-Chatham, reçoit les matières organiques de la MRC de La Rivière-du-Nord, mais aussi de Montréal, de Laval et de la Couronne Nord.

Dans la MRC des Pays-d’en-Haut, Sainte-Adèle, Estérel et Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson envoient leur compost à Compo Recycle, à Chertsey.

Lac-des-Seize-Îles, Saint-Adolphe-d’Howard, Morin-Heights, Wentworth-Nord, Piedmont, Saint-Sauveur et Sainte-Anne-des-Lacs envoient le leur à Englobe, à Lachute.

 

 

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