Marie-Hélène Gaudreau

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Par Redaction Journal
Marie-Hélène Gaudreau
(Photo : Courtoisie )

Députée de Laurentides-Labelle

1 – Avez-vous un souvenir précis de l’évènement du 6 décembre 1989, ou en avez-vous entendu parler? Décrivez la situation.  

Oui, j’ai eu des discussions avec mes parents les jours suivants et, comme ils travaillaient tous les deux dans le milieu de l’éducation, je crois que ça m’a permis de mieux comprendre, malgré mon jeune âge.

2- Qu’est-ce que l’évènement a déclenché chez vous? Quelles sont les émotions ressenties?  

La principale émotion qui m’a traversé a été de l’incompréhension, mais ensuite j’ai ressenti le besoin d’apprendre à me défendre dans un monde d’homme. Ça m’a poussé à me dépasser afin de prouver que j’étais capable de tout faire, toute seule!

3- Quel est l’impact qu’un tel évènement a-t-il eu sur votre choix de carrière ou comment cela a-t-il influencé votre vie en général?  

Je dirais que ça n’a eu aucun impact sur mes choix de carrières, car je les ai fait en fonction de mes intérêts, mais comme je l’ai mentionné plus haut, j’ai ressenti le besoin de prouver, à moi-même et aux autres, tout ce dont j’étais capable.

4- En lien avec l’évènement, comment votre vision de l’éducation des enfants a-t-elle été influencée?  

Il faut dire que j’étais encore très jeune lorsque ce drame est survenu, donc je n’avais pas encore une vision arrêtée sur le système d’éducation, mais ça l’a fort probablement influencée. Pour moi, l’éducation passe par le respect de tous, l’équité et l’égalité des chances, et elle doit être faite sans jugement, aucun.

5- 30 ans plus tard, quelle est votre perception de la place de la femme dans la société actuelle?  

Les femmes occupent une place de plus en plus importante dans notre société, que ce soit en affaires, en sciences ou en politique, et c’est bien mieux ainsi : nous devons prendre notre place. Maintenant, il faut jeter les bases d’une société où à compétences égales les opportunités et les salaires sont égaux.

6- Avez-vous été témoin d’une évolution dans la société ou chez l’ouverture d’esprit des hommes? Si oui, la décrire.  

Oui, mais il reste encore tellement à faire, c’est d’ailleurs pourquoi c’est encore un moment qui marque l’actualité et ça le restera tant que la question ne sera pas réglée.

7- Comment s’exprime le féminisme d’aujourd’hui à vos yeux? Quelle est sa place?  

Le féminisme d’aujourd’hui s’exprime au niveau de l’autonomie des femmes dans tous les domaines tant professionnels que personnels. Selon moi, les femmes aiment se sentir fortes, compétentes et surtout respectées à leur juste valeur. La place du féminisme est donc toujours aussi importante puisque les femmes qui ont un travail atypique ou d’une haute importance se font encore et toujours demander comment elles parviennent à concilier travail et famille.

8- Quelle est votre perception des nouvelles expressions du féminisme à travers les mouvements sociaux récents ou actuels (exemple: les mouvements #MeToo et #MoiAussi)?

Ces mouvements ont levé le voile sur une problématique mondiale qui, jusqu’alors, était trop souvent passée sous silence. Maintenant, les victimes qui osent dénoncer leurs agresseurs sont mieux vues, et surtout écoutées, par la société. C’est une avancée importante, et je suis persuadée que d’autres suivront.

9- Avez-vous vécu des réticences ou des traitements différents au cours de votre parcours professionnel parce que vous êtes une femme?

Personnellement, je n’ai jamais ressenti de réticences ou de traitements différents en lien avec mon sexe dans tout mon parcours professionnel. Pourtant, j’ai débuté ma carrière avec d’importantes responsabilités dans un milieu typiquement masculin, l’industrie forestière! Mais, de par ma nature, je suis parvenue à m’y tailler une place, entre l’arbre et l’écorce.

10- Dans un monde idéal, quelle serait votre souhait de société pour les générations futures?

Je leur souhaite de vivre ensemble, heureux, dans une société où tous se respectent peu importe leur sexe, leur orientation, leurs origines ou leurs croyances. Bref, une société où tous se traitent d’égaux à égaux. Et bien sûr, dans ce monde idéal, je leur souhaite un Québec pays!

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