Marie-Eve D’Amours la première deMOIS’aile

Par Sandra Mathieu
Marie-Eve D’Amours la première deMOIS’aile

Oser être soi

C’est en marchant au cœur de son terrain de jeu de prédilection et lieu de ressourcement préféré dans les sentiers bordant la rivière aux Mulets à Sainte-Adèle, à un lancer de pierre de son camp de base familial, que Marie-Eve D’Amours s’est livrée, authentique et généreuse comme toujours.

 

Celle qui a fondé et implanté la plateforme Web pour adolescentes La deMOIs’aile dans les écoles secondaires il y a deux ans déjà confie que ce projet est l’aboutissement d’un parcours empreint de persévérance et parsemé d’embuches.

« L’écriture fait partie de ma vie depuis très longtemps et depuis 20 ans, elle est dans mon quotidien, raconte la blogueuse. J’ai un souvenir clair que ça me vient de mon père. Il se réfugiait souvent au sous-sol quand j’étais jeune et il disait qu’il allait écrire l’histoire de sa vie. Moi ce que je percevais c’est que ça lui faisait du bien. »

Un jour, Marie-Eve réalise qu’elle est épanouie dans toutes les sphères de sa vie à l’exception d’une seule: sa vie professionnelle. «J’aimais mon travail comme intervenante dans les écoles, mais je faisais du sur place, je me sentais comme un robot et j’ai décidé de reprendre le contrôle.». C’est alors qu’elle crée son blogue Moime.ca il y a quatre ans. Elle sort de sa zone de confort et se dévoile de façon honnête avec les beaux et moins beaux côtés du quotidien. En couchant sur papier ses plus grands rêves, elle écrit un jour: « Je veux apprendre continuellement à travers mon processus professionnel en valorisant et en inspirant les gens à être soi-même. Je veux faire une différence en étant moi. »

La naissance de La deMOIs’aile

Elle partage ensuite son flash à son conjoint Mathieu, enseignant de français au secondaire: créer une plateforme pour donner la parole aux adolescentes pour qu’elles utilisent le Web de façon positive et adéquate. Il l’encourage aussitôt à aller de l’avant. « Malgré tous les gens qui m’ont dit que c’était un projet impossible, que ça ne se réaliserait jamais, je n’ai jamais lâché même si j’ai vécu certains moments de découragements. J’ai cogné à toutes les portes, j’ai développé des contacts, je me suis relevée des refus et un jour on m’a laissé ma chance. Ma patience et ma persévérance ont payé! »

C’est à la polyvalente Curé-Mercure à Mont-Tremblant que son projet pilote est lancé en 2017 et on connait la suite: la polyvalente A.-N.-Morin à Sainte-Adèle et celle de Mirabel emboitent le pas l’année suivante. Cette année, la polyvalente des Monts à Sainte-Agathe-des-Monts accueille aussi La deMOIs’aile. « J’ai également rencontré plusieurs écoles et commissions scolaires plus au sud et je sens que ça débloque vraiment, les gens y croient et le projet devient beaucoup plus grand que moi. Ma plus grande paye demeure les témoignages que je reçois des jeunes filles pour lesquelles le projet a changé leur vie. »

Le projet s’avère un réel succès partout où il passe et dès l’an prochain l’étudiante de maîtrise à l’UQO pavillon Saint-Jérôme, Valérie Gamache, présentera son mémoire sur l’implantation du projet et ses impacts. « Au fil de mes années d’expérience auprès des jeunes, j’ai perçu le mal de vivre des adolescentes, leur désarroi face à la pression sociale, l’intimidation et la surperformance, confie Marie-Eve. Plusieurs jeunes sont perdues et ne prennent pas le temps de s’arrêter pour poser un réel regard sur elle-même pour apprendre à mieux se connaître. La deMOIs’aile leur apporte une vitrine pour s’exprimer. »

La femme d’affaires prépare sa deuxième conférence pour présenter le projet dans les écoles. Elle y raconte son histoire, des anecdotes de sa vie liées à l’anxiété, le déficit de l’attention, les troubles alimentaires, la dépendance et la recherche d’identité.

Regard sur la maternité

« La maternité m’a changé, raconte la maman de deux enfants de 7 et 9 ans. Ma première grossesse était une surprise et au départ j’étais sous le choc. J’ai été rapidement retirée de mon emploi d’éducatrice spécialisée dans les écoles et je me suis retrouvée comme femme, j’ai appris à me connaître et j’ai compris que je devais faire confiance à mon instinct et à la vie. Je suis ouverte à toutes les possibilités qui s’offrent à moi et je les saisis! Je m’entoure de gens qui croient en moi. »

 

Coups de coeur de Marie-Eve

Marie-Eve a quitté son Abitibi natale pour s’installer d’abord à Montréal et ensuite à Laval pour compléter une formation en animation télé et radio et en journalisme. « Mon rêve était de vivre dans les Laurentides, région que je croyais alors inaccessible. Aujourd’hui, je vis ce rêve! »

 

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'abonner  
Notifier de