Lorsque l’union fait réellement la force

par Ève Ménard
Lorsque l’union fait réellement la force

Les sœurs Dufour-Lapointe

En 2014 à Sotchi, deux sœurs montaient sur la première et deuxième marche du podium olympique. Main dans la main et large sourire au visage, elles ont rendu fière non seulement une famille, mais toute une nation. L’improbable conte de fée a permis en quelque sorte de révéler ce nom bien québécois, Dufour-Lapointe, au monde entier. Puis, en 2016, à la Coupe du Monde de Val Saint-Côme, les trois marches du podium ont été conquises par les trois sœurs; Maxime, Chloé et Justine.

 

Aujourd’hui, les temps ont quelque peu changé. En 2018, Maxime annonçait sa retraite sportive. Justine, 25 ans et Chloé, 28 ans, continuent donc à titre de duo, à faire rayonner leur nom sur le circuit. La magie opère toujours, leurs exploits continuent de faire grandir le sport et d’inspirer les jeunes. Bien qu’en compétition, elles ne sont plus que deux, c’est encore à titre de trio éternellement complice et passionné qu’elles continuent de marquer l’histoire et les esprits. Avec la saison qui bat son plein et la Coupe du Monde de Tremblant qui arrive à grands pas, on s’entretient avec ces trois ambassadrices de chez nous.

Rêveuses

Elles en ont déjà fait énormément. Pourtant, elles n’ont pas terminé de rêver. Chloé entame la saison actuelle avec un objectif précis: réaliser son nouveau saut le Cork, le plus souvent possible en compétition. « J’ai beaucoup de passion pour mon sport et encore plus depuis que je fais mon nouveau saut. Je poursuis ce cycle olympique avec l’intention de faire les choses différemment. Mon potentiel n’est pas encore à son apogée et c’est pourquoi je poursuis encore ma carrière.»

Pour sa part, Justine est très satisfaite de son début de saison. Lors des deux premières Coupes du Monde, elle a pris le 6e rang en Finlande, puis la 3e position
en Chine.

« Mon objectif est principalement de continuer à performer mes deux nouveaux sauts, le Cork et le Back Truck. » À long terme, la benjamine vise Pékin: « J’aimerais me rendre à mes 3e Jeux Olympiques et performer une toute nouvelle descente. J’aime continuer à sortir de ma zone de confort et pousser les limites de mon sport. »

Chez Maxime, les rêves sont différents, elle qui n’évolue plus sur le circuit. « J’ai eu une merveilleuse carrière dans le ski acrobatique et aujourd’hui, je poursuis un autre rêve de jeunesse, celui de devenir médecin! Avoir des passions et des rêves, c’est ce qui nous fait sentir vivant ! », souligne-t-elle. 

Enracinées

Les sœurs Dufour-Lapointe ont grandi en skiant les montagnes des Laurentides. « Je me sens vraiment chez moi dans cette région », affirme Maxime. « Nous avons d’ailleurs un chalet à Sainte-Agathe et j’adore y venir les fins de semaine pour étudier! Sortir de la ville me fait toujours le plus grand bien et cela me permet d’aller skier entre deux séances d’études ! », poursuit-elle. « Les Laurentides représentent pour moi mes hivers au Québec, à la maison », souligne Justine. Chloé poursuit dans la même veine: « C’est certain que la région évoque beaucoup de souvenirs. Durant le temps des Fêtes, j’aime bien skier avec la famille et les amis au Sommet Saint-Sauveur.»

Heureusement, la cadette n’aura pas à partir loin après les vacances. En effet, la prochaine Coupe du Monde aura lieu le 25 janvier au Mont-Tremblant. Justine se souvient très bien de la première fois qu’elle avait assisté à cette compétition. Elle n’avait que 8 ans. Cet évènement l’avait beaucoup marqué. « Je suis super excitée de performer au Mont-Tremblant. J’adore skier à la maison, devant ma famille et mes amis. Je le vois comme un privilège et la foule me donne une adrénaline incroyable », ajoute-t-elle. « Je veux que les gens puissent admirer une performance qui vient du cœur et une skieuse qui s’amuse en piste. », souligne Chloé. « Venez nous voir ! », lance pour sa part Maxime. « La coupe du Monde de Tremblant est un grand spectacle! ».

Complices

Outre leurs résultats sportifs, ce qui a notamment touché les amateurs au sujet des Dufour-Lapointe, a toujours été leur évidente complicité. « Être ensemble sur le circuit de la Coupe du Monde a toujours été un avantage. Lorsqu’on part plusieurs jours consécutifs, on a toujours de la famille avec nous. On se supporte dans les hauts comme dans les bas. », explique Chloé. 

Encore aujourd’hui, leur collaboration s’avère autant personnelle que professionnelle. En novembre, elles ont même lancé leur nouvelle collection de vêtements « Tissés serrés ». Le lien entre le nom et leur relation est évidente.
« Je pense sincèrement que notre complicité a été un élément clé dans notre succès », affirme fièrement Maxime.

« Nous sommes liées l’une à l’autre. C’est une relation très unique qui fait en sorte qu’ensemble, nous sommes plus fortes. Les forces de l’une complète les faiblesses de l’autre. Cela nous amène à accomplir de grandes choses. Je ne pense pas que je serais l’athlète que je suis aujourd’hui sans elles. », souligne Justine. 

Idolâtrées

Les gens écrivent à leur sujet, d’autre les critiquent, les plus jeunes les idolâtrent, les spectateurs les applaudissent. Dans quelques années, lorsque d’autres prodiges québécois sortiront de l’ombre, alors on les comparera aux Dufour- Lapointe. Mais dans 10, 20 ou 30 ans d’ici, qu’est-ce qu’elles souhaiteront qu’on retienne de leur nom? « J’espère simplement que j’ai su inspirer des jeunes filles à atteindre et poursuivre leurs rêves », affirme Chloé.

« J’espère évidement que l’on se souviendra des sœurs Dufour Lapointe comme ayant été de grandes skieuses, mais j’espère surtout que l’on se souviendra de notre complicité. Notre union a toujours fait notre force et j’espère qu’ainsi nous avons inspiré des jeunes filles à vouloir accomplir leurs rêves!», conclut l’aînée de la famille.

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