L’inoubliable Monic Clément agrémentait les messes des Fêtes à Sainte-Paule

Par Luc Robert
L’inoubliable Monic Clément agrémentait les messes des Fêtes à Sainte-Paule

L’âme des festivités de la nativité avait pour nom Monic Clément, à l’église Sainte-Paule de Saint-Jérôme, où elle a dirigé des chorales et chanté jusqu’à trois célébrations consécutives lors des veillées de Noël.

Dotée d’une voix extrapuissante, elle ne laissait personne indifférent lors de ses solos qui faisaient vibrer les trois jubés. Elle s’est donnée pendant 40 ans à la paroisse, à s’assurer que les cantiques entonnés par le chœur soient le plus juste possible.

« Au début de mon implication, j’ai longtemps dirigé la chorale lors de deux, puis trois messes de Noël d’affilée, la même soirée. J’ai tenu ce rythme pendant des années. Ensuite, les chorales de jeunes et d’ados sont arrivées, pour libérer un peu mon horaire. Alice Fraser a fait aussi un très bon travail avec les chorales », se souvient la dame de 82 ans, toujours aussi vive d’es-prit, à l’autre bout de la ligne téléphonique.

Mme Clément se souvient d’un événement de la nouvelle année, qui a été diffusé dans l’ensemble du pays.

« La Société Radio-Canada était venue tournée lors de la messe de la veille du jour de l’an, le 31 décembre. Je me souviens avoir effectué un solo émouvant, qui m’a valu plusieurs messages de félicitations. J’ai adoré être aussi impliquée. Mon seul regret est de ne pas avoir documenté tout ça. Il y en aurait eu pour plusieurs chapitres à écrire… »

En plus de ses nombreuses tâches, elle faisait pratiquer ses chorales les mercredis soirs, de 19h à 21h. Ses groupes ont non seulement égayé les fidèles, mais aussi la population en général, lors de multiples concerts présentés.

Sa 2e maison

De 1971 à 2011, rarement aura-t-on vu une personne aussi impliquée dans son milieu.

« J’avais mon bureau à l’église Sainte-Paule. Je n’avais presque pas le choix, parce que je faisais à la fois les funérailles, les mariages, la liturgie et la pastorale scolaire. J’ai arpenté presque tous les racoins de ce vénérable édifice religieux. Je n’étais pas payée. Tout au plus, je recevais un per diem. J’ai toujours fait ça par passion. J’avais une complicité avec les curés. André Racine a été mon complice bien aimé. La gratuité qu’il donnait de sa personne était admirable. De son côté, Roland Dagenais don-nait de son temps sans compter. Et bien entendu, il y a notre centenaire, Pierre Bergevin, avec qui nous allons manger 3
ou 4 fois par année. On était soudé fort à la paroisse Sainte-Paule. »

Pastorale scolaire

Monic Clément, que plusieurs ont connu sous le nom de Monic Morin à une certaine époque, trimbalait son attirail pour les jeunes, d’une école à une autre, dans les Laurentides.

« Je partais avec ma voiture remplie à ras le bord, de choses me permettant de joindre l’intérêt des jeunes. Me trouver auprès de ceux-ci et les guider m’allumaient. J’élaborais des projets multiples, comme le Journal de Pastorale, dont je venais faire un suivi mensuel dans les classes. Les élèves contribuaient à faire évoluer leur Journal. J’étais en amour avec ce travail, que j’ai effectué pendant 24 ans, de Sainte-Adèle à Saint-Jérôme, en passant par Saint-Hippolyte. À l’école de cette dernière localité, devenue de nos jours l’hôtel de ville, j’y ai même enseigné le solfège ! », a témoigné la diplômée de l’ancienne École Normale de Saint-Jérôme, devenue le Cégep de la rue Fournier.

Mme Clément a aussi enseigné des années complètes à l’élémentaire, effectuant souvent des remplacements de longues durées, comme à l’école Sacré-Cœur du secteur Lafontaine.

Conversion

Après avoir constaté la démolition de l’Église Saint-Lucien, près de l’Hôpital régional jérômien, celle qui a passé la moitié de sa vie à l’Église Sainte-Paule s’interroge sur sa conversion et son futur immédiat.

« Sainte-Paule, c’est presque un édifice historique. C’est dommage qu’il ait changé de vocation et que l’usure du temps a fait son œuvre. Il ne faudrait pas laisser-aller l’état de l’église jusqu’à sa démolition. Je reconnais que les lieux aident les itinérants, mais il me semble qu’on aurait pu trouver une autre vocation », a achevé Mme Clément, qui vit une paisible retraite à Blainville depuis 12 ans, au sein d’une maison intergénérationnelle.

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Marie-Claire
Marie-Claire
1 month ago

Félicitations! C’est un bel hommage pour toi et ta chorale!Je suis contente qu’il souligne tous les efforts que tu as mis dans cette paroisse!