L’hormone du bonheur

Par Mimi Legault
L’hormone du bonheur

Je viens de texter une amie qui demeure sur la Rive-Sud. Surveille Léon, ton toutou de trois mois. Le monde est devenu fou! Pour avoir le droit de sortir après vingt heures, les gens louent ou pire, volent des chiens. Cette dame en larmes qui avait mis son chiot dehors une dizaine de minutes. Le temps de se le faire ravir. Comme les Expos : il était partiiiiii! Je n’en reviens pas de toutes les conneries que les gens peuvent inventer en ce temps de pandémie.

L’autre jour à la radio, le cardiologue Paul Poirier en a sorti une bonne.

Je transcris exactement ce qu’il a dit : on a surestimé l’intelligence du Québécois et sous-estimé son égoïsme.

Je suis malheureusement d’accord avec cette pensée. Regardez ce que l’homme et sa douce ont fait en Gaspésie l’été dernier. Ils sont allés déverser leur colère et leurs poubelles dans la cour des Gaspé-siens; pas plus tard que la semaine dernière, des idiots ont piétiné le Jardin botanique. Vous avez entendu parler du gars qui promenait son chien après vingt heures dans son auto? Et de madame qui traînait en laisse son conjoint? Et de ces différentes personnes qui promenaient le même chien; entre voisins, ils se le passaient. Comme dirait Fido, chienne de vie…

Il y en a qui feraient n’importe quoi pour paraître le beigne le moins frais de la douzaine. Je suis profondément déçue de la réaction de certaines personnes. Tenez, l’un de mes amis a pour fonction de recevoir les gens à l’entrée d’un supermarché, de désinfecter les chariots. Il me confiait l’autre jour à quel point certains d’entre eux étaient devenus poltrons, impatients, le free-for-all de l’impolitesse. Trouvez pas que ça dérape un peu trop? Qu’on est parti sur l’envers de la roue? Il y en a qui se servent si peu de leur tête, c’est juste pour tenir leurs oreilles.

Alors, je me suis assise et j’ai réfléchi. Ça m’arrive… En pitonnant mon ordi, un texte a attiré mon attention. Lorsque les astronautes sont mis en quarantaine, il est arrivé à certains de se sentir déprimés. Pourquoi? Parce que la dopamine (hormone libérée par notre cerveau lors d’expériences que celui-ci associe au plaisir) était en manque, cela pourrait mener à une forme de dépression. Je ne suis pas médecin, mais je trouve ça plutôt logique. Je regarde l’humain en temps de pandémie dans son éternelle insatisfaction qui traîne son âme derrière son masque dans les ruelles de la frustration et même de violence.

Je vous conseille donc de réveiller votre dopamine nommée aussi l’hormone du bonheur! En plus c’est gratuit! Voyez l’aubaine! Suffit de vous faire plaisir. D’être positif sauf pour le test de la COVID-19…

Au lieu de chialer, allez prendre une bolée d’air pur : le matin et l’après-midi. Faites-vous un horaire. Occupez-vous : la musique, le tricot, appelez une personne seule, pratiquez le yoga, la méditation, le ski, la raquette. Écrivez votre vie! Ou un journal intime. Prenez votre verre de vin chaque soir (je n’ai pas dit la bouteille). Mais de grâce, ne naufragez pas votre mental, n’ajustez pas vos médicaments, il y a toujours pire que le pire. Parce qu’on est obsédé par les horreurs qui menacent l’humanité, faut-il s’interdire le plaisir d’être en vie, pensée de Frédéric Dard.

Un tout dernier conseil : visez l’équilibre. Une amie me disait tantôt qu’une copine à elle s’était confinée depuis quelques semaines au point de ne plus voir personne, de refuser la moindre visite même en respectant la distanciation. Résultat? Elle chique la guenille, son moral est comme la météo, en bas de zéro. Dites-vous bien que la peur n’évite pas toujours le danger. Mais ne tombez pas non plus dans l’excès contraire! Toujours tirer en râlant sur les carottes ne les feront pas pousser plus rapidement. Vaudrait mieux mettre de la distance avec les jamais contents.

Comme cette dame dont le fils venait de tomber à l’eau. Il ne savait pas nager.  Un homme a plongé et ramené l’enfant. La mère l’avait regardé en lui disant :

– Et sa casquette?

Comme dirait mon grand-père : mettez ça dans votre pipe et fumez-la!

 

mimilego@cgocable.ca

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François Guay
François Guay
2 months ago

C’est rien, en parlant d’égoïsme, un vieux a fait semblant d’être seul pour accompagner son épouse lors de ses courses et a prit un carosse mais l’innocent se tenait à ses côtés en bloquant l’allée. Lol

Belle expression : « Elle chique la guenille! »

C’est drôle, l’Ontario connaît une hausse de cas de Covid-19 parce qu’elle a tout fait pour continuer son « business as usual » tandis qu’au Québec, c’est l’indiscipline ou, si tu préfères, la nonchalance qui fait le plus de ravage. Sans mentionner que l’obésité morbide du gouvernement provincial (autant de bureaucrates que d’intervenant(e)s) fait qu’il n’y a pas d’argent pour ajouter du personnel de première ligne.

Ça aussi, c’est de la bêtise à l’état pur.

PS : Si les gens recommençait à cuisiner à partir d’ingrédients de base, l’agriculture redeviendrait payante en titi. C’est pas plus difficile que d’aller au resto, c’est bien moins cher, c’est vraiment valorisant, ça tient loin des réseaux sociaux, ça évite de regarder les nouvelles déprimantes, c’est une belle activité à faire avec les enfants, ça instruit, ça éveille la conscience, ça aide à prendre l’habitude de planifier, ça enseigne la planification et ça ne prend qu’une collation en arrivant à la maison pour donner le temps de relaxer, de communiquer et de s’apprécier.