Les infirmières praticiennes spécialisées peuvent maintenant pratiquer en toute autonomie

Par France Poirier
Les infirmières praticiennes spécialisées peuvent maintenant pratiquer en toute autonomie

Depuis le 25 janvier dernier, les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) peuvent diagnostiquer certaines maladies. Il aura fallu plus de 13 ans pour en arriver à ce résultat.

« Une infirmière praticienne spécialisée pouvait suivre un patient et devait laisser au médecin le soin de faire le diagnostic. Cette avancée va permettre de débloquer le système et de simplifier les choses, tant pour les patients que pour les équipes médicales », explique Karine Lahiton, IPS et professeure suppléante au département de Sciences infirmières à l’UQO, campus de Saint-Jérôme.

En collaboration avec les médecins

Le programme est conçu pour que les IPS puissent travailler de manière autonome. « Dans toutes les autres provinces canadiennes, c’était le cas, il y a juste au Québec qu’elles n’avaient pas toute l’autonomie liée à leurs compétences. Les IPS travaillent en collaboration avec les médecins et se réfèrent à ceux-ci lorsqu’elles le jugent nécessaire », souligne-t-elle.

« Le premier programme de formation pour les IPS au Québec a débuté en 2002. Alors que le premier program-me de formation pour les IPS en soins de première ligne a vu le jour en 2007. Et la première cohorte à graduer de l’UQO était en 2014. Il a fallu trouver un terrain d’entente avec le Collège des médecins pour en arriver à ce que les IPS puissent poser un diagnostic », explique madame Lahiton.

Karine Lahiton, infirmière praticienne spécialisée et professeure à l’UQO

Auparavant, elles faisaient tout sauf cette étape qui était réservée aux médecins. Dorénavant, les IPS pourront diagnostiquer certaines maladies comme le diabète, l’hypertension, l’asthme et les maladies pulmonaires obstructives chroniques. Elles pourront aussi faire des suivis de grossesse.

L’infirmière praticienne spécialisée est titulaire d’une maîtrise et d’un diplôme d’études supérieures de deuxième cycle. Elle peut se spécialiser en néonatalogie, en soins de première ligne, en soins pour adultes, en santé mentale ou en soins pédiatriques.

Une victoire selon la FIQ

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ a fait savoir lors de l’annonce en fin d’année que « ce règlement témoigne de l’importance du rôle des IPS dans l’accès aux soins de santé.  Il s’agit là d’une victoire qui permettra aux IPS québécoises d’approcher le standard de pratique canadien. Il ne fait aucun doute que les IPS, tout comme les autres professionnelles en soins, font partie de la solution dans la crise sanitaire actuelle. »

On vise 2000 IPS d’ici 2025

Au 31 mars 2020, on comptait 701 IPS au Québec et 1315 étudiantes, dont 614 candidates à la profession (en attente de l’examen de certification). « On vise un total de 2 000 IPS au Québec d’ici 2024-2025. On travaille à augmenter la capacité des cohortes. Notre rôle est de faire la promotion de cette belle profession », souligne Karine Lahiton.

Elle ajoute qu’une infirmière qui souhaite développer son leadership et œuvrer dans une pratique plus avancée dans la profession peut choisir de devenir une infirmière praticienne spécialisée. « Le changement de la Loi ne peut qu’être bénéfique pour notre profession. C’est intense comme formation, mais je ferais le même parcours si c’était à refaire », ajoute-t-elle.

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