Les écoles de danse dans le vide

Par Marie-Catherine Goudreau
Les écoles de danse dans le vide
Katerine et Alexandre Leblanc sont tous les deux membres de Team White et donnent des cours de danse au Studio Shake. (Photo : Page Facebook de Team White)

Les écoles de danse du Québec ont lancé un appel à l’aide au gouvernement la semaine dernière alors que la plupart se retrouvent en grande précarité financière depuis le début de la pandémie.

Considérées dans le secteur des sports et loisirs, les écoles de danse dans les zones rouges ont du fermer leurs portes le mois dernier. Toutefois, l’aide financière de 70 M$ annoncée par le gouvernement Legault n’inclue pas la danse, qui entre plutôt dans le milieu culturel. Ainsi, des écoles de danse partout au Québec, dont les studios Shake à Blainville et Sainte-Adèle, ont dénoncé cette faille qui met en danger plusieurs écoles.

Pression au gouvernement

En effet, une étude récente du Réseau d’enseignement de la danse (RED) a démontré que 80% des écoles de danse sont dans une situation financière qui menacerait leur survie. Plusieurs lettres ont donc été envoyées au gouvernement, au cabinet du premier ministre par les studios de danse, mais aussi par des élèves et leurs parents.

L’ouverture des studios de danse est revendiquée par le milieu. Cela est possible en respectant la distanciation selon Katerine, du Studio Shake et membre de Team White, le groupe gagnant de la compétition de danse télévisée Révolution. L’équipe est impliquée avec le RED à titre de porte-parole, notamment pour faire rayonner le message grâce à leur popularité.

« Le gouvernement nous place dans la case sport quand il est temps de fermer, mais quand il est temps de donner des subventions, nous faisons soudain partie de la culture qui n’a pas droit à ces subventions. On est un peu les oubliés, comme si on était tombé dans une craque et que personne ne nous aidait », déplore-t-elle.

Actuellement, le studio Shake offre ses cours en ligne, ce qui n’est pas une situation idéale selon Katerine. « Les cours à distance ne sont pas très populaires et c’est l’une des raisons premières pour lesquelles les élèves quittent. Ce n’est vraiment pas le fun pour les jeunes, surtout ceux des secondaires 4 et 5 et du Cégep qui doivent faire leurs cours devant leur écran. En plus, il doivent faire leur activité de loisir en ligne. Ça devient vraiment décourageant pour eux. »

Un premier pas

Grâce à la pression qui a été faite dans la dernière semaine, les écoles de danse auront droit à la subvention pour les PME.

« C’est un premier pas, par contre, ça ne couvre absolument pas les pertes que les studios ont subies depuis le début de l’année. C’est environ 69% des étudiants en danse qui se sont désinscrits au total cette année. »

Les inscriptions pour la danse sont à la fin de l’été et en janvier pour la session d’hiver. Ainsi, il est nécessaire que les studios puissent ouvrir cet hiver pour qu’ils aient des revenus. « Même si on avait l’autorisation d’ouvrir au mois de novembre, notre entrée d’argent n’est pas avant janvier, lors des inscriptions pour la session d’hiver. » Mais pour l’instant, il serait important de permettre la pratique surtout pour les élèves, selon Katerine. Sinon ceux-ci pourraient quitter et ne jamais revenir.

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