Le sens du travail

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Le sens du travail

Éditorial

Par JOëlle Currat
Directrice de l’information
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Le monde du travail est en crise. Tout le monde en parle : la pénurie de main-d’œuvre, le manque de travailleurs qualifiés, les départs à la retraite, l’arrivée des milléniaux, l’intégration des immigrants, le burnout, le bore out (l’ennui qui mène à la déprime). Il y a aussi le temps de trajet domicile-travail qui s’allonge et les salaires qui diminuent…

Le magazine L’Actualité en a fait le sujet de sa couverture ce mois-ci avec le titre : « Chers patrons, réveillez-vous ! », dénonçant le fait que, selon le cabinet de consultants Deloitte, les patrons canadiens sont des cancres qui gèrent à courte vue, au péril de notre prospérité collective. Au journal Le Nord aussi nous avons consacré un grand dossier sur le sujet dans notre édition du 22 mai.

Un nouveau modèle

Une crise est souvent le signe qu’un changement doit s’opérer. Une occasion d’identifier les problèmes et de trouver des solutions. Le modèle du travail issu de la première révolution industrielle est devenu désuet. Dans les usines du XIXe s., quand le patron tournait à gauche, tout le monde suivait sans dire un mot. Puis, les travailleurs ont acquis des droits et ont cherché à acquérir du confort matériel. Ils désiraient gagner leur vie, être en sécurité et assurer leurs vieux jours. Aujourd’hui, ça ne suffit plus. L’emploi doit avoir un sens et procurer du plaisir. Il doit permettre de s’accomplir, d’exprimer ses talents et, encore mieux, d’avoir un impact positif dans la société. Il ne s’agit plus pour l’employé d’exécuter des ordres, mais de participer à une œuvre commune où sa contribution est reconnue à sa juste valeur. Cette nouvelle exigence de la part des travailleurs, comme l’arrivée des syndicats à son époque, remet en question encore une fois la structure des entreprises et leur management. À l’ère de l’industrie 4.0, des imprimantes 3D et des enfants du numérique (digital natives), les entreprises sont aux prises avec un nouveau casse-tête.

Être un modèle

Au chapitre des solutions envisageables, les propositions ne manquent pas. Faites une simple recherche sur Internet et vous serez submergé par le nombre d’experts, de spécialistes et de business coachs qui prodiguent leurs conseils. Il y a cependant quelques éléments qui se recoupent à propos d’un management innovant et adapté aux nouvelles réalités du monde de l’emploi. Tout d’abord, il ne s’agit pas de professer une théorie ou d’adopter une pratique managériale, si performante soit-elle, si le comportement des individus reste le même. Si un certain modèle de gestion fonctionne chez Toyota, par exemple, cela ne signifie pas qu’il produira les mêmes résultats dans une autre entreprise. La solution se trouverait davantage dans la sphère relationnelle, dans la mise en pratique d’une philosophie d’entreprise que ses leaders conçoivent et incarnent au quotidien.

En résumé, le gestionnaire doit devenir le modèle de ce qu’il recherche et demande à son équipe, plutôt que de chercher un modèle de management à appliquer.

De la sagesse en affaires

Dans un article à propos du leadership paru sur lesaffaires.com, Olivier Schmouker cite le Dalaï Lama. S’exprimant dans le Harvard Business Review, celui-ci professe que le leadership doit s’appuyer sur trois nouveaux piliers : être pleinement conscient et favoriser la tranquillité d’esprit ; être concerné et collaborer sur une base de coopération et de confiance. Il s’agit enfin d’être chaleureux et d’agir avec bonté et altruisme. De nouvelles pièces à ajouter au casse-tête des dirigeants d’entreprises…

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