Le mentorat ou comment travailler son savoir-être?

Par Nathalie Dansereau
Le mentorat ou comment travailler son savoir-être?
SADC, la cohorte de 2018. (Photo : Courtoisie )

Chaque année, la cellule de mentorat de la SADC des Laurentides (Société d’aide au développement des collectivités) gère des dyades composées d’environ 35 mentorés actifs jumelés à quelque 16 mentors accrédités. La Covid n’empêche pas les rencontres virtuelles et l’organisme reçoit les nouvelles demandes de façon continue.

 

Richard Daoust, retraité du secteur de la Santé, agit comme mentor bénévole pour la SADC depuis une quinzaine d’années. Il aime servir de mentor parce qu’il aime donner au suivant. « Les plus jeunes nous apportent des choses aussi, dit-il, avec un sourire dans la voix. Quand je rencontre la personne pour la première fois en arrimage. Je lui demande de me raconter son projet. L’entrepreneur me parle de ses forces et de ses faiblesses. Moi, je raconte mon expérience. Si le mentoré juge que je peux lui apporter quelque chose, on poursuit. Ça prend un bon match selon ses objectifs à lui ou à elle. »

Selon Sylvie Bolduc, directrice générale de la SADC des Laurentides, les services de mentorat s’avèrent utiles pour « permettre à l’entrepreneur d’avoir accès à un autre entrepreneur expérimenté objectif, qui s’ajoute au cercle d’experts qui l’entourent. Le mentor permet à l’entrepreneur de partager (sans jugement) son contexte, ses peurs et ses angoisses et ses défis. Le mentor (contrairement au consultant) travaille le côté humain de l’entrepreneur, son savoir-être, et sa façon de réfléchir devant les différents défis qui se présentent ».

Les séances de mentorat prennent la forme de rencontres avec beaucoup d’écoute. C’est assez différent du coaching. « Je ne prends pas de note, souligne Richard Daoust. Ça leur appartient. J’essaie de comprendre. Si je ne comprends pas, c’est qu’il faut clarifier avant d’avancer pour mieux développer le projet. Je ne porte pas son entreprise à sa place. Être mentor, c’est être le miroir de l’entrepreneur, ajoute-t-il. Ça l’amène à réfléchir. On l’aide surtout en posant des questions qu’il n’est pas habitué à se faire poser, pour que l’entrepreneur soit en avant des problèmes. On l’amène où il veut aller sans tracer le chemin pour l’entrepreneur. »

Le mentorat permet des changements de comportements dans la prise de décisions et la réflexion de l’entrepreneur. L’entrepre-neur, à son tour, prendra les décisions qui s’imposent pour son entreprise à la suite de ses différentes conversations ou réflexions avec le mentor et ses autres partenaires d’affaires comme les consultant.es et les coachs. Il se souvient d’avoir mentoré une chocolatière qui a fermé ses portes après 5 ans.

« Je considère que c’est un succès parce que c’était sa décision. Elle l’a prise en fonction de ses besoins et de ses objectifs. Parfois, les objectifs changent en cours de route et on se rend compte, en le faisant, que ce n’est pas ce qu’on veut faire. Elle était fière d’avoir été jusqu’au bout. »

Comment s’inscrire?

L’inscription se fait à tout moment durant l’année, à travers la plateforme du Réseau Mentorat : www.reseaum.com. Les frais annuels sont de 158$. La SADC des Laurentides entre en contact avec la personne mentorée et la personne apte à servir de mentor pour l’arrimage. L’organisme initie la 1ière rencontre de la dyade et fait les suivis de l’évolution. Il est possible de poursuivre les séances de mentorat jusqu’à 2 ans avec le même mentor à condition de renouveler chaque année. Tous les entrepreneurs ont accès à ce service d’accompagnement, peu importe la taille de leur entreprise.

La SADC des Laurentides offre aussi du financement, du mentorat de groupe, des formations, du mentorat au féminin en plus de l’accompagnement en innovation, en démarrage, en accélération d’entreprise et en co-développement.

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