Le féminisme et la parité selon Cendrine Browne

Le féminisme et la parité selon Cendrine Browne

Cendrine Browne

Crédit photo : Courtoisie

Supplément “La journée internationale des femmes 2019”

 

Membre de l’équipe Canada de ski de fond, Cendrine Browne, dont le port d’attache est à Saint-Jérôme, a bien voulu s’exprimer sur le féminisme et la parité.

Le féminisme aujourd’hui, ce n’est pas seulement des femmes aux seins nus criants à tue-tête dans la rue. Non, être féministe aujourd’hui, aussi d’est d’être pour l’égalité homme/femme, d’être pour les droits de toutes les femmes; les transgenres, les femmes de couleur, d’ethnies et de religions différentes. La plupart des gens sont féministes sans le savoir!

Le sexisme est malheureusement bien ancré dans la société depuis très longtemps. C’est vraiment difficile, puisque les gens ne le remarquent même pas; c’est un automatisme. Alors être féministe pour moi en 2019, c’est de faire valoir mes droits en faisant remarquer aux gens lorsqu’ils disent des commentaires sexistes, afin de les faire réfléchir, de les sensibiliser face à leurs paroles et leurs gestes.

Ce sont des petits détails du quotidien, mais qui finissent par s’accumuler. Ces petits détails sont assimilés par notre inconscient et nous fait prendre un rôle que la société nous dicte. Par exemple, dans mon sport, on nous appelle des «ladies», des dames. De mon point de vue, c’est dégradant, même insultant, puisque je ne crois surtout pas qu’une dame serait en mesure de faire ce que je suis capable de faire sur mes skis. Une dame, c’est associé à des qualificatifs tel que : délicate, élégante, douce, a besoin de protection, faible, gracieuse… Mais peu de gens le savent.

De plus, de nombreux commentateurs appellent les athlètes féminines des «girls», des filles, et nous appellent parfois par notre prénom alors que pour les hommes, c’est bien différent. On les appelle par leur nom de famille et on ne leur fait référence qu’en les appelant des hommes. Sans le savoir, cela nous diminue en tant que femmes et nous fait sentir inférieures.

Ce qui me titille le plus est que l’on parle très peu des athlètes féminines dans les médias. Pourtant, on a d’excellentes athlètes féminines au Canada, mais elles passent souvent inaperçues… Et quand on parle d’elles, c’est souvent peu pour s’attarder à leurs performances sportives. Pour se faire remarquer par les caméras, les femmes doivent porter du maquillage et se fier à leur apparence. Et tristement, seulement 4 % de la couverture médiatique est accordée aux athlètes féminines.

Il y a tellement de femmes féministes qui m’inspirent. Mais dernièrement, une femme qui m’inspire particulièrement est Hayley Wickenheiser. Son message : les seules choses qui retiennent les femmes d’avancer, sont elles-mêmes. Hayley, qui est maintenant assistante directrice pour le développement des joueurs pour l’équipe des Maple Leafs, est la première femme à faire partie du personnel pour une équipe de hockey dans la LNH. Toute sa vie, elle a brisé des barrières du sexisme.

Alors oui, il faut en parler, il faut sensibiliser les gens quant à leurs paroles et leurs actions, qui peuvent être, sans qu’ils ne s’en rendent comptent, sexistes et dégradantes. Il ne faut pas avoir honte de contribuer au sexisme, mais c’est définitivement quelque chose dont il faut être au courant. Des fois, il faut s’arrêter et prendre le temps de réfléchir sur le fondement de nos actions afin d’améliorer le monde dans lequel on vit.