Le Bloc québécois demande au ministre de l’Immigration d’agir

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Par Journal Le Nord
Le Bloc québécois demande au ministre de l’Immigration d’agir
(Photo : Ève Ménard )

Ève Ménard – On apprenait ce matin que la jeune Camerounaise de 23 ans, Rose Eva, sera expulsée du pays aujourd’hui. Son vol doit décoller de l’aéroport Montréal-Trudeau à 20h ce soir.

Le ministre de l’Immigration aurait refusé, hier soir, la demande du député de Rivière-du-Nord, Monsieur Rhéal Fortin, afin d’offrir un sursis à Rose Eva.  « Nous sommes évidemment opposés à cette éviction injuste pour Rose Eva autant que pour nous. », soutient l’attaché politique du député. M. Fortin a écrit à nouveau au ministre ce matin afin de lui faire part de ses préoccupations et de lui demander de reconsidérer sa décision.

Questions en Chambre des communes 

Lors de la période de questions à la Chambre des communes à Ottawa qui débutait vers 14h15 cet après-midi, le Bloc québécois a interpellé le ministre de l’Immigration, Mendicino, au sujet du dossier. Il lui a notamment été demandé d’utiliser son pouvoir discrétionnaire. C’est le premier ministre, Justin Trudeau, qui a répondu aux interrogations.  

Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois a posé la question suivante: « Une programmeuse de Saint-Jérôme sera expulsée ce soir si le ministre de l’Immigration n’agit pas. D’origine camerounaise, la dame s’est démarquée comme étudiante au Québec et les offres d’emploi pleuvent littéralement sur elle. Ce genre d’histoire de succès doit être encouragé. Le gouvernement du Québec veut la garder chez nous. La communauté de Saint-Jérôme se mobilise pour la garder chez elle. Est-ce que le ministre va utiliser son pouvoir discrétionnaire pour accorder à cette femme un permis de séjour temporaire afin que sa situation soit régularisée? »

À laquelle le premier ministre Justin Trudeau a répondu comme suit: « Nous connaissons l’impact profond dans la vie des individus que peuvent avoir des décisions en terme d’immigration. Nous sommes engagés à ce que chaque cas soit évalué au mérite de manière juste tout en suivant les lois canadiennes. Chaque cas est unique mais tout demandeur peut s’attendre à un traitement professionnel et impartial ainsi qu’à des décisions claires. Nous sommes au courant de ce cas particulier, nous ne pouvons pas commenté dû aux lois sur la vie privée. »

Ensuite, la porte-parole du Bloc Québécois en matière d’immigration, Christine Normandin, est prononcée à son tour:  « Monsieur le président, Rose Eva est un exemple criant du fait que le Québec devrait avoir un droit de veto sur les expulsions d’immigrants. Le Québec a besoin de Rose Eva. On ne peut pas se permettre de perdre une femme qui a étudié chez nous, qui est qualifiée, qui est formée en français, qui veut travailler en région dans un domaine d’expertise qui répond expressément aux besoins de chez nous. Les entreprises se l’arrachent Monsieur le président, si rien n’est fait, Rose Eva quittera ce soir à 20h. Est-ce que le ministre de l’Immigration va suivre la volonté du Québec, utiliser son pouvoir discrétionnaire et permettre à Rose Eva de rester? »

La réponse de Justin Trudeau: « Monsieur le président, nous avons toujours été engagé pour s’assurer que chaque cas soit évalué de manière impartiale et juste. Mais ça souligne à quel point c’est important d’avoir un système d’immigration qui fonctionne pour amener des gens de partout à travers le monde, pour bâtir à tous les jours une meilleure société pour tous. On sait que les immigrants amènent des opportunités économiques pour tous les Canadiens. Nous allons continuer de défendre l’importance de l’immigration, du pluralisme, du multiculturalisme et de ce respect que nous avons pour tous ceux qui veulent venir habiter, bâtir leur vie et travailler au Canada. »

Rappel des faits

« Ce n’est pas la forme à 100%, mais le moral est quand même là. », me confie Rose Eva, aux alentours de 9h ce matin. C’est hier soir, aux environs de 20h, qu’elle a reçu l’appel de l’attaché politique de Rhéal Fortin pour l’informer de son départ du pays, 24 heures plus tard. « Je me sentais désemparée, j’étais triste, j’étais vraiment abattue. C’est venu me chercher. Ça m’a heurté. Je garde espoir, mais les chances sont très petites », soutient la jeune programmeuse. « Une chance sur un million, moi je pense. Mais je garde toujours l’optimiste. », renchérit sa soeur aînée, Fernande Messina.

Notons que la semaine dernière, Rose Eva a reçu deux autres offres d’emploi suite à des entrevues. Ses compétences sont très recherchées dans la région. Rappelons que celle-ci avait a terminé une technique en programmation informatique à l’Institut Teccart à Montréal en septembre dernier, soit trois mois plus tôt que prévu. Elle a alors continué à travailler à temps partiel, croyant être toujours couverte par son permis d’étude qui expirait le 31 mars 2020. Or, elle fut informée que dès ses études terminées, même si son permis était toujours valide, elle aurait dû arrêter de travailler.

À moins d’un miracle, elle devra se présenter dès 19h à l’aéroport.

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Michel Bédard
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Michel Bédard

La honte me gagne on cherche des travailleurs ,elle veut travailler. J’AI HONTE. Tout ceci par rapport à une maudite technicalité. J’AI HONTE.

Zakia Benkaka
Guest
Zakia Benkaka

J’ai jamais vu ça. Expulsion pour avoir travaillé quelques mois. En France c’est le contraire, tu es expulsé par ce que tu ne travailles pas…

Bon courage Rose ❤️

Guy Fongue
Guest
Guy Fongue

oh la je ne reconnais plus le Canada, Rose on t’attend au pays natal, tu vas surmonter ca ici à Yaoundé