Jacques Duchesneau : Le sens de la justice

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Par France Poirier
Jacques Duchesneau : Le sens de la justice
(Photo : France Poirier)

Homme pour qui la justice est un moteur de vie, Jacques Duchesneau a su dès son jeune âge qu’il deviendrait policier. Il a fait carrière dans la police durant 30 ans. Il a quitté alors qu’il était directeur en 1998.

 

À quel âge vous avez su que vous vouliez être policier ?

Dès l’âge de 10 ans je disais vouloir devenir directeur de police. Et à partir de là j’ai fait des choix en fonction de ça. Par exemple, à 14 ans, je me suis inscrit dans les cadets pour apprendre la marche militaire. Après mon secondaire, j’ai travaillé dans une compagnie unilingue anglophone pour apprendre mon anglais et, par la suite, j’ai travaillé chez Bell pour apprendre à installer des téléphones parce que je savais que dans la police il y avait de l’écoute électronique. À 19 ans je faisais mon entrée à l’école d’entrainement des policiers. Et je n’ai jamais quitté l’idée de devenir directeur de police.

Diriez-vous que vous étiez prédestiné à cette carrière ?

Ça toujours été clair pour moi, je voulais m’impliquer pour la justice. Je vais vous confier une histoire drôle. Dans ma famille nous sommes trois frères, Pierre, Jean et Jacques. Lorsque je suis né, mon père regardait le dictionnaire Larousse et a vérifié dans les noms propres un certain Jacques Duchesneau. C’était un intendant de la Nouvelle-France sous Frontenac ( 1675-1682 ). Il était en charge de la justice et de la finance. Louis XIV lui avait donné le mandat spécial de s’occuper de la corruption parce que Frontenac ne redonnait pas les redevances à la France.

Est-ce qu’il y a des événements qui vous ont marqués ?

J’ai travaillé aux enquêtes criminelles et j’ai été au centre de gros dossiers. Par exemple, l’enquête sur le meurtre du petit Maurice Viens. J’ai aussi fait arrêter mon patron pour trafic de stupéfiants, ce qui est devenu l’Affaire Marchessault. Il y a eu aussi Polytechnique. Je travaille d’ailleurs sur la commémoration pour le 30e cette année. Polytechnique est pour moi une plaie qui ne s’est jamais refermée. J’étais commandant de scène avec l’un de mes collègues et deux des victimes étaient des filles d’amis proches. C’est innommable.

Avez-vous aimé votre passage en politique ?

La politique est un métier noble quoique les gens disent. Il y a des gens qui sont en politique pour les bonnes raisons. Pour quelques pommes pourries, les autres ont une réputation qu’ils ne méritent pas. Moi je n’ai jamais autant travaillé que lorsque j’étais député. J’ai été bien accueilli à Saint-Jérôme. Mais le gouvernement c’est une grosse machine et il est plus long de trouver des solutions aux problèmes alors que comme policier quand on m’appelait, je gérais les problèmes et trouvais des solutions. Actuellement à la direction du BIPA j’aime mon travail. Ça donne un sens à ma vie et ça me garde jeune. C’est ma contribution à la société.

Quelle est votre plus grande fierté ?

Ce sont mes deux fils et mes petits-enfants, trois filles et un garçon. Je suis fier d’eux, l’un est policier, ce qui n’est pas très étonnant et l’autre est procureur. Dans la vie bien des gens ont tenté de prendre le contrôle sur moi, mais il n’y a rien comme des petits-enfants pour avoir ce pouvoir. J’ai même perdu 45 livres après avoir vu une photo avec mes petits-enfants. J’ai décidé de me remettre en forme pour en profiter le plus longtemps possible.

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