Imparfaite et je m’assume

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Par Journal Le Nord
Imparfaite et je m’assume
L'équipe de rédaction

Imparfaite et je m’assume. Ostie que ça fait du bien de le dire! Allez-y, dites-le avec nous, criez-le, sautez dans les airs, courez, dansez et sentez-vous libérées! On veut vous entendre! Fini les sois intelligente, mais pas trop, sois belle, mais pas provocatrice, sois maquillée mais pas superficielle, sois confiante, mais pas directive, sois pas trop grosse, mais pas trop mince. Tout ça, on n’en veut plus.

Ici, à go, toutes les quatre, on a crié ensemble notre imperfection, capturée sur le vif. Et devinez quoi, ça donne une belle image. Après cette folie, la réflexion. Nos voix et nos réalités différentes se sont entremêlées pour n’en former qu’une.

Être femme aujourd’hui frôle la transcendance. Il nous faut sortir d’un collectif et nous définir librement, dans notre unicité plurielle, faire fi des pressions, tracer la route que des pionnières ont ouverte dans d’autres temps, d’autres lieux de combats. Sortir de la pression, oui foncer, déranger, imaginer, mais aussi se rassembler, s’accompagner, rire, s’éclater, se retrouver, revendiquer encore et encore la place qui nous revient, pas une autre, la nôtre. Surtout, revendiquer notre imperfection, notre originalité, notre différence.

Oser la femme assumée, s’affirmer, agir, ne pas succomber aux mirages, développer la parole encore et encore et prendre la responsabilité. Oui le féminisme se conjugue définitivement au pluriel et exige la singularité. Le féminisme aujourd’hui requiert l’affirmation, l’entraide, la sororité. Non nos corps ne sont pas un terrain de violence, ils sont un terrain de plaisir. Réapproprions-nous notre corps, le nôtre, et ouvrons l’œil, il reste du chemin à faire, le nôtre.

Ma génération s’est émancipée en entrant sur le marché du travail, mais on s’est vite rendu compte qu’il était impossible d’être parfaite dans toutes les sphères de notre vie : le physique parfait, la maitresse parfaite, la mère parfaite en plus de se réaliser pleinement dans sa carrière professionnelle.  Est-ce vraiment la société qui nous impose tous ces différents modèles à suivre? Je pense que la société a le dos large et on a le droit d’imposer nos limites. Le jour où l’on va arrêter de vouloir répondre aux critères de perfection, on s’en portera toutes mieux. En s’acceptant avec nos imperfections, ne contribue-t-on pas à diminuer la pression sur nos enfants, sur nos filles? Avec l’âge, j’ai appris à accepter mes imperfections, à m’aimer comme je suis et je crois que ça fait de moi une meilleure personne. Il faut pouvoir s’aimer pour aimer.

Je fais partie d’une génération qui a vu le mouvement #MoiAussi dominer la sphère médiatique alors que je n’étais qu’une adolescente ainsi que des films mettant en avant-plan des super-héroines dominer le Box Office. Et je vois aussi la pression s’intensifier, les limites se resserrer, les jeunes filles devenir des femmes plus tôt que leur âge. Notre société dresse des standards qui dirigent les femmes vers un échec, une compétition malsaine ou une guerre de l’image. Ne vous y méprenez pas! La femme peut réussir tout ce à quoi elle aspire, mais ne peut aspirer à ce que la société demande d’elle. Telle est la nuance.  On nous demande trop souvent d’être quelqu’un, au lieu de nous laisser être nous-même.

Je suis fière d’être une femme. Suffisamment fière pour me détacher de la définition dans laquelle la société enferme le terme. C’est à nous de définir ce qu’est d’être une femme. Reprenons le pouvoir qui nous revient. La femme que nous sommes, personne ne la comprend mieux que nous-mêmes.

L’équipe de rédaction

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