Il neige dans ma tête

Par Josée Pilotte
Il neige dans ma tête

Fini les illusions, les clochettes et les lutins, les chansons de nowell, le père Legault vient de nous enlever tous nos espoirs de fêter Noël comme dans l’temps. Êtes-vous surpris? J’espère bien que non. De toute façon, ça fait longtemps que l’on n’y croit plus au père Noël, n’est-ce pas?

Ce qui est le plus surprenant dans tout ça, ce n’est pas tant que nos gouvernements changent d’idée, c’est la grande fragilité de notre système de santé et ça c’est très inquiétant, assez pour ne pas avoir le goût d’aller faire un petit tour à l’hôpital durant le mois de janvier.

Malheureusement tout ce revirement et ces incertitudes qui étaient pourtant si prévisibles, laissent derrière eux quelques cicatrices à l’âme.

Je pense surtout à toutes ces personnes pour qui déjà Noël était un enfer.

Pensons aux personnes âgées prisent en otage dans leur résidence. Pensons aux personnes dans les CHSLD qui ne peuvent recevoir de la visite depuis des mois.

Aux itinérants qui gèlent tout l’hiver. C’est pour eux qu’on devrait s’inquiéter d’abord et avant tout. C’est pour eux que c’est triste.

Pensons au personnel soignant qui est à bout de souffle, ce n’est pas leur faute si on a un système de santé qui fonctionne tout croche.

Alors oui, j’imagine que si on s’y arrête un instant, notre désir de défier et de se plaindre se fera moins criant.

Noël, c’est d’abord et avant tout le symbole de la générosité. On dirait presque que nous l’avons oublié. Pratiquons la « gymnastique mentale » à défaut d’aller s’entrainer au gym pour ne pas sombrer dans la morosité ambiante. Parce que quand on veut, on peut qu’ils disent. Pratiquons aussi le silence, car c’est fou comme la haine fait du bruit.

Et puis, comme il n’y a rien à faire, regardez les flocons tomber. C’est beau dehors !

Ah oui, j’y pense, il y a aussi ciné-cadeau, mon petit péché mignon qui nous rapproche de notre cœur d’enfant.

Vous vous souvenez ? C’était comme dans l’temps que nous étions pures et sans jugement !

Sur un tout autre registre, je l’ai trouvé bien bonne cette semaine : avez-vous vu passer la publicité de l’Office de la langue française (OQLF)?

« Pourquoi opter pour un « take out » quand vous pouvez commander en français votre plat préféré? C’est bien meilleur en français ».

J’adore!

Eh bien, fallait s’y attendre que cela était pour en froisser quelques-uns.

My god, vraiment?

C’est fou comme tout est devenu sujet au débat de nos jours. On ne peut plus rien dire sous peine de se faire ramasser sur la place publique.

Sauf que dans le cas de la « préservation » de notre langue qui en déclin et qui risque de poursuivre sa chute, je regrette, mais je ne vais pas m’en offenser ou m’en insurger si l’état protège la pérennité de notre langue.  C’est notre identité, celle qui nous définit et qui nous distingue. NO, sorry, pas sur celle-là!

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